Finale du Championnat de France 1988-1989

Rugby Club Toulonnais

12 - 18

Stade Toulousain

 

Finale du Championnat de France 1988-1989

samedi 27 mai 1989

arc des Princes à Paris
Arbitre : M.Maurette (Limousin)
assisté de MM.Hourquet (Littoral) et Bressy (Provence)
Spectateurs : 49.370
Temps : bon
Terrain : bon
Score à la mi-temps : 09 - 15

Tableau de marque

Rugby Club Toulonnais
  • 3 pénalités de Bianchi (15, 21 et 58e)
  • 1 drop de Cauvy (6e)
Stade Toulousain
  • 2 essais de Laïrle (1e), Charvet (31e)
  • 2 transformations de Dupuy
  • 2 pénalités de Charvet (11e) et Dupuy (70e)

Compositions

Rugby Club Toulonnais
Bianchi; Fourniols, Trémouille, Carbonel, Jehl; Cauvy (o), Gallion (m); Melville, Tordo, E.Champ; Orso (puis Alarcon, 79e), Roux; Braendlin, Casalini (puis Raibaut, 77e), Diaz (cap.).
Stade Toulousain
Dupuy; Rancoule, Codorniou, Charvet, Berty; Rougé-Thomas (o), Cazalbou (m); Cigagna (cap.), Janik, Maset (puis Lecomte, 69e); Cadieu, Miorin; C.Portolan, Soula, Laïrle (puis G.Portolan, 72e).

Les réactions

Manu DIAZ (Capitaine du R.C.Toulon)

"Je ne sais pas si l'essai de Charvet nous a fait aussi mal qu'on veut bien le dire, mais, en tout cas, à eux, il leur a fait du bien"

Jean-François TORDO (Flanker du R.C.Toulon)

"Le premier essai ne trouble pas l'équipe, au contraire, il nous fait rentrer dans le match. Mais le deuxième... A partir de là, j'ai senti l'équipe bridée".

Daniel HERRERO (Entraîneur du R.C.Toulon)

"C'est comme en 1971, on prend l'essai de Séguier, Il n'y a que nous polir prendre des essais comme ça. Charvet, il nous a marqué un essai de cinquante mètres qui ne se prend jamais. C'est comme ça... En tout cas, on a fait un match correct. Quelques fautes d'inattention nous ont couté cher, voilà tout. Ce qui fait mal, c'est quand on imagine le chemin qu'il faut parcourir pour venir ici, au Parc. Mais, attention, Toulon n'est pas triste ni malheureux. Il est digne et déçu. On ne peut pas être malheureux quand le sport nous donne des rendez-vous comme celui-là. Nous sommes au paroxysme de ce que nous pouvons faire de mieux. Est-ce que je peux être triste ? Il n'y a aucune équivoque sur la victoire toulousaine. Ils marquent deux essais et nous aucun. Et de plus, on s'est mis rarement en position de marquer, ce qui me chagrine un peu. Ils ont eu plus de rigueur défensive sur notre jeu groupé que nous n'en avons eu sur leur jeu déployé".

La presse

Ils ont été assassinés d'éntrée

Var Matin, 28/05/1989

Cueillis à froid dès la première minute, les "Rouge et Noir" ne purent jamais remonter leur handicap de six points au cours d'une finale qui, encore une fois, fut belle mais perdue (18 - 12).

"On y a cru longtemps. très longtemps. On a même entrevu. pendant un instant, le scénario de Béziers et de Narbonne. Mais hélas le coup de poignard de la première minute du pilier Lairle, marquant un essai transformé par Charvet, obligeant tout le long de la partie Toulon à courir après le score, allait peser lourd dans la balance de la victoire.

Pourtant, le moment fou d'espoir est venu encore une fois à l'heure de jeu. A la 58e minute exactement lorsque, dans un premier temps, Bianchi réussissait une pénalité ramenant Toulon à trois points des Toulousains (12-15). Déjà, deux minutes avant, le R.C.T venait de réussir son premier maul perforant, son arme la plus belle, mais l'écroulement provoqué par les Toulousains sanctionné par une pénalité, voyait la tentative de Bianchi, des 42 mètres à gauche des poteaux, passer à côté. Une fois de plus, dirions-nous, tant ce ne fut pas la fête des buteurs "rouge et noir" au Parc des Princes, que ce soit dans les coups de pieds de pénalité de Bianchi, ou dans les tentatives de drops de Cauvy.

Ensuite, il y a eu cette belle charge (60e) qui a fait avancer le pack toulonnais sur plus de trente mètres, suivi d'une mêlée toulousaine où les Haut-Garonnais reculèrent sans compter (61e), la percée de Champ confirmant que le Stade Toulousain était à ce moment-là au point de rupture. Charvet était tout excité, et certains joueurs stadistes commençaient à douter.

Charvet remet le Stade à distance

Hélas pour les "Rouge et Noir", les Toulousains ont plié mais n'ont pas rompu. Comme le roseau de la fable face au chêne, ils venaient de résister à la force toulonnaise, courbant encore l'échine face au drop manqué de Cauvy (67e), avant de se donner l'air suffisant pour terminer le combat avec cette pénalité réussie par Charvet (70e). A 18-12, le doute s'est mis dans la tête des "Rouge et Noir", pour ne plus les lâcher.

Il faut dire que l'entrée en matière des Toulonnais fut catastrophique. Sur un lancer de Casalini, la balle dans les mains de Tordo allait subitement passer dans celles de Lairle, le pilier toulousain, qui fait un échange de passes avec Cigagna et Cazalbou pour aplatir dans l'en-but "Rouge et Noir".

Du bord de la touche Charvet transformait. On venait de siffler le coup d'envoi et Toulon avait un handicap de six points.

Le R.C.T. assommé sur le coup, eut pourtant la belle réaction de revenir dans le camp toulousain et d'inscrire un drop de Cauvy sur mêlée de Gallion. Le score n'avancera alors que sur des fautes de chaque camp. Un mauvais coup de Tordo (10e), une protection illicite de Janik (15e) et un hors jeu des trois-quarts toulousains (21e).

Voilà comment on se trouvait à parité 9-9 et tous les espoirs revenus.

Arrivera alors le tournant du match. Nous sommes à la 26e minute, sur touche toulonnaise Cauvy feinte bien la passe et passe dans le dos de Codorniou, Carbonel est à hauteur, Trémouille perce et tape bien à suivre pour Fourniols, mais hélas l'ailier "Rouge et Noir" au coude à coude avec Berty aura le dessous et l'ailier stadiste sauvera l'essai.

Cinq minutes après alors que le R.C.T. fait l'effort, un coup franc dans les 22 mètres toulousains, joué rapidement par Rougé-Thomas sur Codorniou permet à Charvet de percer au milieu et de faire une course splendide de 70 mètres pour marquer le deuxième essai Stadiste.

15-9 à la mi-temps, on a vu que Toulon allait un moment espérer, mais la victoire est restée à Toulouse et il faut bien avouer que les Stadistes ne l'ont pas volé.

Dommage pour les "Rouge et Noir", ils se sont bien battus mais leurs efforts n'ont pas été récompensés. Ils leur a manqué un petit quelque chose, un brin de réussite, tandis que les Toulousains ont bien fait ce qu'ils ont entrepris. Toulon n'a pas à rougir de cette défaite, à l'image d'un Tordo splendide.

Triste pour ces "Rouge et Noir" très déçus après le match, mais ils connaissent le chemin du Parc, il ne leur reste plus qu'à y retourner l'an prochain. En attendant, merci quand même pour ce bonheur donné".

Jean-Michel MARTINETTI

Gloire de l'essai roi

L'Equipe, 29/05/1989

Il est des essais qui comptent double. Celui de Charvet, essai de feu et de flamme, a profondément retenti sur l'âme de la finale et sur son dénouement.

"Dans les deux finales qui les ont opposés au cours de la décennie, les maudits de Toulouse et les réprouvés de TouIon auront été l'honneur, l'éclat du Championnat de France, qui en a bougrement besoin. La première fois, en 1985, quand Charvet marqua trois essais et Bonneval deux, une victoire du RC Toulon n'aurait pourtant heurté personne, tellement il fut grand aussi dans le combat et dans le mouvement. C'est le souvenir et le sentiment qui nous habitent encore aujourd'hui, en rencontrant l'infortuné Bernard Herrero, qui ne peut plus jouer, et en saluant l'inoubliable Jérôme Gallion, qui tourne ici la page.

La seconde fois, samedi 27 mai 1989, on a bien cru que Toulon, revenant à 12-15 au tournant fatidique de "l'heure de jeu", allait parvenir à ses fins. Alors, les seize avants confondus allèrent au bout de la fatigue, tous marqués par le train fou de la première mi-temps. En fin de compte, plus rien ne passa, ni une dernière charge du grand Melville ni un dernier coup de pied de Cauvy; plus rien si ce n'est un but de Dupuy portant à 18-12 le score de la victoire toulousaine, probablement la plus mèmorable des deux.

Pour apprécier le véritable écart à la lecture de ce score, il faut observer que Toulon a marqué douze points de coups de pied et Toulouse douze points d'essais. Non que le rugby accorde tellement plus de prix aux uns qu'aux autres, mais parce que, par la grâce de cette superbe nuit de mai, l'essai, pour une fois, pesa doublement le poids d'un coup de pied. Tant l'essai de Laïrle pour commencer que celui de Charvet en plein coeur du match ont profondément retenti dans les esprits, le courage des deux équipes, la défense de leurs convictions respectives.

Ils ont revu Dauger

C'est par la royauté de l'essai que le Stade Toulousain a été sacré une foi de plus. C'est le grand souffle de l'essai qui a exercé le "pressing" de cette finale et a balayé le microbe de la mauvaise humeur. Jamais, de son côté, le RC Toulon ne passa si près du titre qu'en vue d'un essai magnifique, à la vingt-huitième minute, finalement empêché par un retour en trombe du jeune Berty sur le drapeau de touche. On était à 9-9, et Cauvy avait complètement possédé Rougé-Thomas, dont ce ne fut pas le meilleur match, puis Carbonnel et Bianchi, ce dernier auteur d'une première mi-temps très ambitieuse, avaient expédié le message gagnant à Fourniols. C'est donc cet épatant Berty, bourreau des rêves de Bonneval, qui fit le reste. Quatre minutes plus tard, ce sera l'exploit décisif de la finale, ce sera l'essai mirobolant de Denis Charvet.

Malheur aux retardataires! Le premier essai avait été réussi à la première remise en touche. En trois minutes, on avait déjà vu plus de jeu que dans les quatre-vingt minutes de la finale Agen-Tarbes de l'an dernier. En dix minutes, on avait exploré toute la gamme, avec l'essai de Laïrle transformé par Dupuy, un drop de Cauvy, un but de Charvet. Avec juste ce qu'il fallait de fièvre et de férocité, de sang qui coule sur le front de Maset, pour satisfaire aux exigences du genre et de l'espèce, on avait échangé les armes au point que Gallion écartait sans tarder et que, surprise majeure, la mêlée toulousaine chahutait drôlement l'autre à la poussée. L'essai de Laïrle, sur remise en touche de Toulon, doit beaucoup à la présence d'esprit de Cigagna à la récupération. Ce Cigagna qui est constamment, depuis des saisons, le meilleur phosphore de tout le jeu d'avants français, aussi vrai que Maset une marque de sécateur inspirée de la marque Rives-Skrela. Mais cet essai d'entrée de jeu doit surtout beaucoup à la permanence dans le jeu toulousain de certains réflexes qui le rapprochent du jeu néo-zélandais, corsés d'une totale permission de plaisir, d'audace et de mouvement. Entre Cazalbou et Laïrle, ces réflexes agirent à la perfection, semant la surprise sur un joli ruban de terrain. A-t-on remarqué le nombre d'essais que finissent les joueurs de première lignedu Stade Toulousain ?

Quant à Denis Charvet, ce sera son neuvième essai du Championnat finissant. Mais, là encore, pour un exploit portant une signature si personnelle, admirons d'abord le réflexe tout collectif. Mouvement préparé à l'entrainement, nous précise-t-on ! Sur cette pénalité jouée à la main à des kilomètres de la ligne toulonnaise, il était parfaitement prèvu que Rougé-Thomas, en premier, donnât le change sur ses intentions, juste assez pour inviter la défense adverse à se replier et tout aussi prévu que Cigagna, au premier relais, prenne légèrement l'air d'une poule qui a trouvé un couteau. Ensuite, à Codorniou, maitre passeur, d'impulser dans le temps juste un mouvement imaginé pour aller jusqu'à Rancoule. Mais tout, ici, fonctionna si bien que la voie triomphale s'ouvrit aussitôt pour les jambes de feu de Charvet. Et je sais bien des anciens qui revirent alors le grand Dauger brûlant tout sur son passage, bien des autres revoyant Sella interceptant à Twickenham, ou bien "Flint" Estève, Boni, Blanco, Jauréguy, Darrouy, Bertranne, Porthault, Gourdon, Siman, Dupuy, Duprat, Lagisquet, Cantoni, toute la légion de nos flèches à travers le temps se donnant la main pour exhorter le brillant héritier que voilà à ne plus faiblir jusqu'à la ligne, et à repartir de plus belle, quand, sous la menace des restes étonnants de Gallion, il eut bien pesé le pour et le contre d'une passe au fils Rancoule. Oh! l'instant de gloire pour le jeu, l'instant d'ivresse pour tous ses fervents ! Et que le coeur a dû cogner dans la poitrine de Charvet tout au long de la traversée ! les Toulonnais virent passer une ombre, mais c'est une aveuglante lumièe qui embrasa la nuit parisienne."

"Qui c'est, celui-là ?", demanda, parait-il, le président de la République, tellement l'ombre passa vite et la lumière fut éblouissante. On donna le nom, on expliqua le cas. On avait déjà vu Georges Pompidou s'exprimer en faveur d'un rappel de Spanghero. les sélectionneurs pourraient parfois s'épargner ces violents coups de projecteur sur leurs étranges activités.

"A l'exception du demi de mélée, un joueur de rugby ne doit guère porter le ballon plus de cinq à six secondes par match. Voilà pourquoi l'important, c'est le jeu sans ballon". C'est sur ce postulat que se fonde la conviction de Jacques Fouroux. Entre une seconde de Car: lewis et une seconde de charge de CRS, il est toutefois probable qu'il faut assortir la durée de coefficients différents. Quant à la seconde de Charvet brûlant la pelouse du Parc, et en prenant d'ailleurs à son aise avec le temps qui lui était imparti, elle est simplement un morceau d'éternité".

Denis LALANNE

Dans la chaleur du rugby

L'Équipe, 29/05/1989

"L'ivresse d'une victoire et l'accablement d'une défaite. Cette double image du bonheur fou et de la détresse digne resta longtemps sous nos yeux. Charvet, archange exterminateur, brutalement étouffé par l'émotion, s'arracha aux micros et aux caméras pour que l'on ne vit point les larmes de joie qui le bouleversaient. Il fonça jusqu'au pavois de la tribune présidentielle rejoindre Cigagna et les autres Toulousains qui brandissaient le bouclier de Brennus, unique objet de leurs sentiments.

Sur la pelouse, Daniel Herrero, plus berger d'Arcadie que jamais, était venu au milieu des Toulonnais, pétrifiés, pour essayer de rassembler son troupeau. Scène muette, terriblement poignante de ces vaincus qui avaient tant donné, tout donné.

La joie délirante de leurs adversaires était le contrepoint de leur désarroi. Et le geste fraternel de Charvet venant pudiquement consoler Fourniols, son copain d'enfance, s'avérait aussi touchant qu'inutile.

Mais les vaincus aussi ont leur place au nirvana du rugby. Tous ceux qui aiment ce sport de générosité, d'excès et de noblesse, savent que Toulon, renouvelant sa performance de 1985, face au même Stade Toulousain, dans une finale d'une semblable intensité, a su, cette fois encore, se hisser au niveau de son vainqueur.

La légende, n'en doutons pas, a déjà retenu cette finale. N'en déplaise à tous ceux qui limitent leur philosophie à la simple lecture d'un résultat, le rugby serait bien indigne de toutes les passions qu'il remue, s'il ne devait retenir que cette ligne inscrite au bas d'un palmarès: 1989. Stade Toulousain bat Rugby Club Toulonnais, 18-12.

Samedi soir, par la grâce de deux équipes exemplaires, nous avons vécu, ainsi que des millions de téléspectateurs, un grand moment de rugby. C'est ça l'essentiel, sinon le Championnat et son seul élu en regard de tant de travail accompli et d'espoirs entretenus aux quatre coins de France ne vaudrait pas la peine d'être vécu.

La force de cette finale pathétique, exaltante, bienfaisante, est d'avoir redonné le pouvoir au jeu et aux champions. Il yen avait assez de voir la chronique sportive accaparée par les fausses affaires et le véritable affairisme. Il était temps que le sport retrouve la place qui est due à son authenticité. Il est bon de sentir que ces assauts, renouvelés comme la mer, emportaient dans leur flux, comme des fétus de paille, tous ces tard-venus, ces parvenus, ces malvenus, vedettes médiatisées du non-vécu, de l'artificiel.

Le rugby, une fois de plus régénéré, reste toujours une merveilleuse façon de vivre sa jeunesse, un incomparable moyen de garder à l'âge adulte la fraîcheur de l'enfance.

Toulon retrouvera la foi en son étoile. Il fera jaillir de nouvellés sources de jouvence au pied du Faron, parce que, dans la douce nuit de mai parisienne, au creur d'un stade qui dut refuser trente mille spectateurs, son équipe, portée par les encouragements de tous les siens, a renforcé l'éclat de la victoire toulousaine par le rayonnement de sa propre performance.

"C'est bien ça la chaleur et la grandeur du rugby"

Henri GARCIA

Les joueurs

L'Équipe, 29/05/1989

Les Arrières

Hormis deux dégagements directs en touche, DUPUY fut remarquable. Impeccable sous les chandelles, toujours présent sur les mouvements offensifs. Carton plein dans ses tirs au but. BlANCHI essaya d'animer constamment le jeu et de relancer. Très entreprenant, il manqua de réussite dans ses tirs au but.

Les Ailiers

RANCOULE fut étroitement surveillé et peu sollicité dans de grands espaces. BERTY fit admirer un tempérament généreux, un réel esprit d'entreprise en attaque, mais aussi beaucoup de sang-froid en défense, sauvant un essai devant FOURNIOLS. Celui-ci s'employa énormément en défense et essaya de soutenir Bianchi dans ses relances. JEHL fut très actif, mais battu sur les deux essais toulousains marqués sur son aile.

Les Centres

Le cadrage de CODORNIOU sur l'essai de Charvet fut un chef-d'oeuvre. Il joua tous les ballons avec la même maîtrise et fut pressant en défense. CHARVET a marqué l'essai qui restera à jamais dans toutes les mémoires. Un grand exploit, une course superbe et une superbe habileté pour repousser la menace de Gallion. Par ailleurs, intransigeant en défense. Une belle percée à l'actif de TREMOUILLE. Mais avec CARBONEL il souffrit de la comparaison avec le duo toulousain..

Les Demis d'Ouverture

Un match solide, surtout en défense, de ROUGE-THOMAS qui s'ingénia à toujours sauvegarder l'acquis de son équipe. Cependant un peu en deçà de ses possibilités. CAUVY, sous une pression énorme, joua trop loin de ses avants. Il les remit rarement en jeu avec ses centres.

Les Demis de Mêlée

Un match énorme de CAZALBOU, qui assure l'accélération et la passe décisive pour l'essai de Lairle. Des replis défensifs et des placages précieux et salvateurs. Aucunement impressionné par GALLION, qui fut le seul à revenir sur Charvet. Excellent distributeur, il aurait fallu le Gallion de 1985 aux avants toulonnais pour passer devant.

Les Numéros 8

A l'origine de l'essai de Lairle, et en pivot sur celui de Charvet, Albert CIGAGNA, par son intelligence et son abattage, mit en avant son équipe et désorienta le pack varois. MELVILLE essaya par ses charges et ses départs au ras de la mêlée de déstabiliser la défense toulousaine. En vain.

Les Avants-Ailes

JANIK s'attacha dans un premier temps à contrer Champ en touche. Il fut également toujours en pointe sur les coups de pied de renvoi. Une présence constante aux points chauds. MASET plaqua beaucoup, gagnant de ce fait les progressions des avants toulonnais. LECOMTE, qui le remplaça, n'eut pas le temps de rentrer dans le match. CHAMP fut efficace en fond de touche, moins pénétrant dans les relais d'avants. TORDO, quand il canalisa son trop-plein d'énergie, fut explosif, jaillissant et empoisonnant pour la défense adverse.

Les Deuxièmes Lignes

CADIEU et MIORIN combinèrent bien en touche pour gêner les sauteurs toulonnais. Furent très présents dans les regroupements du début jusqu'à la fin. Contribuèrent activement à la domination de leur mêlée en début de match. ROUX retrouva du punch en deuxième période. ORSO dépensa beaucoup d'énergie en touche et dans les regroupements. Tous les deux laissèrent certainement des forces en mêlée.

Les Piliers

Claude PORTOLAN et LAIRLE imposèrent une terrible épreuve de force à DIAZ et BRAENDLIN. Ce dernier a beaucoup souffert et a cédé quelquefois. Ce sont Portolan et Lairle que l'on vit davantage dans le jeu. Pour preuve, l'essai de ce dernier, où il intervient deux fois. Tous les deux sont pour beaucoup dans le succès toulousain.

Les Talonneurs

Match très plein de SOULA qui fut toujours aux avant-postes. Match plus anonyme de CASALINI qui exécuta de bons lancers en touche.

Francis DELTERAL

Le Film du match

1e : touche à 40m de la ligne toulonnaise. Lancer Casaljni. Cigagna s'empare du ballon dévié par Roux et lâché par Tordo. Relais de Laïrle, puis Maset, Cazalbou puis Laïrle de nouveau qui va inscrire l'essai à droite des poteaux. Transformation de Dupuy.
Toulouse 6 - Toulon 0

6e : mêlée aux 22m toulousains. Gallion sert Cauvy qui, des 30m à gauche des poteaux, passe le drop.
Toulouse 6 - Toulon 3

11e : mêlée aux 22m toulonnais. Brutalité de Tordo sur Maset. Charvet réussit le but de pénalité.
Toulouse 9 - Toulon 3

15e : brutalité toulousaine dans un regroupement. Des 30m, légérement à droite des poteaux, Bianchi réduit le score.
Toulouse 9 - Toulon 6

21e : attaque toulonnaise Hors jeu de la défense toulousaine. Des 50m, face aux poteaux, Bianchi égalise.
Toulouse 9 - Toulon 9

32e : pénalité pour les Toulousains dans leurs 22m. Rougé-Thomas joue à la main et sert Cigagna qui transmet à Codorniou qui sert, à son tour, Charvet. Ce dernier prend le trou et, au terme d'une fantastique course de 80 rn, marque l'essai en coin. Transformation de Dupuy
Toulouse 15 - Toulon 9

Mi-temps

58e : brutalité toulousaine Des 35m, à droite des poteaux, Bianchl réussit le but de pénalité.
Toulouse 15 - Toulon 12

70e : Braendlin commet une irrégularité en touche, à 35m de sa ligne de but. Dupuy passe le but de pénalité.
Toulouse 18 - Toulon 12

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