Histoire

L'équipe du RCT, champion de France 1931

L'équipe du RCT, champion de France 1931

Des origines à 1967

L'histoire du RCTNé en 1823 au Collège de Rugby(en Angleterre) d'un coup de folie géniale de William Web Ellis (qui repose à Menton) et codifié pour la première fois en 1846, le Rugby-Football fut importé en France vers 1872 au Havre. Il faudra attendre 1892 pour que se joue la première finale française entre le Racing Club de France (club parisien fondé en 1882) et Stade Français (autre club parisien fondé en 1883), finale arbitrée par le Baron Pierre de Coubertin (celui des Jeux Olympiques modernes) et remportée 4 à 3 par le Racing.

Le Rugby s’exporta dans toute la France et toucha les rivages de la Méditerranée, en commençant par... Marseille où 3 Clubs, dont l’Olympique de Marseille, apparurent aux alentours de 1897.

Côté varois, ce fut à Hyères, fort fréquenté par les touristes britanniques, que fut créée la première société varoise de football en avril 1899, le Football Club Hyèrois qui devint dès le mois de mai l’Union Sportive Hyèroise.

Il faut alors se transporter du côté de La Seyne avec la naissance en 1902 de l’Union Sportive Seynoise. Son Président fondateur, Victor Marquet, était né à Paris et avait côtoyé Frantz Reichel au Lycée Lakanal. Chef du personnel au service électricité des Forges et Chantiers, Marquet était décrit comme un homme autoritaire et ombrageux.

L'histoire du RCTLe 17 novembre 1902 se disputa le premier match de rugby à Toulon après que Victor Marquet ait encouragé la naissance de l’Etoile Sportive Toulonnaise en juin 1902, l’EST qui fixa son siège à la Cité Montéty et son premier Président fut Dusselier, arbitre du Comité du Littoral (dont le siège était alors à Marseille). Les pionniers du Rugby Toulonnais sont Victor Seguin, Joseph Schmusk et Aimé Papel.

Lors de la saison 1904-1905, deux Clubs se disputaient le Championnat du Var : l’US Seynoise et l’ES Toulonnaise.

En décembre 1906, des dissidents de l’US Seynoise et du Vélo Sport Seynois fondent l’Olympique Seynois.

En février 1907, "Le Var Sportif" appelle à la fusion de l’US Seynoise et de l’Olympique Seynois. Cet appel sera bien entendu par les membres de l’USS et par ceux l’Etoile Sportive Toulonnaisequi fusionnent sous le nom de Stade Varois.

Et c'est ainsi que naquit le Rugby Club Toulonnais en 1908...

L'histoire du RCTCette équipe du Stade Varois ne vivra que le temps d’une saison, le temps nécessaire pour que ses membres rentrent en conflit avec le Comité du Littoral qui n’avait sélectionné aucun de ses joueurs pour rencontrer la sélection nationale de la Flotte.

Se formera alors une équipe mixte composée de six joueurs de la Sélection Maritime, de trois joueurs du Sporting Club Télégraphique(les télégraphistes des régiments coloniaux) et de six joueurs du Stade Varois qui rencontrera la Sélection du Littoral en mars 1908.

Et ainsi, naquit en juin 1908, dans un des salons du "Coq Hardi", grande brasserie toulonnaise du début du XXème siècle située Boulevard de Strasbourg, le Rugby Club Toulonnais.

Le Club ne sera déclaré que le 8 février 1917 en Sous-Préfecture de Toulon (Draguignan étant encore la Préfecture du Var) et publié au Journal Officiel du 17 février 1917 (n°162, page 1314).

Louis Gorlier, fils du pharmacien de la Place Puget et lui-même étudiant en pharmacie, est le premier Président du Club et Marius Raymond, son premier Secrétaire Général (il le restera jusqu'en 1926 d'ailleurs).

Louis Gorlier jouait également dans le pack de l’Equipe et en était d’ailleurs l’un des seuls Toulonnais puisqu’on y trouvait un Grenoblois, un Dijonnais, un Auscitain, un Tarbais, un Toulousain, des Bordelais et même des Bretons (Brestois et Saint Nazairien) : la grande majorité des Joueurs étant issus de la Marine.

Au terme de sa première saison, le Rugby Club Toulonnais remporta le Championnat du Littoral (symbolisé par le Trophée du Mousse Siffleur) en battant l'Olympique de Marseille et va jouer sa première finale nationale : celle de 2ème série face à Montauban. D'abord prévue à Marseille, la finale fut jouée à Montauban : le RCT avait reçu un télégramme l'avisant que la finale était reportée alors que Montauban se trouvait bien à Marseille ! Les "Rouge et Noir" perdront cette finale 15 à 3.

Pour s’entraîner, le Club loua un terrain dans le quartier de La Marquisanne à trois kilomètres du Centre Ville mais bien desservi par le tramway.

Ce terrain transformé en asinodrome (les courses d’ânes étaient assez populaires en ce temps), les Joueurs se dirigèrent alors sur "Le Potager", un terrain bordant la Rivière des Amoureux. C’est d’ailleurs sur ce terrain, en décembre 1913, que le Rugby Club Toulonnais battit une équipe formée d’officiers anglais dans le cadre des fêtes franco-anglaise. Authentique exploit pour l’époque où les équipes des Iles Britanniques infligeaient de sévères corrections aux Français

Le premier conflit mondial mit un coup d’arrêt en prenant plusieurs Joueurs (dont Gorlier) qui meurent au front.

Le 2 octobre 1918, le Rugby Club Toulonnais est agréé par le Gouvernement (S.A.G.).

Seul Club varois du Comité du Littoral à la suite de la Guerre, le Rugby Club Toulonnais remportait toutefois chaque année le Championnat du Littoral.

En mai 1919, sous la présidence du Docteur (de la Marine) Busquet, le Rugby Club Toulonnais fusionne avec l’Etoile Sportive Toulonnaise, le Sporting Club et le Racing Club (deux clubs de football). Le RCTdevient alors un club omnisports et compte une section athlétisme, de tennis, organise un championnat de boules et le Tour de Toulon pédestre. Sans compter les participations de ses membres aux concours de natation.

En 1920, le Club – grâce à la générosité de Félix Mayol – dispose de son propre stade.

En mars 1922, le Rugby Club Toulonnais compte 372 membres. Si ceux-ci restent encore fortement issus de la Marine et des Régiments d’Infanterie Coloniale, les Toulonnais – notamment de Besagne – sont de plus en plus nombreux.

Premier Brennus en 1931...

L'histoire du RCTL’Equipe Réserve dispute la finale 1924face à Tarbes qu’elle perd 0 à 3. Le match se déroula à Béziers et, si l’on en croit la légendaire bonne foi toulonnaise, "au moins" trois essais furent refusés aux Toulonnais tandis que le seul essai de la rencontre, marqué donc par les Tarbais, était entaché d’un "monstrueux" en-avant...

Cependant, les affaires ne vont pas forcément bien pour le Club qui doit lancer en mai 1925 une souscription de 60.000 francs pour combler son passif. Le succès populaire est énorme, il faut dire que les commerçants organisent une tombola pour soutenir cette souscription et offrent des lots mirifiques : une Citroën, un piano, un fusil de chasse, une machine à coudre...

Si les résultats ne sont pas encore à la hauteur des espérances des Dirigeants, l’Equipe IV du Club remporte le titre national en 1925 face au S.C.U.F. sur le score de 8 à 0.

La saison 1926-1927 a failli voir le Rugby Club Toulonnais – évoluant donc en Excellence (la division nationale) - descendre en Honneur (l’équivalent de la 2ème division), sauvant sa place sur un match nul à Oyonnax (8 à 8).

En 1928, le Rugby Club Toulonnais diversifie encore ses activités en créant une section basket-ball ! Le Club connut même une section féminine de basket et fut à l’origine (avec 8 autres Clubs varois) du Comité Varois de Basket créé en 1938 lors d’une assemblée générale s’étant déroulée au Siège du Rugby Club Toulonnais.

A la même époque, le RCT abandonne sa section football et connut une section de pelote basque formée par les Joueurs originaires du Sud-Ouest, section qui disparaîtra en 1930 au profit des "Pelotaris Toulonnais".

Lors de la saison 1928-1929, le Club Toulonnais enchaîne les victoires, notamment face au Stade Toulousain, alors au fait de sa gloire (c’était l’époque de la "Vierge Rouge"), lors d’un match où l’on se battit tant sur le terrain que dans les tribunes. Charles Lévy dira que ce match fut "le plus brutal de l’histoire du RCT"... Qualifié, le Rugby Club Toulonnais dispute la demi-finale du Championnat de France face à Quillan. Les Varois s’inclinèrent face à l’armada constituée par le chapelier Bourrel (ayant débauchés notamment les Internationaux Perpignanais Baillette, Ribere, Galia…) sur le score de 13 à 0.

Le Club va gagner son premier Bouclier de Brennus- trophée symbolisant la victoire en Finale du Championnat de France - en 1931. En battant Narbonne en demi-finale, les Toulonnais rencontrent le Lyon Olympique Universitaire au Parc Lescure à Bordeaux. C'est la victoire 6 à 3 (2 essais à 1).

L'arrivée à Toulon donne lieu à des scènes d'hystérie collective avec 30.000 personnes qui accompagnent les vainqueurs de la gare jusqu'au siège du Club, le "Café de la Paix et du Sport". Dans la chaleur de la nuit qui s’en suivit, Police Secours dut répondre à plusieurs appels téléphoniques de béotiens pensant à une émeute.

A noter que l’Equipe Réserve fut Championne de France trois saisons durant (1930-1931 et 1931-1932 contre Montferrand et 1932-1933 contre le Stade Français).

En 1931-1932, Narbonne bat Toulon en quart-de-finale à Lyon. La saison suivante, le Club dispute la poule de trois qualificatives pour les phases finales mais s’incline de peu devant Narbonne et Bayonne.

En 1934, le RCT – alors présidé par Me Lanflé - est invité pour la première fois à disputer le Challenge Yves du Manoir.

Après avoir battu Albi, Béziers, Bègles, Tarbes, Perpignan et Bayonne, les "Rouge et Noir" de la Rade vont rencontrer les "Rouge et Noir" du Stade Toulousain à Lyon. Au terme de 110 minutes de jeu, les deux équipes ne peuvent se départager (0 – 0). Le titre sera partagé entre les 2 Équipes !

La même saison, en Championnat, le Club franchit les poules de trois (en battant Lyon et Bègles) et se hisse en demi-finale face à l'Aviron Bayonnais. A la suite du match nul (0 – 0) du premier match, le second match verra la victoire 12 à 6 que les Basques accèdent à la finale (qu'ils remporteront face au Biarritz Olympique).

A la fin de la saison, Léo Servole (ouvreur du XV de France), Jean Prin-Clary, Dino Scardigli, Paul Barrère et Émile Giraud partent à Hyères, en 2ème série, attirés par un "mécène", le promoteur Samaran... Ils reviendront la saison suivante.

A noter qu’à l’orée de la saison 1935-1936, Toulon comptait 18 Clubs de Rugby "civils" et une quarantaine d’équipes maritimes !!!

Lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936, le Rugby Club Toulonnais section athlétisme est représenté par Wirtz, lanceur de marteau, qui accède à la finale ! En septembre 1936, c’est Mazoyer, membre de la section tir, qui représente la France aux Championnat du Monde. La section tir du Rugby Club Toulonnais fut fondée en 1935 et s’entraînent sous les gradins du Stade Mayol. Cette section tir prendra son indépendance après la Seconde Guerre Mondiale et deviendra la Société de Tir Toulonnaise, toujours active et qui a conservé, en souvenir de ses fondateurs, les couleurs Rouge et Noir.

Côté Rugby, le Club est battu par Narbonne à Grenoble en quart-de-finale.

En 1937, le Rugby Club Toulonnais compte cinq sections (rugby, basket, athlétisme, tir et préparation militaire) pour 288 membres.

1938 : mauvaise saison du Club qui est éliminé en repêchage pour les huitièmes de finale 3 à 0 par Pézénas.

La saison 1938-1939 est encore exaltante : le RCT se retrouve en Finale du Challenge du Manoir face à Pau. Les Béarnais s'imposent 5 à 0. En Championnat, après une victoire contre Tulle en huitièmes de Finale, Toulon bat Bayonne 13 à 0 à Toulouse et sera battu en demi-finale par Biarritz à Lyon, 7 à 0.

Le Club se remettra rapidement des affres du second conflit mondial : lors de la saison 1945-1946, le RCT parvient en demi-finale face à Lourdes : aux termes de 110 minutes de jeu, les Bigourdans l’emportent 5 à 4 : un essai transformé par Jean Prat contre un drop d’Eugène Chaud qui mit d’ailleurs un terme à sa carrière de Joueur à l’issue de ce match.

Deuxième Finale du Championnat en 1948

La saison suivante, les Toulonnais sont éliminés 16 à 3 en huitièmes de finale par le Stade Toulousain (qui sera Champion de France face à Agen) lors d’un match disputé à Perpignan dont Georges Pastre écrivit : "le choc (…) engendra, sur les bords de touche, des excès dont on parle encore à Toulouse ; le couteau y fut sorti" !

L'histoire du RCTAprès avoir battu Biarritz en huitièmes (13 à 7), Toulon bat Bayonne 7 à 5 sur un essai à vingt secondes la fin de Jaffrain en quart-de-finale puis Vienne, 11 à 6, en demi-finale.

Le Rugby Club Toulonnais s'incline 11 à 3 face au grand Lourdes à Toulouse devant 5.000 Supporters Toulonnais qui battent les records pour l’accoutrement et les sirènes, " empruntées" à l’Arsenal.

Pour Georges Pastre, "on peut estimer que le grand folklore du rugby part de cette finale" : les Supporters Toulonnais sont donc des précurseurs !

Lors de la saison 1948-1949, le RCT disputa deux quarts-de-finale : face à Castres (futur Champion de France face à Mont-de-Marsan) en Championnat – défaite 17 à 6) et contre Lyon en Coupe de France.

Les années suivantes furent moins brillantes : éliminé en seizièmes par Carmaux en 1950, 6 à 5 ; en quart-de-finale par Tarbes 6 à 3 en 1951 ; en huitièmes par Agen 9 à 3 en 1952 ; non qualifié pour les phases finales en 1953 et en seizièmes par Toulouse 14 à 0 en 1954.

Toulon disputa toutefois une nouvelle Finale de du Manoir en 1954. Ce match se joua à Mayol face à Lourdes, vainqueur 28 à 12.

En 1955, le Club remporte le Challenge du Club Complet, alors qu’il s’incline en huitièmes face à Lavelanet 13 à 0.

Lors de la saison 1955-1956, c’est encore en huitièmes que Toulon s’incline, 8 à 0 face à Mont-de-Marsan. Cette même saison 1956, les jeunes Toulonnais remportent le Challenge Michelin.

De 1957 à 1967, l’aventure Toulonnaise s’arrête 8 fois au niveau des huitièmes de Finale du Championnat de France : 1957, face à Perpignan, 8 à 3 ; 1959, face à Grenoble, 5 à 3 ; 1961, 14-0 face à Béziers ; 1962: face à La Rochelle, 3 à 0 ; en 1963 face à Dax, 8 à 3 ; en 1965 contre Brive, 8 à 3 ; 1966, contre Graulhet, 8 à 6 après prolongations ; en 1967, contre Brive, 6 à 3...

De 1968 à 2000

L'histoire du RCTLors de la saison 1967-1968, Toulon sort Grenoble 18 à 3 en quart-de-finale, et bat Narbonne 14 à 9 à Lyon en demi-finale. La Finale était programmée pour le 26 mai 1968 à ToulouseToulon affronterait, vingt après, Lourdes.

Elle se déroulera finalement le 16 juin 1968, après plusieurs reports dus aux "événements" de mai '68. Sous un temps gris (il a plu toute la matinée), Toulon joue en blanc. Menés 6 à 0 à la pause, les partenaires d’André Herrero reviennent dans le match en seconde mi-temps et le score était de 6 partout à la fin du temps réglementaire. Après prolongations, le score a évolué mais reste de parité, 9 à 9.

Le règlement de la Fédération prévoit qu’en cas de match nul, la finale serait rejouée une seule fois. Las ! En raison du retard de la Finale et en raison du départ de l’Equipe de France en Tournée en Nouvelle-Zélande, Lourdes sera déclaré vainqueur au bénéfice des essais marqués (2 essais à rien).

La même année, le XV de France, commandé par le troisième ligne Toulonnais Christian Carrère, remporte le premier Grand Chelem de son histoire.

Saison 1968-1969, Toulon est sorti en huitièmes de Finale par Dax sur le score de 11 à 9.

1970, le Club au Muguet remporte 25 à 22 le Challenge du Manoir face à Agen et ce, malgré l’expulsion de Jean-Claude Ballatore. En Championnat, Toulon est battu en seizièmes par Grenoble, 17 à 12.

En 1971, nouvelle Finale du Championnat face à l'A.S.Béziers à Bordeaux. Match tendu. Sur un coup de pied dont on ne connaît toujours pas l’auteur (Saïsset ? Estève ? un Toulonnais ?), André Herrero se relève avec deux côtes fracturées. Les remplaçant n’existant pas à cette époque : le "Grand" reprend sa place. Le Rugby Club Toulonnais s’incline après prolongations 9 à 15...

Juillet 1971, après des "divergences de vues", 11 joueurs titulaires quittent le Club (avec André Herrero à leur tête) et vont poser leurs sacs à Nice, alors en 2nde division... Ces 11 sont André et Daniel Herrero, Carreras, Fabien, Giabicconi, Irastorza, Hache, Sappa, Vadella, Banisette et Ballatore...

Les Joueurs restés fidèles au Muguet (avec de nombreux jeunes) sous la houlette de Marcel Bodréro et de Christian Carrère accèdent à la demi-finale du Championnat 1972 qu'ils perdront 19 à 6 face à Béziers.

La jeune classe Toulonnaise ne confirme guère : un quart-de-finale en 1973 face à La Voulte, défaite 7 à 14 et un huitièmes de finale en 1974 perdus face à Tarbes, 12 à 16.

En 1974, le RCT remporte son second Challenge du Club Complet grâce à sa Nationale B et ses Cadets, Champions de France.

Années sombres et résurrection

De 1974 à 1983, le Rugby Club Toulonnais ne réussira pas à passer le cap des huitièmes de finale : Béziers, 13 à 7 en 1975 ; Bayonne, 13 à 6 en 1977 ; Valence, 22 à 9 en 1978 ; Montferrand, 21 à 14 en 1979 ; Bayonne, 25 à 14 en 1980.

Toulon sera même éliminé en seizièmes en 1981 par le Nice des "Frères Ennemis" sur le score de 15 à 6...

La saison 1981-1982 est dramatique : avec aucune victoire à l’extérieure, le RCT n’est même qualifié pour les phases finales.

Battu par Perpignan en barrage du Championnat 1982-1983 (13 à 9), Toulon disputera la Finale du Challenge Yves du Manoir contre Agen, une finale perdue 7 à 29.

Et l'inter-saison verra le passage de témoin entre André et Daniel Herrero au poste d'entraîneur. Une arrivée qui verra le départ de plusieurs joueurs vers le R.C.Hyères (Guilbert, Farrugia, Alliou...).

La saison 1983-1984 voit Toulon une nouvelle fois battu en huitièmes, par Grenoble, 4 à 6.

Saison 1984-1985 : les Varois produisent un excellent rugby et après avoir battu Aurillac, Nice et Lourdes, Toulon dispute la Finale du Championnat de France le 25 mai 1985 face au Stade Toulousain.

A la suite de prolongations catastrophiques, le RCT s'incline 22 à 36. Daniel Herrero aura alors ces mots restés célèbres : "Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré, cours-y vite... Il a filé...".

La saison 1985-1986 va s’arrêter en demi-finale face à Agen sur le score de 18 à 38.

L'histoire du RCT2 mai 1987 : le Muguet fleurit sur la France de l'Ovalie et se cueille au Parc des Princes.

56 ans après le titre remporté face à Lyon, Toulon remporte son second Bouclier de Brennus face au Racing Club de France (et le noeud papillon rose des ses lignes arrières qui deviendra célèbre...), 15 à 12.

Après un quart-de-finale houleux face au Stade Toulousain (Christian Cauvy "assassiné" par un Toulousain, réaction "virulente" des Toulonnais...), le Président de la F.F.R., l'Agenais Albert Ferrasse, souhaite publiquement la défaite de Toulon... Il n'aura pas besoin de faire pression sur l'arbitre : les Joueurs de Daniel Herrero déjouent en demi-finale du Championnat 1988 face au Stadoceste Tarbais qui s'impose 31 à 12 à Lyon.

En 1989, nouvelle Finale de Championnat perdue face au Stade Toulousain pour la dernière de l'immense Jérôme Gallion, "meilleur joueur du Monde". Les Toulonnais encaissent un essai de 80 mètres signé Denis Charvet et s’inclinent 18 à 12. En début de saison, Toulon avait perdu son talonneur, Bernard Herrero, blessé par balle par un clochard lors d’une rixe...

L'inattendu Titre de 1992

En 1991, une page se tourne puisque Daniel Herrero quitte son poste d’entraîneur après un quart-de-finale en 1990 (perdu face à Agen, 6 à 0) et une défaite en huitièmes face au futur Champion Bègles-Bordeaux 18 à 9.

Jean-Claude Ballatore revient sur le banc toulonnais et André Herrero prend la présidence.

Après des débuts laborieux en Championnat, Toulon joue la demi-finale du Challenge du Manoir et perd face à Agen, 3 à 21. Lors d’une "explication" avec Abdel Benazzi, Éric Champ écope d’un carton rouge, ce qui lui coûtera sa participation à la Finale du Championnat...

L'histoire du RCTEn Championnat donc, après avoir dû passer par les barrages, le RCT se retrouve en Finale avec 4 juniors face au B.O. de Serge Blanco qui tire sa révérence ce soir-là.

1 essai de Jean-Christophe Repon, 2 pénalités de Patrice Teisseire et Pascal Jehl assortis de 3 drops de Yann Delaigue (2) et Aubin Hueber donnent la victoire 19 à 14 à Toulon le 6 juin 1992. Du jamais vu : un club au bord du gouffre qui redresse la barre de cette manière pour devenir Champion de France !

Castres prend sa revanche de la saison précédente en battant Toulon en demi-finale du Championnat sur le score de 17 à 16...

En 1994, la saison s'arrêtera en quart-de-finale du Championnat face à l'A.S.Montferand, 8 à 15.

Avec Manu Diaz et Michel Miquélis comme entraîneurs et le duo Loris Pédri - Jean-Louis Lagadec comme présidents (qui succèdent à Patrick Rouard), Toulon joue les demi-finales du Challenge Yves du Manoir (défaite face à Toulouse, 13 à 21) et de Championnat (défaite face à Castres, 18 à 13) en 1995.

La saison 1995-1996 se terminera à Narbonne en demi-finale du Challenge du Manoir face à Pau (perdue aux tirs aux buts, 3 à 5) et en quart-de-finale en Championnat face à Dax, 25 à 11.

L'éclosion des "Minots"

La saison 1996-1997 commence mal avec la découverte d'un déficit de 9 millions de francs. Jean-Claude Ballatore est porté à la présidence, Gilbert Doucet et Alain Carbonel sont nommés entraîneurs. Le Club jouera la Conférence Européenne qui s'achèvera en quart-de-finale face à Castres (défaite 23 à 15). En Championnat, la saison se termine en huitièmes de finale face à l'A.S.Montferrand (12 à 6).

Marc de Rougemont sera privé de tournée de l'Équipe de France en Australie à cause d'une fracture de l'avant-bras récoltée lors de ce match face à Montferrand, ce qui fera le bonheur d'un jeune pilier formé à l'École Toulonnaise, Christian Califano...

Le 13 octobre 1996, ouverture de la Boutique du RCT face au Stade Mayol (qui depuis a été transférée sous la Tribune Delangre). En janvier 1997, lancement officiel du "Brin de Muguet", site dédié au RCT (après une première mouture apparue en novembre 1996) avant que n'apparaisse en février de la même année le site officiel du Rugby Club Toulonnais.

L'histoire du RCTSaison 1997-1998 : le RCT connaît de nombreux départs assez mal compensés. Jean-Claude Ballatore est toujours Président mais Gilbert Doucet part à Grenoble et Alain Carbonel "claque la porte". Edmond Jorda, ancien 3/4 de l'U.S.A.P. et de Toulon, ancien entraîneur du R.C.Hyères des années '80 prend en charge l'Équipe I, secondé par Alex Dejardin. Le RCT ne parviendra pas à sortir de sa poule de Conférence Européenne... Jorda et Dejardin démissionnent en novembre. Jean-Claude Ballatore redescend sur le terrain et Roger Vigouroux accepte de redevenir président... mais pour finir la saison seulement (en fait, il restera président de l'Association durant la saison 98-99). Une saison bien médiocre qui verra le RCT finir 8ème de sa Poule (sur 10), place synonyme de relégation en A2. Sauf que la formule du Championnat '98-99 ayant évolué de 2*8 à 2*12, le RCT se trouve sauvé sur tapis vert...

Seuls les Reichel de Serge Luca et Patrice Blachère sauvent l'honneur du Club en remportant pour la deuxième année consécutive le doublé Championnat de France - Challenge des Provinces.

L'intersaison 1998-1999 est mouvementée avec le départ d'une douzaine de joueurs de l'Équipe I et des tergiversations autour, d'une part, le Président de la nouvelle entité le RCT SAOS qui aurait en charge le côté "professionnel" du Club et, d'autre part, les entraîneurs. Finalement, Jean-Claude Meiffret accepte de prendre les rênes de la SAOS et le duo des Reichel, Serge Luca et Patrice Blachère, est poussé sur le banc de l'Équipe I par le courant des Juniors. Cette équipe, amalgame de Reichel et d'anciens, en étonnera plus d'un et comblera d'aise les Supporters qui reviennent à Mayol grâce aux exploits des "Minots". S'étant qualifié pour le Top 16, le RCT rate d'un rien (un carton rouge) une place très largement méritée malgré la superbe victoire à Brive pour l'ultime levée de ce Championnat '98-'99. Une belle saison qui permettra à Guillaume Delmotte et Jean-Luc Aqua d'être appelés en Équipe de France.

A la recherche d'un sponsor de poids, le RCT parvient à attirer un homme d'affaires de Lyon, Jean-Luc Bertrand. Celui-ci deviendra Président de la SAOS, pendant que Jean-Pierre Etienne ravit la présidence de l'Association. Les agissements de certains ne permettant pas la conduite sereine de l'Équipe, le duo Luca et Blachère fait ses valises en novembre 1999 et c'est Manu Diaz et Philippe Sauton qui passent de la B à la l'Équipe I. La saison sera moyenne et Toulon finira 9ème de sa Poule.

De 2000 à nos jours

Hélas, si le Club a sauvé sa place en "Élite" sur le terrain, il n'est en pas de même dans les coulisses puisqu'en raison d'un déficit cumulé de 10 millions de Francs, la Ligue Nationale de Rugby décide la rétrogradation du Rugby Club Toulonnais en Deuxième Division le 24 juillet 2000.

Jérôme Gallion reprend le Club en main et mobilise autour de lui les énergies. De nombreux "Anciens" font leur retour (Philippe Coulais, Bruno Motteroz, Alain Guilbert, Alain Carbonel...) et l'Équipe I est confiée à un trio : Manu Diaz, Éric Dasalmartini et Michel Bonnus. Éric Melville devient Manager Général. L'objectif affiché est la remontée immédiate en Première Division ainsi que de résorber le déficit.

Malgré une belle saison, ponctuée de quelques grands moments rugbystiques, Toulon s'incline en Finale le 20 mai 2001 à Nîmes face à Montauban. 92 ans après, l'U.S.M. prive à nouveau le RCT d'un Titre...

La saison 2001-2002 s'avèrera sportivement décevante, le Club alternant le bon et l'exécrable. Résultat des courses : une modeste 6ème place qui conduit au départ de Manu Diaz et de Michel Bonnus qui sont remplacés par Philippe Sauton, Champion de France la même saison de Pro D2 avec Mont-de-Marsan.

Les résultats 2002-2003 ne seront guère meilleurs et le RCT finit 10ème en ne gagnant pas un seul match à l’extérieur

En coulisses, les choses changent puisque Jérôme Gallion cède sa place à Eric Champ, tandis qu'Aubin Hueber revient à Toulon comme entraîneur-joueur avec Thierry Louvet en charge des Avants.

L'histoire du RCTSi la saison 2003-2004 voit le Club finir à la 8ème place, la saison 2004-2005 voit le Rugby Club Toulonnais retrouver des couleurs et le 21 mai 2005, avec une victoire sur Tarbes 30 à 16, Toulon retrouve l’Elite du Rugby.

Le Rugby Club Toulonnais participe donc au Top 14.

Hélas, la vaillance Toulonnaise ne suffit pas. Après une difficile séparation d'avec le duo Louvet-Hueber en janvier 2006, c'est le Catalan Alain Teixidor qui arrive pour tenter de sauver la place du Club, aidé par Olivier Beaudon. Malgré tout, Toulon est rétrogradé, sportivement cette fois-ci, en Pro D2.

La fin de saison permet des avancées signficatives pour l'avenir du Club puisque la section professionnelle se transforme en SASP et deux hommes d'affaires Toulonnais, Mourad Boudjellal et Stéphane Lelièvre, investissent et prennent le contrôle de 51% de la Société avec pour objectif avoué la remontée immédiate en Top 14.

Dès leur arrivée, les co-présidents mettent en place une politique ambitieuse et recrutent au club de nombreux joueurs internationaux parmis lesquels Jean-Jacques Crenca, Yann Delaigue, Rob Henderson, Gonzalo Quesada. Le Président Mourad Boudjellal arrive même à convaincre la star du rugby mondial, Tana Umaga, de rejoindre le RCT. Le renouveau du club est en marche... Malheureusement, cette saison là, le RCT échoue aux portes de l'accession en s'inclinant en demi-finale de Pro D2. Ce n'est que partie remise... En 2007-2008, Stéphane Lelièvre prend du recul et Mourad Boudjellal devient seul Président du club. Le recrutement est extraordinaire ! George Gregan, Andrew Mehrtens, Anton Oliver, Victor Matfield, et bien d'autres joueurs internationaux sont convaincus par le projet de Mourad Boudjellal de faire remonter le RCT dans l'élite du rugby Français. Après avoir dominé la saison du début jusqu'à la fin, le RCT est sacré champion de France de Pro D2 pour la deuxième fois de son histoire. 

De retour en TOP 14, le RCT et son président ont l'ambition de s'installer dans l'élite et de glaner des titres à court ou moyen terme. Pour cela, de nombreux grands joueurs rejoignent Toulon. Parmi les arrivées, celle de la star du rugby à XIII, Sonny Bill Williams, provoque un réel tsunami médiatique en Australie. Le RCT réalise une saison correcte pour un retour en TOP 14 et termine à une convenable 9ème place assurant ainsi son maintien.

En 2009-2010, Philippe Saint-André est recruté pour diriger le secteur sportif. Mourad Boudjellal recrute également la star du rugby anglais, Jonny Wilkinson, les internationaux Argentins Felipe Contepomi et Juan Martin Fernandez Lobbe, l'international Français Sébastien Bruno et les anciens Toulonnais Laurent Emmanuelli et Pierre Mignoni. Auteurs d'une saison remarquable, les Toulonnais terminent deuxième de la phase régulière et s'inclinent en demi-finale du TOP 14 après prolongations 35-29 face au futur champion de France, l'ASM Clermont Auvergne. Cette même saison, le RCT dispute aussi la finale d'Amlin Challenge Cup dans un stade Vélodrome tout acquis à la cause Rouge & Noire. Malheureusement, le RCT s'incline 28-21 face aux Blues de Cardiff.

En 2010-2011, le RCT dispute la première H Cup de son histoire. Avec l'arrivée de George Smith, Paul Sackey, Carl Hayman ou encoe Rudy Wulf, Toulon parvient à se hisser en quart de finale de cette compétition en éliminant le Munster, les Ospreys, et les London Irish. Les Toulonnais seront finalement éliminés en quart de finale par Perpignan (29-25), disputé au Stade Olympique de Montjuic à Barcelone. En TOP 14, la saison sera plutôt décevante avec une modeste 8ème place.

Après le coup-d'envoi de la saison 2011-2012 réussi face à Biarritz, le RCT apprend que son Manager Philippe Saint-André quitte ses fonctions pour devenir sélectionneur du XV de France.Le Président Mourad Boudjellal se met donc à la recherche d'un nouveau Manager. Bernard Laporte est désigné et prend les commandes du Rugby Club Toulonnais.

Les résultats ne se font attendre même si les titres boudent le RCT en 2012. Le club dispute en effet deux finales mais les perd toutes les deux : en Challenge Européen, face au Biarritz Olympique le 18 mai 2012 (18-21) et en championnat trois semaines plus tard face au Stade Toulousain au stade de France (18-12).

Les Rouge et Noir, renforcés par les arrivées de joueurs de classe internationale comme Frédéric Michalak ou Chris Masoe, disputent encore deux finales lors de la saison 2012/2013. Ils remportent la H Cup en battant l'ASM Clermont Auvergne 16-15 le 18 mai à l'Aviva Stadium de Dublin.

Même s'ils échouent encore une fois en finale du championnat, battus pas une surprenante équipe castraise (19-14 au Stade de France le 1er juin 2013), les joueurs et leur staff sont accueillis comme des héros sur la rade à leur retour le dimanche 2 juin. Une fête méméorable avec près de 20 000 personnes dans les rues restera dans toutes les mémoires.

Un recrutement quatre étoiles est effectué à l'été 2013 afin d'aller chercher ce bouclier qui se fait tant désirer. Des joueurs comme Bryan Habana, Ali Williams, Martin Castrogiovanni ou encore Drew Mitchell s'engagent en faveur du RCT pour écrire, espérons-le, d'autres belles pages de l'histoire du Rugby Club Toulonnais.






Sources :
Gilles GAUTHEY, Edouard SEIDLER, "Le Rugby Français" Edité par les auteurs, 1961.
Henri GARCIA, "Les grandes équipes françaises de Rugby", Editions Famot, 1979.
Georges PASTRE, "Les volcans du dimanche", Editions Midi-Olympique / Rugby-France, 1969.
"Le livre d’or du RCT", Editions S.E.P., 1969
Marcel BODRERO, "Au soleil de Besagne", Editions Var Matin, 1989.
Jean-Claude GAUGAIN, "Jeux, gymnastique et sports dans le Var (1860-1940)", Editions L’Harmattan, 2000.
François DUBOISSET, "RugbyGuide", Editions De Vecchi, 2003.