Perpignan - Toulon

Perpignan

Perpignan

Essai(s)
50 - PLANTE
73 - FRESHWATER
Transformation(s) réussie(s)
51, 74 - PORICAL
Pénalité(s) réussie(s)
30, 39, 42, 42, 63, 69 - PORICAL
Carton(s) jaune
10 - VILACECA
35 - TCHALE-WATCHOU

29-25

mi-temps : 6-11

H Cup, Quart-de-Finale

samedi 09/04/11 - 16:30

Arbitre : M. Alain Rolland (Irlande) assisté de Peter Fitzgibbon et Dudley Phillips (Irlande)

Essai(s)
40 - SMITH
52 - VAN NIEKERK
80 - CIBRAY
Transformation(s) réussie(s)
53, 81 - WILKINSON
Pénalité(s) réussie(s)
4, 36 - WILKINSON
Carton(s) jaune
Toulon

Toulon

[USAP/RCT] Le rêve est passé.

[USAP/RCT] Le rêve est passé.

le 09/04/2011 à 17:16

Menant 11 à 6 à la pause, le RCT s'incline au final 25 à 29 à Barcelone en Quart-de-Finale de H Cup.

On avait écrit hier que ce match n'intéressait que le plus petit nombre à Barcelone.

C'était vrai mais la ferveur des petits représentants des Ecoles du Rugby Catalan (Barcelone, Santboiana, L'Hospitalet, Tarragone, Sitges...) qui effectuaient un tour de présentation sur le tartan de la piste qui vit Marie-Jo Perec couronnée lors des JO de 1992 faisait plaisir à voir.

Après ce défilé des futures forces vives de l'Ovalie Sang et Or, ce fut le festival de la Catalanité avec deux formations de Castellers (les impressionnants châteaux humains) et le chant de l'Estaca à 10 minutes de la rentrée de deux formations.

Dommage que la rentrée des Joueurs Toulonnais pour l'échauffement fut copieusement sifflée par les Supporters Catalans venus en voisin et 4 fois plus nombreux... Une belle bronca accompagna également la composition de Toulon... Une composition sifflée tout au long de la présentation des Joueurs sur l'écran géant du Stade Olympique.

Un petit moment de flottement eu lieu en tribune de presse lorsque la composition des Equipes fut distribuée : en effet, dans le XV de départ, figuraient Fabien Cibray à la mêlée et Gavin Henson en 1er centre, Mika Ivaldi et Carl Hayman étant notés en remplaçants...

Les Pom-Poms de l'USAP étaient en ligne pour assurer une haie d'honneur pour la rentrée des deux formations.

Dans les tribunes, on ne voyait que du Sang et Or, le plus important sera sur le terrain.

Et sur le terrain, ce sont les Toulonnais qui y rentrent les premiers sous la conduite du Capitaine Joe Van Niekerk sous une impressionnante bronca. Les Catalans craignent-ils tant les Toulonnais pour être aussi peu fair-play ?

Jonny Wilkinson donne le coup d'envoi. Porical dégage son camp et trouve une touche à l'intérieur de nos 40'. Premier lancer pour Séb' Bruno qui troue George Smith. On part au ras. Pierre Mignoni tape par-dessus le maul  mais un en-avant de Joe Van Niekerk sur la réception stoppe l'action (2e). du coup première mêlée jouée sur la ligne des 40'' de l'USAP. La mêlée catalane tangue mais sort le ballon qui file vers l'aile gauche. Le Catalan perd le ballon sur le placage et seconde mêlée sur la ligne médiane (3e).

Toulon obtient un bras cassé. Jonny va la tenter. Des 50'' en bord de touche droit, et sous les sifflets, l'Anglais déflore le planchot à la 4e !

Sur le renvoi, Tuilagi commet un en-avant digne d'un Cadet. L'USAP n'est pas sereine. A Toulon d'enfoncer le clou !

Pierre Mignoni ouvre sur Jonny qui trouve Geoffroy Messina qui est pris à 10''. Le Centre Toulonnais perd le ballon et les Catalans remontent jusqu'aux 40'' Varois (7e). Nouvelle mêlée, Tuilagi la sort sous pression et Cazenave tape direct en touche (peu évident toutefois). Seb' Bruno trouve Dean Schofield en premier sauteur et le maul s'organise. On tape par-dessus mais les Arlequins sont à la réception.

Porical signe un coup de pied qui vient mourir juste avant le poteau d'en-but... Touche lancer Toulon à 5'' de son en-but. Schofield est impeccable en courte et le maul Toulonnais avance. Un Catalan se met à la faute, en l'occurrence Vilaceca qui vient percuter Pierre Mignoni dans le maul. M. Rolland prend ses responsabilités et sort le jaune au 2nde ligne (10e).

Perpignan n'est vraiment pas à l'aise en ce début de partie comme en témoigne cette action qui débute par une touche pour Guirado dans ses 30'' côté droit et qui finit en touche côté gauche sur une passe mal assurée (14e).

Une combinaison entre Christian Loamanu et Gabi Lovobalavu dans les 30'' usapistes est stoppée par un en-avant du Fidjien bien pris au placage. Par contre, puissant ailier Japonais est touché sur l'action.

Une belle action sur l'aile droite finit dans les mains des Sang et Or qui peuvent se dégager (17e). Il ne manquerait pas grand'chose pour que la Citadelle catalane ne craque...

Dans la foulée, Gabi Lovobalavu perce sur 20'', repris, il retrouve Christian Loamanu mais il est pris et l'USAP se dégage une nouvelle fois (17e).

Guirado nous gratifie d'une « quatre saisons » sur un lancer dans nos 40'' et M. Rolland accorde une mêlée aux Toulonnais (19e) qui se ruent sous une chandelle de Wilko bien récupérée par Perpignan qui attaque. Grandclaude est pris à 40'' mais la défense varoise se met à la faute : pénalité face aux perches (20e).

Avec le soleil dans les yeux, Porical rate cette pénalité (21e).

Les Toulonnais sont à nouveau à l'attaque mais perdent une nouvelle fois le ballon. Rageant.

Les fautes de main se succèdent de part et d'autre. Un nouvel en-avant, une énième faute de main, vient stopper une percée Toulonnaise initiée par Joe Van Niekerk sur un ballon récupéré sur un lancer - raté - de Guirado (26e).

Dommage car l'USAP reprend un peu du poil de la bête et commence à se montrer quelque peu dangereux, notamment avec une nouvelle percée de Grandclaude (27e). Pour la première fois de la partie, Perpignan rentre dans nos 22''. Toulon fait bonne garde mais le rouleau compresseur catalan est en marche. Fort heureusement, Pierre Mignoni récupère le ballon et sauve la patrie en dégageant (29e).

Davit Kubriashvili a la mauvaise idée de se mettre à la faute sous le nez de l'arbitre assistant sur un maul : M. Rolland appelle le Géorgien et l'avertit. Bien entendu, il donne une pénalité à l'USAP des 30'' sur le bord droite (face à la Rade).

Cette fois, Porical ne rate pas l'occasion de ramener les deux formations à égalité (3 partout, 31e).

Toulon attaque, produit du jeu mais commet trop de fautes comme sur ce ballon conservé au sol par Jonny Wilkinson qui donne lieu à une nouvelle tentative de pénalité par Porical à 55'' légèrement à gauche des perches (33e).

Le ballon tombe dans les bras de Rory Lamont devant les perches.

Tchale-Watchou tente de décapiter George Smith et prend un jaune largement justifié (35e).

Du coup, Jonny va tenter la pénalité sur la ligne médiane face aux pagelles. L'Artilleur de La Rade passe la gonfle entre les perches et Toulon mène 6 à 3 à la 36e.

Réduits une nouvelle fois à 14, les Joueurs de Jacques Brunel ne baissent pas pour autant les bras et il faudra un placage autoritaire de Rory Lamont sur l'aile gauche pour stopper une action à l'entrée des 22'' (38e).

Mais les Varois sont trop indisciplinés : nouvelle faute dans un regroupement et nouvelle pénalité. On a le don de maintenir à flot une équipe que l'on doit enfoncer !

Des 35''à droite, Porical remet à nouveau les deux formations à égalité, 6 partout alors qu'il reste 1 minute à jouer dans cette première période.

Sur le renvoi, maul à 10'' de la ligne catalane. Cazenave sert Laharrague qui est contré par George Smith. Mister George marque en coin sur la sirène ! Excentré en bord de touche, Wilko ne transforme pas.

Les deux formations rentrent aux vestiaires sur ce score de 11 à 6 en faveur du RCT !

Cette première période a été favorable aux Toulonnais qui, toutefois, ont commis trop de fautes (notamment des en-avants) qui ont empêchés deux ou trois actions d'aller à dame. Les Varois se montrent également trop indisciplinés avec 4 pénalités tentées par Porical. Heureusement que le buteur catalan ne tourne qu'à 50% de réussite pour le moment...

Les deux formations revenaient dans les mêmes compositions sur le terrain.

Malgré leur infériorité numérique en tribune, mais galvanisés par le score, les Supporters Toulonnais se faisaient entendre.

Les Catalans ont du se faire remonter les bretelles dans les vestiaires car ils attaquent cette mi-temps pied au plancher. Ils récoltent d'ailleurs une pénalité à la 42e.

Des 50'', très légèrement à droite, Porical réduit le score : 11 à 9 pour le RCT (42e).

Candelon est à deux doigts de marquer sur une action de 40'' mais Christian Loamanu le stoppe (45e) et la passe est en-avant !

Perpignan presse et se retrouve une nouvelle fois en position de marquer. Mais, une nouvelle fois, la dernière passe est imprécise et finit en touche (47e).

Les Partenaires de Nicolas Mas ont le mors-aux-dents et entendent bien reprendre la mainmise sur le cours du match.

Laharrague tente un drop des 35'' face aux perches mais le ballon passe à droite (47e).

Gabi Lovobalavu tente une nouvelle percée en position d'ailier mais, pris, il tape à suivre (48e).

Le premier changement est pour Toulon avec la sortie de Séb' Bruno qui cède sa place à jean-Philippe Genevois (48e).

Perpignan trouve une jolie touche à 5'' de notre enbut, Rory Lamont étant battu par le rebond (50e).

Jean-Phi Genevois trouve Kris Chesney et Wilko dégage petitement.

Sur le lancer qui s'en suit, Guirado nous sert une « Royale » et Toulon récupère le ballon. Mais Wilko dévisse un peu (51e).

Le maul usapiste qui suit la touche avance et le ballon finit sur l'aile droite où Planté marque en coin. Toutefois, M. Rolland recourt à la vidéo. L'essai est validé et, pour la première fois de la partie, l'USAP passe devant au score (14 - 11, 51e).

Nouveaux changements au RCT avec les sorties de Rudy Wulf et Laurent Emmanuelli, remplacés par Paul Sackey et Saimone Taumoepeau (52e)

Sur le renvoi, le maul se forme. Pierre Mignoni sert Dean Schofield et qui perce et Joe Van Niekerk va marquer (16 - 16, 53e). Avec la transformation de Wilko, le RCT mène 18 à 16.

C'est un match fou puisque Gabi Lovobalavu reprend le ballon dans nos 30'' et remonte jusqu'aux 40'' adverses (56e).

Mais sur un nouveau renversement de situation, c'est Porical qui hérité d'une pénalité sur nos 40'' à gauche des perches : le ballon passe à gauche (59e).

A Toulon, Pierre Mignoni sort et Fabien Cibray rentre en n°9 tandis que Christophe Samson remplace Kris Chesney (59e).

C'est un jeu quelque peu débridé auquel nous assistons depuis quelques minutes avec des successions de turn-over.

Saimone Taumoepeau se met à la faute en tapant dans le ballon sur une sortie de maul... Pénalité pour l'USAP que va tenter Porical des 40'' en bord de touche droite (63e). Le buteur Catalan remet sa formation en tête (19 - 18).

Toulon est mis sous pression par l'USAP qui fait le forcing pour conserver ce maigre avantage.

Alors que Mélé tente un drop qui passe à côté, Felipe Contepomi rentre à la place de Geoffroy Messina (67e).

Le RCT est encore à la faute et offre une énième pénalité à Porical. Face aux perches et de 20'', l'arrière donne 4 points d'avance à l'USAP (22 - 18, 69e).

Il reste dix minutes à jouer à Montjuic et l'USAP a bien repris le cours du match en main. Toulon est trop indiscipliné et peine plus à contenir les Catalans.

Toulon est mis à la faute dans son en-but sur un ballon tapé par les Catalans. M. Rolland siffle une pénalité contre Rory Lamont qui garde la balle au sol (72e).

Joe Van Niekerk sort et c'est Joe El Abd qui rentre.

L'USAP a pris la mêlée. A 5'' de la ligne Toulonnaise, les 40.000 supporters Sang et Or donnent de la voix pour pousser avec son 8. Et Freshwater marque en force... La messe est dite, d'autant que Porical ne se prive pas de transformer et de porter le score à 29 - 18 (74e).

Pour la fin de partie, Damien Tussac rentre à la place de Davit Kubriashvili.

Rory Lamont tentera bien un baroud d'honneur à la 79e mais il sera repris à l'entrée des 22''. Malgré un nouveau relais de Gabi Lovobalavu, ce sera au final Fabien Cibray qui marquera l'essai de l'honneur (29 - 23, 80e). Wilko passe la transformation et Toulon meurt à 4 points (25 - 29).

Perpignan sauvera peut-être sa saison en H Cup. Quant à Toulon, on pourra légitimement nourrir des regrets, tant cette équipe Catalane semblait largement à sa portée. Mais en concrétisant pas ses temps forts, en commettant trop de fautes et en étant trop indisciplinés, les Varois ont remis l'USAP dans le sens de la marche.

Dommage. Mais le gâteau était si bon, on a tous hâte d'y regoûter.

JJG
Photo : Aurélie LANTUS

les Vidéos de Perpignan - Toulon

Joe Van Niekerk - Conférence de presse d'avant-match Perpignan-Toulon du 07.04.11 (H Cup)

Joe Van Niekerk

Conférence de presse d'avant-match Perpignan-Toulon du 07.04.11 (H Cup)

Pierre Mignoni - Conférence de presse d'avant-match Perpignan-Toulon du 07.04.11 (H Cup)

Pierre Mignoni

Conférence de presse d'avant-match Perpignan-Toulon du 07.04.11 (H Cup)

Philippe Saint-André & Aubin Hueber - Conférence de presse d'avant-match Perpignan-Toulon du 07.04.11 (H Cup)

Philippe Saint-André & Aubin Hueber

Conférence de presse d'avant-match Perpignan-Toulon du 07.04.11 (H Cup)

les Photos de Perpignan - Toulon

Joe Van Nierkek et Dean Schofield. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gabi Lovobalavu. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni et Laurent Emmanuelli. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Davit Kubriashvili, Sébastien Bruno et Laurent Emmanuelli. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Geoffroy Messina et Rudy Wulf. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk, Kris Chesney et Davit Kubriashvili. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson et Christian Loamanu. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gabi Lovobalavu et Pierre Mignoni. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Jonny Wilkinson. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith, Gabi Lovobalavu et Kris Chesney. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Dean Schofield. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Dean Schofield et Christian Loamanu. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Dean Schofield et Kris Chesney. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Saimone Taumoepeau et Rudy Wulf. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson et Dean Schofield. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Christophe Samson et Felipe Contepomi. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith, Felipe Contepomi et Paul Sackey. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus
Fabien Cibray, Paul Sackey, Gabi Lovobalavu et Christophe Samson. - Perpignan-Toulon -  © Aurélie Lantus

Var Matin

Ils sont tombés la tête haute.

Le 10/04/2011

«Honneur et fierté » sont les maîtres mots de cette rencontre au couteau entre deux formations du sud en quête d'Europe.

Dans l'écrin olympique aux couleurs « sang et or », chaque équipe avec sa flamme veut briller sans se brûler les ailes. Dans ce match sous pression, la tension est palpable. Perpignan a tout à perdre, Toulon beaucoup à gagner. D'entrée, les Catalans se montrent maladroits. Wilkinson ne se pose pas de question pour ouvrir le score des 50 mètres. Le seconde ligne Vilaceca aurait mieux fait, lui, de s'en poser avant de se montrer trop rugueux dans un ruck et rejoindre pendant dix minutes le banc pour y réfléchir. Dans l'épreuve de force, Toulon répond présent. C'est d'autant mieux qu'en touche Perpignan laisse des munitions. Mas et ses partenaires multiplient les pertes de balles.

La fébrilité semble chevillée à leur corps. Côté toulonnais, Van Niekerk, plus motivé que jamais, et ses hommes sont bien en place. Ils se montrent intraitables en défense. On le voit notamment à la demi-heure de jeu, où sur un temps fort de Catalans qui multiplient les enchaînements, les « rouge et noir » mettent les barbelés, et l'Usap finit par s'y piquer.

Neuf points offerts

Porical, qui doit se racheter après la défaite des siens face à Toulouse, signe un petit 50 % avec un 2 sur 4 qui fait bien les affaires varoises. Après que Lovobalavu eut percé plein champ sans conclure faute de soutien, on s'achemine vers une égalité parfaite lorsque, dans les tout derniers instants, Laharrague, sur un dégagement, se fait contrer par Smith qui en profite pour marquer. Toulon, sans mettre réellement Perpignan en danger, tourne en tête au terme d'un scénario idéal. C'est bien. Mais à cet instant, on se dit que le RCT n'a pas su enfoncer le clou en jouant par deux fois en supériorité numérique. Il va le payer au prix fort en seconde période.

Au retour sur le terrain, la furia perpignanaise rugit de nouveau, mais cette fois dans le bon ordre. Sur un regroupement, Toulon donne trois points à Porical. Ce ne seront pas, hélas, les seuls. Au total, c'est un minimum de neuf points qui sont ainsi offerts. A ce niveau, de tels cadeaux ont de quoi inquiéter.

A présent, l'Usap a la main sur le ballon. De plus, leur jeu au pied est de qualité et Planté, après que toute la ligne de trois quarts eut touché le ballon, marque en coin.

Manque de puissance

Van Niekerk, sur une superbe charge de Schofield, réplique aussitôt. Mais Freshwater en remet une couche en force. Les Toulonnais n'y sont plus vraiment. A l'impact ou sur les plaquages, ça manque, sinon d'envie, au moins de puissance. L'expérience collective des hommes de Brunel fait le reste.

Cibray, en toute fin de rencontre, alors que Toulon accuse un retard de onze points, donne à cette élimination un peu moins de lourdeur en se glissant derrière la ligne. Trop tard, le mal est fait. Toulon déchante et l'Usap, soutenue par tout le peuple de Catalogne, peut chanter. Maintenant, Le RCT n'a plus de choix. Place au championnat où là, tout reste possible.

Paul MASSABO

Var Matin

L'Europe s'arrête à Barcelone

Le 10/04/2011

Ce quart de finale porteur de tous les espoirs s'est soldé par une défaite contre l'Usap, hier après-midi au stade de Montjuïc, 29-25.

Voilà, c'est fini ! L'aventure européenne du RC Toulon s'est achevée hier en Catalogne. L'Usap, malgré bien des hésitations, voulait trop sa victoire pour la laisser filer et le RCT a sans doute un peu pêché par manque d'ambition et de réalisme en première mi-temps. Mais au-delà d'une légitime déception - car « on ne joue jamais une telle rencontre pour la perdre », rappelait le maire de Toulon, Hubert Falco -, nous retiendrons surtout, les promesses nées de cette nouvelle épopée. Finaliste du Challenge européen l'an dernier, quart de finaliste de la coupe « aux grandes oreilles » cette année, le RCT poursuit son apprentissage du haut niveau et sa marche en avant.

Les Toulonnais n'ont pas à rougir

Survivant d'une poule qualificative « de muerte » à l'issue d'exploits à répétition, il n'a pas pu organiser son quart de finale à la maison, ce qui s'est sans doute avéré décisif malgré le soutien exceptionnel de 10 000 supporters varois à Barcelone. Hier, l'Usap n'était pas en forme olympique et a longtemps paru bonne à prendre. Mais le contexte et le décorum, carrément grandiose, l'a forcément poussé dans les nombreux moments où le RCT a réussi à la faire douter. À la sortie, Perpignan a obtenu son billet pour les demies mais l'on peut douter que son opération séduction ait vraiment réussi au pays du ballon rond.

Car le choc des Sudistes, longtemps cadenassé par le RCT, n'a jamais atteint des sommets et s'est sans doute même terminé sur un petit sentiment d'inachevé pour les Catalans qui n'ont jamais été à la fête espérée... Toulon n'était, il est vrai, pas venu pour assurer le spectacle et la promotion du rugby en Catalogne... Au final, les « rouge et noir » peuvent être déçus mais ils n'ont surtout pas à rougir de leur prestation. Ils ont quitté la pelouse tête haute, s'offrant même un petit lot de consolation en inscrivant un troisième essai pour l'honneur, comme pour crier qu'ils sont toujours vivants et qu'ils reviendront. On les attend ! N'est-ce pas que le début du printemps ?

Philippe BERSIA

Var Matin

Mourad Boudjellal fier de ses joueurs

Le 10/04/2011

Le président toulonnais, au tempérament méditerranéen bien trempé, a tenu dans l’intimité des vestiaires à adresser des excuses à ses joueurs. « J’ai eu des propos très durs à leur encontre ces temps derniers. Or, depuis deux matches, ils ne le méritent pas. Ce soir, je suis fier de mes joueurs. » Avant d’inviter Perpignan, non sans humour ni arrière-pensées, à ne pas courir deux lièvres à la fois (le RCT affronte l’Usap dans quinze jours en Top 14).

Et le patron du RCT de revenir sur le match : « Ça s’est joué pour partie sur l’expérience. Ceci étant, j’échangerai bien des cartons jaunes contre des pénalités. »

Fair-play et heureux d’avoir participé à ce très grand événement – « beau public, bel adversaire, stade magnifique » –, il ajoutait : « Je voudrais féliciter Perpignan qui a bien su gérer cette rencontre, tout particulièrement en seconde période. Les Catalans peuvent aller très loin dans cette compétition. Il mérite de la gagner. »

« Un mal pour un bien »

Et de regretter : « Pour notre part, on n’a pas su tuer le match quand il l’aurait fallu. Maintenant, une fois la déception passée, il fait se dire que cette défaite peut être un mal pour un bien. On va désormais se recentrer sur notre objectif premier. Il ne nous reste plus que le Top 14. On affrontera Toulouse à Marseille samedi, avant de rencontrer Perpignan à Mayol. Cet échec est dû à notre début de saison catastrophique.

Depuis, on n’a jamais pu se reposer psychologiquement. Le fait de n’avoir aucun historique dans cette compétition européenne ne nous a pas facilité les choses. Grâce à notre parcours, nous allons monter dans la hiérarchie et bénéficier d’un meilleur chapeau. Cette élimination n’a rien de dramatique, nous avons vécu une belle expérience collective. Et surtout, n’oublions pas que nous sommes encore en course pour les qualifications et qu’on vise toujours un quart de finale à Mayol. »

La Provence

Il y avait la place...

Le 10/04/2011

Sorti de la H-Cup par Perpignan, Toulon n'a pas su exploiter de franches opportunités avant la pause.

Mains sur les hanches, chasuble jaune du remplaçant tout juste jetée sur une épaule, le regard perdu, Pierre Mignoni, debout le long de la touche, vient de comprendre. À un peu plus d'un mois de la fin de sa carrière, le demi de mêlée du RC Toulonnais, 34 ans, sait qu'il ne disputera jamais de demi-finale de HCup. Là-bas, dans l'en-but varois, le pilier de l'Usap, Perry Freshwater, vient d'inscrire le second essai perpignanais de l'après-midi. Celui de l'envol catalan. Celui de la fin pour le RCT.

Qualifiés inattendus pour ces quarts, après avoir laissé sur la route des caïds comme le Munster, les Ospreys et les London Irish en phase de poule, Mignoni et les Toulonnais ont buté sur le vice-champion de France, hier, dans un stade Lluis-Companys transformé en temple de la catalanité. Ils auraient pourtant pu sortir de ces lieux en brisant le rêve de dizaines de milliers de supporters usapistes.

La ferveur de ces inconditionnels enveloppés de sang et d'or s'est même éteinte au coeur d'une partie longtemps contrôlée par la formation provençale. Mais elle a fini, au contraire, par redoubler d'intensité au fur et à mesure que leur équipe prenait le dessus sur des Toulonnais qui, en plus d'être maladroits et en manque de réalisme, n'y ont peut-être pas assez cru, tout simplement. Personne ne les accable cependant. Surtout pas leur président qui s'est même excusé auprès de ses joueurs dans l'intimité du vestiaire, juste après la rencontre.

"Ces derniers temps, j'ai eu des propos durs à leur encontre et sur ce que je vois depuis quelques matches, ils ne le méritent vraiment pas, a confié Mourad Boudjellal en quittant son groupe. Sur ce quart de finale, je suis même fier d'eux. Ils ont fait honneur au maillot." Mais cela n'a pas suffi pour aller plus loin dans cette HCup. Le RCT avait néanmoins commencé par respecter les principes essentiels pour y arriver. Durant la semaine, le staff avait ainsi mis l'accent sur la conquête en se référant aux performances usapistes dans ce domaine. Ses consignes ont d'abord fait mouche.

Mis sous pression d'emblée, Perpignan n'est, alors, jamais réellement parvenu à se défaire de l'emprise adverse et a perdu les pédales à l'instar de Vilaceca et de Tuilagi, sanctionnés tous deux d'un carton jaune pour avoir commis des fautes grossières qui témoignaient d'une vraie impuissance. "On s'est nourri de leurs erreurs", dira plus tard Geoffroy Messina. Cette fébrilité fut particulièrement effective sur le dégagement de Laharrague contré par Smith, juste avant la pause. À ce moment-là, Toulon, sans rayonner mais en étant agressif en défense, maîtrisait les débats dans leur ensemble.

Pas assez cependant pour conquérir toute la Catalogne. "Une équipe de très haut niveau, ça se fabrique (sic) sur plusieurs années, a expliqué Philippe Saint-André. On dispose de joueurs d'expérience, mais il nous manque encore de la maturité collective. On n'a ainsi pas réussi à 'tuer' le match et puis on a concédé bêtement quatre pénalités. Même en première mi-temps, on a fait beaucoup trop de fautes de main sur des ballons de récupération et quand on a voulu mettre de la vitesse, on a perdu de nouveau la balle."

L'Usap allait même la confisquer au cours d'une seconde période souvent à sens unique. "Notre adversaire est revenu avec un plus gros appétit et il nous a baladés au pied, a relevé Messina. Il n'y a rien à dire, même si, c'est sûr, il y avait la place."

En cette fin d'après-midi catalane, le trois-quarts centre du RCT, torse nu, sera ensuite resté longtemps assis, isolé et prostré, dans les entrailles du stade olympique. Il faudra pourtant se relever pour aller arracher maintenant un billet qualificatif pour les phases finales du Top 14 et un nouveau sésame en HCup. Ce sera sans doute la seule manière d'oublier la frustration de Montjuic.

Laurent BLANCHARD

La Dépêche du Midi

Perpignan: un passage au stand et ça repart.

Le 10/04/2011

Le résumé
Une première période à 6/20 entre des Perpignanais contractés, nerveux, dans le droit fil de leur prestation du vendredi précédent face au Stade Toulousain, accumulant erreurs, fautes, imprécisions, évoluant un quart d'heure en infériorité numérique, encaissant un essai en contre sur la dernière action (de véritables comportes à vendanges a lancé un ancien !) et des Toulonnais en prise comme en maîtrise mais bafouillant de bons ballons et incapables d'accélérer le rythme. Le passage aux vestiaires transforma les Catalans, les ramena à leur terre ainsi qu'à leur devoir, à leur mission « nationale ». Et ce fut la métamorphose des comportes… Candelon montra la voie, Nicolas Laharrague toucha le ciel après avoir pataugé en enfer (le contre !), les avants empaquetèrent leurs vis à vis, l'équipe enclencha la marche avant, prit le score en main (16-11), conserva boussole et sang-froid à 16-18 avant de porter l'estocade à sept minutes de la fin grâce à un double « encornage » Guirado (sur Contepomi)-Freshwater (Wilkinson) : 29-18.

L'analyse
Si les « sang et or » ont rassuré leurs supporters en montrant qu'ils n'avaient pas tout oublié en quinze jours, de leur maîtrise émotionnelle et tactique notamment, en renversant magistralement la vapeur, les Varois, longtemps pertinents dans leurs choix stratégiques en première période, ont encore touché à leurs limites : le manque d'efficacité d'un jeu plutôt généreux mais souvent approximatif, dont l'ambition paraît mal assumée, des axes forts insuffisamment affirmés et un leadership flou. Nous reposons la question sacrilège, désolé : Contepomi n'est-il pas le meilleur ouvreur de cette équipe compte tenu des « jambes » qui trépignent derrière ?

L'essai
Le premier des Catalans. Lumineux. Comme dans un rêve. 52e : ballon capté en touche puis porté, libération impeccable, passe sur un pas de Mas, courte pénétration et transmission au cordeau de Cazenave, acheminement parfait jusqu'à Planté et débordement gagnant de celui-ci : 16-11

Les hommes
Côté vainqueurs, l'adresse dans le jeu aérien, la sûreté technique et les appuis sous la pression de Chouly ont compté, tout comme les coups de boutoir de Tuilagi qui, en outre, a eu le bon goût de penser au jeu après lui. À noter encore l'ardeur de Guirado, le début de seconde mi-temps déterminant de Laharrague, la fiabilité des ailiers Candelon-Planté et l'entrée choc de Hume. En face, Smith fut, une nouvelle fois, l'homme indispensable en sa qualité de défenseur-récupérateur-déménageur et Schofield le meilleur deuxième ligne de l'après-midi. Van Niekerk et Lovobalavu ont lancé quelques flammes…

Et maintenant
Avant de disputer leur demi-finale de H-Cup à Northampton ou en Ulster, le 30 avril ou le 1er mai, les Catalans vont peut-être jouer la qualification en Top14 à… Toulon le 23 avril. Amusant non ?

J.-P. OYARSABAL

L'Indépendant de Perpignan

Un Hume olympique

Le 10/04/2011

Bien le bonjour de Gavin Hume qui hier "avait très envie de rentrer sur le terrain !». Une envie dont le centre toulonnais Lovobalavu a fait les frais. Gavin s'est engouffré dans son quart de finale de H-Cup à la Hume, à la hussarde, avec fracas. Il s'est installé dans son premier match depuis plus d'un mois (sa dernière apparition
remontait au 5 mars, lors du succès au Stade Français 21-9, le 5 mars en Top 14, ndlr) par un de ces tampons qui ont fait sa renommée. Du Gavin dans le texte et surtout le cortex de Lovobalavu. "C'est Gavin, c'est ce qui fait sa force. Ce tampon a fait du bien, car on est reparti dans leur camp et cela nous a soulagés", remercie Jérôme Porical.

A peine déboulé en jeu, en remplacement de Jean-Philippe Grandclaude (59e), le Sud-Africain a "tatoué" son adversaire. Son plaquage offensif, qui a soulevé l'admiration du peuple de Montjuïc, a désintégré le centre toulonnais, pourtant tanké. "J'ai vu que Wilkinson parlait avec Lovobalavu. Il n'y avait pas beaucoup d'option, soit il gardait la balle ou il la donnait. Et ça a fini comme ça...», se marre Gavin cueilli après la douche sur la piste d'athlétisme du stade de Montjuïc.

«Il fallait que quelqu'un prenne les devants»


"J'ai senti que les Toulonnais étaient en confiance. Je savais que la pression défensive pouvait faire basculer le match. Il fallait que quelqu'un prenne les devants, pour que tout le monde suive", ajoute-t-il. Et Gavin Hume a montré l'exemple alors que l'USAP menait 19-18. Son caramel a eu un vrai impact sur son équipe, comme son entrée et plus globalement celle du banc catalan (lire par ailleurs). Il a sonné la charge, entraînant ses partenaires dans son sillage et l'avancée. "Lovobalavu est un joueur qui tente toujours de casser la ligne. J'ai eu aussi un peu de chance, j'avais le timing parfait pour le choper avec le ballon", décortique le centre repassé à l'ouverture à la sortie de Laharrague (70e).

Dans ce registre de n°10, Hume a également pesé. C'est justement parce que l'USAP a réussi à jouer dans le camp varois en seconde période que la différence s'est faite. Une nécessité pointée à la mi-temps. "Collectivement, on avait décidé de rester dans leur camp et de ne pas se mettre sous pression comme en première période. On s'est dit dans les vestiaires qu'il fallait vraiment occuper au pied", explique le "Sud'Af".

"Gavin a fait une rentrée satisfaisante dans l'occupation du terrain et la pression qu'il a mis sur Toulon. Il a amené ce qu'on attendait de lui. On a eu encore plus de précision, notamment dans la gestion au pied. Nous sommes sans arrêt revenus mettre la pression dans le camp toulonnais", analyse Jacques Brunel.

Après seulement huit matches de Top 14 cette saison et trois de H-Cup depuis hier, Gavin Hume, handicapé par des blessures successives à l'orteil, l'épaule et une déchirure aux ischio-jambiers, revient au bon moment. Celui d'une fin de saison haletante, comme la demi-finale de Coupe d'Europe à venir contre les Anglais de Northampton ou les Irlandais de l'Ulster, qui s'affrontent cet après-midi. "C'était magnifique et vraiment une belle journée", savoure-t-il. Belle comme le soleil de Hume éparpillant Lovobalavu façon puzzle...

L'Indépendant de Perpignan

C'est fait !

Le 10/04/2011

Les supporters nord-catalans auront eu un temps magnifique à Barcelone. Les conditions idéales pour un match dans le mythique stade du Montjuïc transformé en mont Olympe pour Perpignan... Et c'est fait. L'USAP s'est qualifiée pour les demi-finales de la Coupe d'Europe de rugby en battant Toulon 29 à 25  en quart de finale samedi au stade Olympique ! Après une première mi-temps tendue (6-11) l'USAP a fait parler sa piuissance pour s'imposer "à domicile".

En demi-finale, le 30 avril ou le 1er mai, les Catalans se déplaceront chez le vainqueur du quart de finale entre
les Anglais de Northampton et les Irlandais de l'Ulster, dimanche à Milton Keynes. Perpignan visera alors la deuxième finale de son histoire après celle de 2003 perdue face au Stade Toulousain. L'Usap n'avait plus atteint le dernier carré européen depuis cette date. Les Toulonnais sortent de la Coupe d'Europe par la grande porte après avoir atteint les quarts de finale dès leur première participation et éliminé en poule les Irlandais du Munster.

Toulon menait 11 à 6 à la pause face à des Catalans crispés et brouillons. Les buteurs Jonny Wilkinson et Jérôme Porical avaient animé la première période en réussissant chacun deux pénalités avant l'essai du 3e ligne varois George Smith, après avoir contré un dégagement de Nicolas Laharrague. Porical ajoutait une pénalité après la reprise et les Catalans prenaient l'avantage grâce à un essai de l'ailier Adrien Planté, transformé par son buteur. Mais dès le renvoi, Toulon douchait l'enthousiasme catalan avec un essai entre les poteaux du capitaine toulonnais Joe Van Niekerk, transformé par Wilkinson (16-18, 53). Porical profitait de l'indiscipline toulonnaise pour ajouter deux pénalités avant l'essai libérateur du pilier Perry Freshwater, transformé par son arrière. Les Toulonnais se battaient jusqu'au bout et ajoutaient un essai dans les ultimes secondes par Fabien Cibray, transformé par Wilkinson

L'Indépendant de Perpignan

Jacques Brunel : L « On ne lâchera rien »

Le 10/04/2011

L'USAP ne lâchera pas le Top 14 pour privilégié la H-Cup dont elle vient d'intégrer le dernier carré. Confidences de Jacques Brunel à la sortie du match contre Toulon.

Jacques, comment avez-vous vécu cette rencontre ?
On ne l'a pas bien vécue. On a essayé de se sortir du contexte, pour ne pas le subir et faire abstraction de cette fête. Mais indéniablement, tout ça a pesé. On a fait preuve de fébrilité. Cependant, on a le mérite d'avoir endigué cette impatience que l'on avait. On a réussi à construire pour mettre les Toulonnais en danger.

A la mi-temps, que s'est-il dit dans les vestiaires pour provoquer un tel revirement de situation ?
On savait qu'on entamerait la deuxième mi-temps à 14 pendant 5 minutes (carton jaune de Tchale-Watchou, 35e). On avait 5 points de retard, il ne fallait surtout pas en prendre d'autres et ne pas s'affoler. Les Toulonnais ne nous ont jamais réellement mis en difficulté, du coup, on a rapidement inscrit une pénalité pour revenir très près au score. On a su renverser le scénario mais pas complètement puisqu'après avoir inscrit un essai superbe, après une touche, un groupé pénétrant, de la vitesse et toute la ligne de trois-quarts qui a touché le ballon, les Toulonnais sont repassés devant dès le coup d'envoi suivant. C'est à l'image de la saison. On fait preuve d'inconstance, on sort un peu des matches. Mais on est revenu et on a renversé la vapeur. Ce qui me fait dire que cette équipe a du caractère. On a su le montrer aujourd'hui (ndlr, hier), comme depuis quelque temps, même dans la difficulté.

Cette équipe de l'USAP ressemble étrangement à l'équipe championne de France en 2009...
On s'inscrit dans la lignée de ce qu'on a réalisé, avec les mêmes caractéristiques. Cette année est peut-être plus paradoxale. En championnat, on est en poursuite, en galère, mais on est capable d'aller faire 6 ou 7 résultats à l'extérieur et de renverser des situations. On est peut-être moins constant qu'en 2009, mais on est capable de faire aussi bien.

Qu'avez-vous pensé du stade de Montjuïc ?
C'était magnifique. Des couleurs superbes. Réunir autant de Catalans dans un stade, ça ne s'était jamais produit. Le public a joué son rôle et a poussé notre équipe.

La qualification pour les demi-finales acquise, allez-vous vous concentrer vos efforts sur cette compétition et lâcher le Top 14 ?
Si je dis qu'on a du caractère, c'est qu'on veut aussi le montrer en championnat. On a un parcours très compliqué. Le prochain rendez-vous, c'est le Racing-Métro (samedi), une équipe avec la qualité qu'on lui connaît. Si on gagne, on est toujours en course et il faudra revenir à Toulon dans quinze jours pour y chercher un résultat. Une chose est sûre, on ne lâchera pas.

Pensez-vous avoir l'effectif suffisant pour jouer sur les deux tableaux ?
Le mois d'avril nous le dira. On a connu des fluctuations d'effectif tout au long de la saison, ça a un peu pesé. Mais je crois qu'on va tenir, qu'on va s'en sortir. Aujourd'hui (ndlr, hier), il nous manquait quatre joueurs entre la deuxième et la troisième ligne. Ça veut dire qu'on ne peut pas faire tourner, qu'on doit s'appuyer sur ceux qui sont là. Mais malgré ça, on arrive à gérer des périodes délicates et à renverser les obstacles qui se mettent sur notre route. On a rentré deux centres pour ce quart de finale (Grandclaude, Hume), Le Corvec nous rejoindra pour le match de Toulon. Trois joueurs qui vont apporter un plus dans ce mois d'avril très périlleux.

Rugbyrama

Toulon: le rêve est passé

Le 09/04/2011

Toulon n'accédera pas au dernier carré de la Coupe d'Europe pour sa première participation à cette compétition prestigieuse. Un coup d'essai qui aurait pu devenir un coup de maître si les Toulonnais avaient su profiter de leurs opportunités notamment lors de deux supériorités numériques.

Vingt minutes de supériorité numérique auraient dû permettre à Toulon de se hisser en demi-finale de la Coupe d'Europe. Les deux cartons jaunes reçus par Guillaume Vilaceca (9e) et Robins Tchale Watchou (34e) auraient dû sonner le glas d'une formation catalane hésitante pendant la première mi-temps. Mais l'invraisemblable s'est produit, déjouant toutes les statistiques qui ont démontré que dix points sont encaissés par la formation victime d'un carton jaune. En vingt minutes, Perpignan aurait donc du compter vingt points de retard. Il n'en a rien été. "Lorsque nous avons été à quinze contre quatorze, nous n'avons pas su mettre plus de vitesse dans notre jeu pour les mettre en danger", regrettait Philippe Saint-André, conscient que ses joueurs n'avaient pas su négocier ce virage, dont le bénéfice s'est limité à deux points (Un essai de Smith, une pénalité de Wilkinson contre deux pénalités de Porical).

Des fautes offensives

Un manque d'efficacité qui peut s'expliquer par une succession de fautes offensives. Les pénalités se sont enchaîné à une vitesse démoniaque. Fautifs à six reprises pendant le premier acte, les hommes de Joe Van Niekerk ont été pénalisés cinq fois alors qu'ils tenaient le ballon. "Je suis content de mes joueurs", prévenait pourtant Saint-André, "même s'ils donnent quatre pénalités vraiment bêtes aux Catalans." Pour le reste des coups de sifflet de l'Irlandais Alain Rolland, le manager varois n'a pas caché sa surprise : "Il faut féliciter Perpignan qui n'a pas été pénalisé entre la 35e minute et la 77e minute." Lors du décompte final, le rapport est cruel pour le RCT pénalisé quasiment quatre fois plus que l'Usap.

L'inexpérience de la phase finale de la Coupe d'Europe a forcément pesé pour tenter de comprendre un tel écart. "Une équipe de très haut niveau se construit sur plusieurs années et nous avons manqué d'expérience sur cette rencontre", analysait l'ancien entraîneur de Sale, conscient que cette première saison européenne aura forcément des retombées positives dans les années à venir.

Nicolas AUGOT

Rugby365.fr

L'USAP s'est arrachée

Le 09/04/2011

Le jeu
Les Perpignanais avaient gagné un premier pari avant la rencontre : celui de remplir le stade Montjuic (55 000 places). Restait peut-être le plus dur : venir à bout de Toulon, pour que la fête soit complète en Catalogne. C'est donc chose faite après un superbe quart de finale, plein de suspense jusqu'à quelques minutes de la fin. Mal en point en Top 14, l'USAP a réalisé une performance exceptionnelle en deuxième période. Avec du jeu et malgré une belle résistance toulonnaise, les coéquipiers de Nicolas Mas se sont sortis des griffes varoises d'une très belle manière. Après deux cartons jaunes à l'encontre de leurs deuxième-ligne, les Catalans ont fait preuve de plus de discipline dans le second acte pour renverser leur adversaire. Les Toulonnais, eux, s'étaient avancés sans pression. Mais cette élimination en quart de finale reste une déception énorme pour les hommes de Philippe Saint-André, qui avaient terminé premier d'une poule très relevée. Le RCT va désormais devoir se replonger dans le championnat, puisque leur qualification en barrages est loin d'être acquise. Quoi de mieux que la réception du Stade Toulousain, samedi prochain, pour repartir de l'avant ?

Les Perpignanais
En touche, Guilhem GUIRADO a eu quelques difficultés à trouver ses sauteurs sur les lancers. Le contre toulonnais n'est pas pour rien dans les difficultés du talonneur. Mais l'international français, solide en mêlée, a largement compensé en deuxième période avec de belles charges. Guillaume VILACECA et Robins TCHALE-WATCHOU ont été présents au combat. Un peu trop peut-être, puisque les deux deuxième-ligne ont chacun écopé d'un carton jaune en première période. Entré en cours de jeu, Perry FRESHWATER a parachevé la bonne prestation de son équipe avec un essai inscrit en force. Derrière, Jérôme PORICAL, auteur d'un 6/9 dans les tirs au but, a réalisé une bonne performance. Jean-Philippe GRANDCLAUDE a tenté de créer des brèches dans l'épais premier rideau varois. Mais c'est Adrien PLANTE qui fut le seul a trouver la faille au large sur le premier essai de son équipe.

Les Toulonnais
Comme souvent, Joe VAN NIEKERK a su montrer l'exemple. Impérial sur les plaquages et dans le combat au sol, le capitaine varois fut très disponible en attaque, comme en témoigne son bel essai marqué en début de deuxième mi-temps. Son compère de la troisième-ligne George SMITH a lui aussi abattu un boulot monstre. Une belle partition conclue par un essai en toute fin de première période. Le talonneur Sébastien BRUNO a également réalisé une bonne performance. Sa précision en touche fut précieuse. Derrière, les bons ballons ont été rares. Gabriele LOVOBALAVU a bien essayé de faire la différence, mais souvent sans succès. Pour son premier quart de finale de H Cup, Jonny WILKINSON, auteur d'un 4/6 au pied, a tenu son rang. En défense, avec quelques plaquages tranchants, et en attaque, avec beaucoup de disponibilité. A la mêlée, Pierre MIGNONI a bien su alterner le jeu. Mais son expérience n'a pas suffi pour renverser la montagne catalane…

Laurent BEDOUT

Sport 24

Viva Perpignan !

Le 09/04/2011

Paralysé durant 40 minutes, Perpignan a mis les bouchées doubles après la pause pour écarter Toulon (29-25) à l’occasion d’un quart de finale de H Cup intense à Barcelone. Les Catalans affronteront les Saints, vainqueurs de l'Ulster (23-13) dimanche.

La ola, les drapeaux sang et or qui volent au vent, un public catalan en transe, le stade olympique  de Montjuich a vibré aux exploits de Perpignan samedi après-midi. Venu accueillir Toulon en terre barcelonaise, l’USAP a réussi son pari, non sans s’être procuré quelques frayeurs : pour la 3e fois de son histoire, le club arlequin disputera les demi-finales de la H Cup.

Une première période à l’envers

Le contexte, le soutien du peuple catalan, l’enjeu, tout cela finalement produisait l’effet contraire espéré par les locaux dans une première période on ne peut plus brouillonne. «On attendait ça depuis dix ans, c’est ce qui a fait qu’on a fat une mauvaise période», concédait après le match le capitaine Nicolas Mas. Des fautes de main en pagaille, deux cartons jaunes. Envahis par la nervosité, les Perpignanais manquaient leur rendez-vous. Et si Porical répliquait par deux fois (32e, 39e) à Wilkinson (5e, 36e), Smith se chargeait d’assener le coup de poignard avant la pause, en contrant le coup de pied de dégagement de Laharrague (6-11, 40e). Perpignan évoluait alors pour la deuxième fois à 14 suite au carton jaune reçu par Tchale-Watchou (35e), qui faisait suite à celui de Vilaceca (11e). Une débauche d’efforts supplémentaires, un stress insurmontable, l’USAP se dirigeait tout droit vers une immense déception.

Perpignan se lâche

Les hommes de Jacques Brunel balayaient tout ça en se lâchant totalement à la reprise. Candelon (45e) et Guiry (46e) présentaient les escarmouches qui trouvaient une suite logique en l’essai de Planté (16-11, 53e). Transfigurés, galvanisés, les Catalans n’avaient pas le temps de savourer puisque Van Niekerk rétorquait sur le coup d’envoi (16-18, 56e). Malgré tout, l’envie et l’élan étaient catalans, en même temps que le match prenait une vraie dimension européenne. «Bravo à Perpignan qui n’a pas été pénalisé de la 33e à la 72e minute. Dommage, on n’a pas assez marqué à 15 contre 14», regrettait après coup Philippe Saint-André. Porical redonnait d'abord l’avantage aux siens avec deux nouvelles pénalités (64e, 70e) puis Freshwater sanctionnait cette domination avec un essai en force (29-18, 73e) dans un stade Montjuich en fusion. La réponse tardive de Cibray dans les dernières secondes ne relevait plus que de l’anecdote (29-25, 80e). «C’est une énorme joie pour tout ce peuple catalan qui nous suite depuis des années. On se devait de gagner», avoue Nicolas Mas. La suite de l’aventure se passera par l'Angleterre et un déplacement sur la pelouse de Northampton, tombeur des Irlandais de l'Ulster (23-13) dimanche.

Florian EGLY

Les actus du match