Montpellier - Toulon

Montpellier

Montpellier

Essai(s)
4 - BUSTOS MOYANO
54 - NAGUSA
73 - TRINH-DUC
Transformation(s) réussie(s)
5, 55, 73 - BUSTOS MOYANO
Pénalité(s) réussie(s)
40, 70 - BUSTOS MOYANO

27-3

mi-temps : 10-3

Top 14, 26ème journée

samedi 07/05/11 - 16:25

Arbitre : Jérôme Garcès (Béarn) assisté de Laurent Cardona et Patrick Dellac.

Spectateurs : 15.000

Essai(s)
Transformation(s) réussie(s)
Pénalité(s) réussie(s)
9 - WILKINSON
Toulon

Toulon

[MHR/RCT] Galthié gardera son scooter...

[MHR/RCT] Galthié gardera son scooter...

le 07/05/2011 à 17:13

Montpellier en voulait sans doute plus que les Toulonnais et s'imposent sur leur pelouse. Le RCT dit au revoir aux phases finales...

Le Stade Yves-du-Manoir affichait complet depuis une dizaine de jours pour ce choc entre Méditerranéens.

A l'époque où la suprématie du bassin se traitait entre Bittérois et Toulonnais, entre Narbonnais et Niçois, Montpellier végétait dans les profondeurs du Championnat amateur d'alors.

Et depuis près d'une décennie, Montpellier a fait son chemin et joue dans la cour des Grands.

Toulon a connu des fortunes diverses et a croisé à plusieurs reprises la route des Héraultais, que ce soit en Pro D2 ou dans le TOP 14 Orange.

Mais jamais une rencontre entre les deux formations n'avait revêtue une telle importance.

La sentence prêtée à Brennus, le Chef Gaulois, « vae victis » (malheur au vaincu) illustre à merveille l'avant-match.

L'heure n'est plus trop aux calculs. Pour ne pas partir en vacances dès ce soir, la victoire est impérative pour l'une comme pour l'autre équipe.

Le Stade du Manoir, écrin créé de toute pièce pour la Coupe du Monde 2007, présente - déjà - les affres du temps. Il n'y a qu'à se poser en tribune de presse pour le constater : sièges manquants, tablettes arrachées... Peu importe le flacon, pourvu que l'on ait l'ivresse et que l'on puisse y poser ses fesses pour vivre ce match ô combien important.

Les Supporters Toulonnais, privés de places suffisantes pour assouvir la soif de phases finales du bon Peuple de Besagne, se faisaient les plus bruyants lorsque les Joueurs arrivèrent sur la pelouse. A tel point qu'un Joueur Héraultais de nationalité Géorgienne et qui avait signé un pré-contrat avec le RCT (...) alla jusqu'à aller demander des comptes à un petit groupe de Supporters Toulonnais qui le chambrait...

Sans parler des allusions au scooter de Fabien Galthié que d'aucun aimerait rapporter sur les bords de La Rade en titre de souvenir.

Alors que les buteurs Toulonnais continuaient à s'entrainer à buter, la sono du Stade rugit d'une musique de bandas... Une coïncidence sans doute que l'animation musicale commença à ce moment-là. Sans parler du volume de la sono qui était de nature à faire fuir même Lemmy de Motörhead ! Notez qu'il fallait sans doute cela pour couvrir les chants Toulonnais.

Le temps était gris avec une luminosité accrue qui n'arrange pas les choses. La pelouse, quant à elle, était bonne.

Le Président Boudjellal arborait son t-shirt fétiche, Hubert Falco était sur la pelouse, Toulon était prêt.

On oublie les déclarations assassines et les petites phrases au vitriol distillées durant les quinze jours précédant la rencontre : la vérité sortira du terrain.

Alors que des gamins d'Ecoles de Rugby des environ formaient une haie d'honneur, les Joueurs pénétraient sur le rectangle vert. Si à Toulon c'est le « Hell's Bells », à Montpellier, on aime également AC/DC mais c'est « Thunderstruck » qui rythme l'entrée.

C'est Trinh-Duc qui ouvrait les débats face au Faron si nous étions à Mayol.

Le coup de pied de l'International Français est long et George Smith est à la réception. L'Austalien est chassé par Ouedraogo et M. Garcès siffle la 1ère mêlée dans les  5'' Toulonnais. Matadigo part derrière son pack et le ballon file vers l'aile. Thiery prend l'intervalle et s'affale en terre promise (2e). Toulon est cueilli à froid. L'arbitrage vidéo n'accorde toutefois pas la réalisation héraultaise, l'arrière du MHR n'aplatissant pas.

Les locaux font un gros travail en mêlée et multiplient les pick and go. Au final, le ballon file sur l'aile gauche et Rory Lamont n'est pas capable de stopper Bustos Maoyano (4e, 5 - 0).

Du bord de touche, l'ailier transforme son essai et le score est de 7 à 0.

Toulon se doit de réagir rapidement mais Montpellier est présent en défense et récupère le ballon grâce à un pressing haut. Heureusement, un « Bleu » garde le ballon au sol et M. Garcès siffle une pénalité en faveur du RCT.

Des 55'' très légèrement à gauche, Benjamin Lapeyre la tente (7e) : le ballon passe sous la barre transversale !

Sur le renvoi, Rory Lamont remonte le cuir mais est stoppé haut par Gorgdze... M. Garcès avertit le Géorgien sans toutefois sortir la biscotte... Des 45'' à gauche, cette fois c'est Jonny Wilkinson qui va tenter la pénalité (9e).

Le Toulonnais réduit le score : 7 à 3.

Le RCT a la main sur le cuir et fait feu de tout bois. Le ballon navigue de gauche à droite et revient mais M. Garcès décide qu'un Toulonnais s'est mis à la faute sur un maul (14e).

Les attaques héraultaises ne sont pas mal dans leur genre et Toulon est mis sur le reculoir. Heureusement que Benjamin Lapeyre est vigilant sur son aile (20e).

Dean Schofield se met à la faute dans un regroupement et le référé siffle pénalité pour les protégés de Galthié (22e). Des 45'' face, le tir de Bustos Moyanos passe à droite des perches.

Jonny Wilkinson est fébrile et n'assure pas ses passes, Toulon est à la faute et en mêlée, le pack Rouge est chahuté... Rien ne va pour l'instant (26e).

Montpellier se met à la faute sur une touche lancer Séb' Bruno. Des 50'' en bord de touche gauche, Jonny prend les points (28e) mais son ballon passe sous la transversale !

Et les locaux sont encore à l'œuvre et dangereux : ils s'approchent de la ligne, pilonnent à 5''. Seul le coup de pied à suivre finit en touche (33e).

Toulon est sous pression et commet beaucoup de fautes. Comme Paul Sackey qui comment un en-avant sur une chandelle dans ses 22'' (36e).

Sur la mêlée qui s'en suit, Montpellier est encore à deux doigts de marquer mais les Bleus plongent à qui mieux mieux dans le regroupement. L'homme au sifflet sanctionne (37e).

Carl Hayman est remplacé juste avant la pause par Davit Kubriashvili, l'ancien All Black sortant sur saignement (37e).

M. Garcès accorde généreusement une pénalité sur la sirène, permettant ainsi à Bustos Moyano de porter le score à 10 à 3 aux citrons.

Le RCT s'en sort bien vue la physionomie de cette première période que Montpellier aura dominée


Toulon revient sur le terrain avec un changement : Fotu Auelua a laissé sa place à Gavin Henson, tandis que Carl Hayman est revenu également.

La fébrilité est restée côté Toulonnaise puisque sur une touche déviée par Dean Schofield dans nos 22’’, M. Garcès siffle une nouvelle pénalité.

Du bord de touche droit, Bustos Moyano arme son pied mais voit son tir passer à gauche des perches.

Sur une attaque Toulonnaise, Jonny claque le drop qui passe à gauche (45e).

Benjamin Lapeyre reste à terre après un choc sur la tête de Thiery. Mais l’ailier Tarnais est costaud et reprend sa place.

Par contre, Jonny Wilkinson est remplacé par Felipe Contepomi (46e).

Cap’tain Joe fait son entrée à la 49e à la place de Joe El Abd.

Toulon se montre plus dangereux et met, enfin, les locaux sous pression, obligeant Tomas à dégager petitement (52e). Mais les Rouge sont pénalisés..

Séb’ Bruno cède son fauteuil à Jean-Philippe Genevois (53e).

Hélas, une passe de Felipe Contepomi est interceptée par François Trinh-Duc. L’ouvreur montpelliérain sent qu’il est trop juste à course et tape à suivre pour son ailier Nagusa qui résiste au retour de Benjamin Lapeyre et marque le 2nd essai de la partie (54e).

Bustos Moyano transforme et le score est désormais de 17 à 3. Les espoirs Toulonnais s’envolent…

Laurent Emmanuelli cède sa place à Benji Bastères (55e) puis Pierre Mignoni à Fabien Cibray (59e).

Montpellier se sent fort et prend une pénaltouche (65e). Alors que Davit Kubriasvhili remplace définitivement Carl Hayman, le pack Bleu fait l’effort et campe sur la ligne.  Mais Toulon défend bec et ongle et récupère une pénalité.

Mais, encore et toujours, ce sont les locaux qui remettent la main sur le ballon et obtienne une énième pénalité que Bustos Moyano réussit : à la 70e, Montpellier mène 20 à 3.

Dean Schofield sort et Kris Chesney rentre pour les dix dernières minutes.

L’estocade finale est placée à la 73e lorsque Trinh-Duc vient marquer un essai, là encore en contre. La coupe est pleine. D’autant que Bustos Moyano continue son festival et transforme : 27 à 3 à la 74e. Non seulement Montpellier tient sa victoire mais encore plus le bonus offensif…

La fin de match est sans grand intérêt.

Le public de du Manoir peut jubiler. Toulon n’a plus que ses yeux pour pleurer.

Ce n'est pas ce samedi en terre héraultaise que le RCT aura perdu sa place pour les phases finales et raté la H Cup la saison prochaine mais bien tout au long de la saison. Entre les deux matchs perdus à Mayol contre Bayonne et le Racing-Métro et les points laissés en route (notamment des bonus offensifs laissés en route), les Joueurs de Philippe Saint-André et Aubin Hueber ont connu une fin de saison compliquée  : jouer des matchs couperets lors des quatre dernières rencontres était un pari risqué.

Vivement la saison prochaine.

JJG
Photo : Aurélie LANTUS

les Vidéos de Montpellier - Toulon

Fabien Cibray - Conférence de presse d'avant-match Montpellier-Toulon du 05.05.11 (Top 14)

Fabien Cibray

Conférence de presse d'avant-match Montpellier-Toulon du 05.05.11 (Top 14)

Philippe Saint-André - Conférence de presse d'avant-match Montpellier-Toulon du 05.05.11 (Top 14)

Philippe Saint-André

Conférence de presse d'avant-match Montpellier-Toulon du 05.05.11 (Top 14)

les Photos de Montpellier - Toulon

Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Paul Sackey, Fotu Auelua, Benjamin Lapeyre et Jonny Wilkinson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson et George Smith. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Dean Schofield. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Rory Lamont, Fotu Auelua et Joe El Abd. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Dean Shchofield et Jonny Wilkinson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gabi Lovobalavu. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Laurent Emmanuelli et George Smith. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Carl Hayman, Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Dean Schofield. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Laurent Emmanuelli. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Rory Lamont et Christophe Samson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et George Smith. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Laurent Emmanuelli et Carl Hayman. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni et Juan-Maritn Fernandez-Lobbe. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gavin Henson et Benjamin Lapeyre. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
George Smith, Felipe Contepomi et Dean Schofield. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, Sébastien Bruno et Joe Van Niekerk. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni et la mêlée Toulonnaise. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, George Smith et Felipe Contepomi. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, Carl Hayman et Benjamin Bastères. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni et George Smith. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jean-Philippe Genevois, Felipe Contepomi et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Rory Lamont et Paul Sackey. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gavin Henson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Benjamin Bastères, Jean-Philippe Genevois et Rory Lamont.  - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gavin Henson. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Gabi Lovobalavu. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Benjamin Bastères, Davit Kubriashvili, Jean-Philippe Genevois et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus
Jean-Philippe Genevois, Kris Chesney, Benjamin Bastères, Christophe Samson et Davit Kubriashvili. - Montpellier-Toulon -  © Aurélie Lantus

Rugbyrama

Montpellier, la renaissance

Le 07/05/2011

Enorme performance de Montpellier qui remporte un match capital face à Toulon et se qualifie pour les barrages (27-3). Dans une rencontre engagée et marquée par de nombreuses erreurs varoises, les Héraultais décrochent un bonus offensif salvateur. Les Toulonnais sont quant à eux éliminés.

Non, Fabien Galthié n'achètera pas une carte de bus. Le technicien montpelliérain conservera son précieux scooter, objet de toutes les convoitises du côté de la Rade depuis que ce dernier s'était risqué à le parier avec Philippe Guillard sur l'hypothèse de la qualification de son équipe. Cette dernière a fait le nécessaire en décrochant sa qualification en barrages en s'imposant avec le point de bonus offensif face au RCT de Philippe Saint-André, sur le score de 27 à 3. L'énergie du désespoir n'aura pas suffi du côté des Toulonnais, qui ont tout de suite été pris à la gorge par un XV à la fleur de Ciste qui avait décidé de ne pas laisser son destin lui échapper. Dans le sillage de leur capitaine Fulgence Ouedraogo, omniprésent, et de leur ouvreur international François Trinh-Duc, décisif sur au moins deux des trois essais du MHR, les hommes du duo Galthié-Béchu n'ont laissé aucune chance à l'armada toulonnaise.

Entame varoise catastrophique

La première action de jeu donnait le ton de la première mi-temps: les Montpelliérains récupéraient leur propre coup d'envoi et poussaient déjà les Varois à la faute. Mêlée, départ fracassant de Matadigo. Quelques passes plus loin, Thiéry s'effondrait déjà dans l'en-but. Wilkinson sauvait la patrie en se glissant malicieusement sous le ballon, mais le RCT pliait déjà... avant de céder, moins de quatre minutes plus tard, quand Bustos Moyano, survolté, débordait Sean Lamont, totalement absent, à l'image de son équipe. Sonné d'entrée, le RCT se tenait néanmoins debout, campé sur sa défense, son alignement, et son buteur Jonny Wilkinson qui réduisait la marque à la 10e (7-3). Seulement voilà Sir Wilko n'avait pas, en ce triste jour pour n'importe quel "fada" de la Rade, sa réussite habituelle. Juste avant la pause, Bustos Moyano creusait encore l'écart suite à une nouvelle grosse séquence montpelliéraine: 10 à 3.

La lutte des cadres

Côté toulonnais, les changements réalisés en tout début de deuxième mi-temps en disaient long sur le niveau de performance de certains: exit Auelua, inexistant, PSA sortait son atout Henson. Bye bye Sir Wilko, le manager varois lançait Contempomi qui, à en juger par ses premières interventions, avait des fourmis dans les jambes. A défaut d'être efficace, le jeu toulonnais retrouvait peu à peu des couleurs et du dynamisme, et campait dans le camp montpelliérain. Mais voilà, à force de jouer, les Varois prêtaient le flanc au contre. Celui-ci vint à la 55ème minute, sur une interception assassine de François Trinh-Duc qui prolongea au pied pour Nagusa, plus rapide que Lapeyre. Les performances de Christophe Samson, impérial dans les airs, offraient quelques munitions supplémentaires au RCT, mais le mal était plus profond : incapables de se trouver, les centres et l'ouvreur varois multipliaient les fautes de mains.

Montpellier n'avait plus qu'à les laisser venir pour leur porter l'estocade finale, sur un nouveau contre de François Trinh-Duc (73e), élu homme du match. L'image est saisissante: les cadres du MHR ont survolé cette rencontre, tandis que ceux du RCT (à l'exception de Mignoni) ont littéralement sombré. Les Montpelliérains arrachent une qualification pour laquelle ils auront tremblé jusqu'au bout, tandis que le RCT se contentera du Challenge européen l'année prochaine. Les hommes de Fabien Galthié iront défier Castres sur ses terres en match de barrages. Une équipe qui, elle, n'a jamais vraiment tremblé pour sa qualification. Cette fois, Fabien Galthié sera bien inspiré de me pas se laisser aller à quelque paris trop hâtifs...

Simon VALZER

Orange Sports

Montpellier joue les héros

Le 07/05/2011

Montpellier s'est finalement qualifié pour la phase finale du Top 14, en prenant la sixième place du classement à l'issue de la 26e et dernière journée de la saison régulière. En effet, le MHR a nettement dominé Toulon (27-3), samedi après-midi au stade Yves-du-Manoir. Les Héraultais défieront Castres en barrages. Huitième, le RCT est éliminé.

Montpellier a décroché plus qu'une victoire devant Toulon (27-3), puisque les Héraultais profitent de ce succès bonifié pour se qualifier en barrages, et éliminer du même coup le RCT (et Bayonne).

Après un premier essai logiquement refusé à Thiéry (2e), les Héraultais en remettent une couche et aplatissent pour de bon par Bustos Moyano (7-0, 6e). Wilkinson réduit la marque face aux perches (7-3, 10e), mais Bustos Moyano permet aux siens de respirer à nouveau, en passant à son tour une pénalité juste avant la pause (10-3, 40e).

Au retour des vestiaires, le premier quart d'heure se dispute sur un faux rythme et les hommes de Galthié en profitent les premiers. Trinh-Duc intercepte une passe de Contepomi, accélère et tape à suivre pour Nagusa, qui conclut (17-3, 56e). Après une nouvelle pénalité de Bustos Moyano (20-3, 70e), Trinh-Duc s'en va inscrire lui-même l'essai du bonus offensif, après une passe au pied initiale de Nagusa (27-3, 74e).

La réussite est totale pour le MHR, qui termine donc 6e de la saison régulière avec 72 points. Clermont et Biarritz ont le même total, mais devancent Montpellier à la différence de points particulière. En revanche, le ciel tombe sur la tête du RCT, qui finit 8e avec 70 unités.

Thomas SINIECKI

Sport 24

Montpellier en voulait plus

Le 07/05/2011

En étrillant Toulon (27-3) lors de la 26e et dernière journée du Top 14, Montpellier a validé son billet pour les barrages. Les Héraultais iront défier Castres pour une place en demi-finale.

«C’est historique pour le club.» François Trinh-Duc ne peut cacher son émotion après le succès de Montpellier devant Toulon (27-3). Entre Fabien Galthié qui saute au plafond et effectue un tour d’honneur alors que Fulgence Ouedraogo l’accompagne sur son scooter, la démesure a pris place sur la pelouse d’Yves-du-Manoir. Pour la première fois de son histoire, le club héraultais participera aux phases finales du championnat de France et défiera Castres en match de barrages. A Toulon, c'est la soupe à la grimace et une qualification qui s'envole.

Un non-match du RCT

Dans un match à sens-unique, l’issue de la rencontre n’a jamais été en mesure d’être en défaveur de la bande à Galthié. Parfaitement entrés dans la partie, appliqués dans leur enchainement, les Montpelliérains n’ont jamais été mis en difficulté par des Toulonnais aussi dépités que décevants. «On félicite Montpellier qui mérite sa victoire, avoue Pierre Mignoni, malheureux de stopper sa carrière sur une défaite. Sur l’ensemble de la saison, ils ont été plus réguliers que nous.» Et surtout plus dominateurs et réalistes à l’image des essais inscrits par Bustos-Moyano (5e), Nagusa (56e) et Trinh-Duc (73e).

«Cette équipe est merveilleuse»

«Aujourd’hui, on n’a pas existé, fustige Philippe Saint-André. On rate la qualification en début de saison et pas sur ce match. On a manqué de fraicheur physique et Montpellier en voulait plus que nous. On ne mérite pas mieux.» Un avis qui sera sans doute partagé par Mourad Boudjellal, lequel a quitté le stade avant même la fin du match, sans doute trop dépité face à la production de ses joueurs. Une déception qui tranche pleinement avec la joie héraultaise. «C’est juste énorme ce que l’on vient de faire, claironne Ouedraogo. Cette équipe est merveilleuse.» Et devra le montrer à nouveau contre Castres le week-end prochain afin de prolonger encore un peu le rêve de tout un club.

Baptiste DESPREZ

Sports.fr

Et au bout du suspense...

Le 07/05/2011

Cette dernière journée du Top 14 aura été marquée par l'élimination de Toulon, battu à Montpellier (3-27), laissant la sixième place à son adversaire du jour, devancé par Biarritz, vainqueur à Bourgoin (22-18). Devant, le Racing a assis sa place en demi-finale alors que Castres et Clermont joueront les barrages à domicile.

Philippe Saint-André avait donné le ton cette semaine, affirmant que si la rencontre s'était jouée à Mayol, le RCT serait nettement favori de ce match au couteau. Oui mais voilà, le calendrier imposait bien aux Varois un déplacement à Yves Du Manoir, pour un voyage forcément périlleux pour une équipe incapable de s'imposer à l'extérieur sur la phase retour et qui aura terminé la saison avec une statistique peu enviable: neuf essais marqués en treize matches joués hors de ses bases, soit la plus mauvaise attaque du Top 14 à l'extérieur. Avec une telle apathie, difficile de mériter une place en barrages...

Et puisque Montpellier, dans le sillage de Trinh-Duc, a livré une belle prestation, s'imposant 27-3 avec deux essais, une telle issue semble des plus logiques. "On a loupé des matches importants, il faut féliciter Montpellier qui mérite sa victoire", avouait d'ailleurs Pierre Mignoni au micro de Canal +, déçu mais lucide. "Ils ont été plus réguliers que nous, c'est la première fois de leur histoire et on a vu un grand Montpellier. Ce groupe a quelque chose à faire, j'espère dès la saison prochaine. C'est mon dernier match mais on ne choisit pas sa fin...".

Saint-André: "On ne mérite pas mieux"

Philippe Saint-André, lui, semblait KO debout: "On n'a pas existé, ils avaient beaucoup plus d'envie, on a été pris dans les rucks, on voulait bien commencer pour les faire douter. Mais on a plus cherché des solutions individuelles que collectives aujourd'hui", commentait l'entraîneur varois qui n'a d'ailleurs pas hésité à remplacer un "Wilko" hors du coup dès le début de la seconde période. "On a fait quatre matches couperets de suite, on a manqué de fraicheur, on est resté en vie jusqu'au dernier match où on n'a pas existé. On ne mérite pas mieux que la huitième place, il va falloir travailler..."

Le MHR, présent dans le top 6 lors de 23 des 25 premières journées, pouvait exulter, Fabien Galthié s'offrant un tour d'honneur... La victoire héraultaise fait aussi le bonheur du BO, vainqueur poussif d'un Bourgoin admirable de courage jusqu'au bout pour son dernier match dans l'élite à Rajon. "C'est une bonne nouvelle pour nous", avoue Yachvili au micro de Canal +. "Depuis 2007, on n'a pas joué les phases finales. On a eu peur de louper cette place pour la Coupe d'Europe la saison prochaine. Ils ont tout donné, avec en plus une vraie dimension émotionnelle. C'est une bonne victoire pour nous mais ce fut laborieux. Le match était très moyen. Si on se déplace à Clermont avec une telle fébrilité, on risque de "charger." On aurait préféré recevoir, on s'est mis nous mêmes dans le caca donc il va falloir tout donner.", reconnait humblement le demi de mêlée international.

Le verdict est en effet désormais connu: Toulouse, déjà qualifié et vainqueur de Clermont 15-6, et le Racing, vainqueur du derby francilien à Charléty face au Stade Français (29-16), seront en demi-finales. Ils y retrouveront les 27 et 28 mai Clermont ou Biarritz et Castres ou Montpellier, qui s'apprêtent à disputer des barrages épiques dès vendredi et samedi prochains.

G.B.

Midi Libre

Entrés dans l'Histoire !

Le 08/05/2011

Ce sont des moments de pur bonheur difficilement descriptibles. Des scènes complètement folles que seul les exploits improbables provoquent. Hier, dans un stade Yves-du-Manoir chancelant d’euphorie, Montpellier a mis Toulon “sur le cul”, raflant ce fameux bonus offensif qui lui ouvre les portes à la fois des phases finales du Top 14 et celles de la Coupe d’Europe la saison prochaine.

Historique pour le club, inespéré, tant personne n’aurait parié sur un tel dénouement. Sur “ce truc de fou “dont rêvait tout un club, mais qui menaçait de lui échapper. Mais ils l’ont fait. Et bien fait, superbement fait. Dans un match maîtrisé de bout en bout, les Montpelliérains n’ont laissé que des miettes à des Toulonnais renvoyés à leur rade vite fait bien fait.

Trois essais, dont celui du bonus, celui d’un François Trinh-Duc marchant sur l’eau, transcendé par le défi. "Et par le public, précisera celui qui, de son propre aveu, aura vécu ses plus fortes émotions hier.

Tout comme un Fulgence Ouedraogo ou Julien Tomas (qui finira son match avec une fracture du poignet...), tous poussés par une mission, celle d’inscrire dans l’histoire leur club de toujours, celui pour qui ils ont refusé les ors des “prédateurs “.

Une offrande, que ce match. Un cadeau fait à tous ceux qui ont construit ce club, et continuent de le soutenir.

Un pied de nez, aussi, à la barbe d’un Toulon qui, fort de son armada de stars, croyait que tout leur était dû. Un RCT qui s’est trompé de match, qui n’aura jamais porté le moindre danger dans le camp du MHR. Juste réussi à retarder, comme ils ont pu, l’implaquable dénouement de la partie.

Un clin d’oeil, encore, des Montpelliérains, une mise aux points, histoire de prouver que cette saison, qui les aura vu tutoyer les sommets, avant de subir un petit coup de mou, eh bien cette saison, ce n’était pas que du vent, un coup de pouce, un mensonge. "Cette qualification, qu’on a cru un moment qu’elle allait nous échapper, là, on l’a doit à personne, tranchera Fulgence Ouedraogo, capitaine de retour à temps pour voir son navire prendre le large.

Non, hier, Montpellier avait tant de choses à se faire pardonner, tant de choses à prouver, tant de choses à partager que personne n’aurait pu l’arrêter.

"Je suis aussi ému, aussi heureux, que quand j’ai été champion de France avec le Stade français en tant qu’entraîneur, lâchera même un Fabien Galthié visiblement touché. "Ce match, j’en avais rêvé depuis trois semaines. Mais jamais, jamais, je n’avais osé imaginer un tel scénario, lâchera encore Fulgence Ouedraogo. C’est vous dire encore la portée de l’exploit qui va résonner longtemps dans la caboche de tous.

Résonner au moins jusqu’à samedi, pour ce “quart de finale “à Castres. "On va essayer de poursuivre cette formidable aventure, continue Fufu. Mais d’abord, on va surtout savourer ce moment très fort.".

Oui, ils ont le temps de penser à Castres. Ou l’exploit est encore possible. Quand on voit de quoi ils sont capables, tout est désormais permis.

"Quoi qu’il arrive, merci pour cette fabuleuse saison" ; inscrivait pendant tout le match une immense banderole dans les tribunes. Quoi qu’il arrive samedi à Castres, merci pour ce moment formidable partagé hier après-midi. Rien pour ça, chapeau !

Jean-Loup ROBERTIER

Rugby365.fr

Enorme Montpellier !

Le 07/05/2011

Le jeu
Dans cette rencontre à quitte ou double, entre deux équipes qui devaient absolument s'imposer pour espérer se qualifier pour les phases finales du championnat, les Montpelliérains ont mieux entamé la partie, imposant d'emblée leur patte sur les débats. Avec leur jeu fait de mouvements et de prises d'initiative, ils ont mis au supplice la défense toulonnaise, qui a cédé rapidement avant de se ressaisir et de tenir tant bien que mal face aux vagues bleues des hommes de Fabien Galthié et Eric Béchu. Mais les Héraultais, contraints de s'imposer avec le bonus offensif pour s'assurer une place dans les six premiers, n'ont pas réussi à concrétiser leur large domination au tableau d'affichage, payant notamment leur indiscipline, symbolisée par Mamuka Gorgodze, et leur maladresse dans le dernier geste à l'approche de la ligne d'en-but varoise. A la pause, les locaux menaient seulement de sept points (10-3).
La physionomie de la rencontre a changé après la pause. Les Toulonnais ont pris l'initiative du jeu et ont campé dans le camp adverse, profitant d'une équipe montpelliéraine qui a baissé de pied physiquement après l'importante débauche d'énergie consentie en première période. Mais les visiteurs ont buté sans relâche sur la défense du MHR et ne sont jamais parvenus à franchir la ligne d'avantage, manquant d'inspiration à l'heure de créer des décalages. Pour couronner le tout, ils ont été punis en contre de leurs errements offensifs par l'efficacité des Héraultais, déterminés à aller chercher le point de bonus offensif. Mission accomplie à cinq minutes du coup de sifflet final. Portés par le formidable public d'Yves-du-Manoir, les partenaires de Fulgence Ouedraogo n'ont rien lâché jusqu'à ce que Monsieur Garcès ne les délivre. Ils sont qualifiés pour les phases finales du Top 14 pour la première fois de l'histoire du club. Les Varois concluent eux une saison mitigée sur une ultime déception. Ils sont éliminés de la course au Brennus et ne participeront pas à la H Cup l'an prochain.

Les Montpelliérains
A quatre jours de l'annonce de la liste des trente joueurs sélectionnés par Marc Lièvremont en vue de la Coupe du monde, François TRINH-DUC a marqué de gros points à l'ouverture. Il a organisé à merveille les offensives son équipe, fait preuve d'intelligence dans l'utilisation de son jeu au pied et a apporté toute sa puissance en défense. Il a aussi été décisif sur les trois essais de sa formation, en étant à l'origine des deux premiers et à la conclusion du dernier. Efficace au pied (5/7), Martin BUSTOS MOYANO, auteur de 17 points, a lancé son équipe sur les bons rails avec un essai dès la cinquième minute de la rencontre. Benjamin THIERY, inspiré dans ses relances, a été présent dans tous les bons coups de son équipe en attaque. Par sa vivacité et la qualité de ses appuis, Timoci NAGUSA a créé des brèches dans la défense du RCT à chacune de ses percées balle en main. De retour à la compétition après deux mois d'absence, Fulgence OUEDRAOGO a été omniprésent sur sa pelouse fétiche, emmenant tous ses partenaires dans son sillage. Fabien ROFES a été impeccable au talonnage. Auteur d'une rencontre de qualité dans tous les compartiments du jeu, Juan Guillermo FIGALLO a impressionné par son activité et sa présence sur tous les points d'impact. Mamuka GORGODZE, objet d'un vif contentieux entre les deux clubs, n'a lui pas réussi à gérer ses émotions et a multiplié les fautes de main.

Les Toulonnais
Comme un symbole, Jonny WILKINSON, le match winner par excellence, est passé complètement au travers de la rencontre. Peu en vue en attaque, à la peine en défense, l'Anglais n'a pas eu le rendement que l'on peut attendre de lui dans un match d'une telle importance. Il est finalement sorti dès la 46eme minute de jeu au profit de Felipe CONTEPOMI, qui n'a pas vraiment relevé le niveau, en étant malencontreusement à l'origine du deuxième essai montpelliérain après avoir vu sa passe interceptée par Trinh-Duc. A l'occasion du dernier match de sa carrière, Pierre MIGNONI n'a jamais eu son influence habituelle sur le jeu de sa formation. A l'image de sa saison, Paul SACKEY a multiplié les erreurs grossières et a frôlé le ridicule par instants. Rory LAMONT s'est complètement troué sur le premier essai et n'a jamais réussi à se relever de ce coup du sort. George SMITH a lui aussi raté sa dernière sortie sous le maillot toulonnais. Entré à la pause au relais de Fotunuupule AUELUA, décevant, Gavin HENSON n'a jamais pesé sur la partie et n'a pas justifié son transfert. Omniprésent sur toutes les phases de jeu, surtout en défense, Juan Martin FERNANDEZ LOBBE a été l'un des seuls éléments du RCT à évoluer à son niveau. Carl HAYMAN, souvent décrié, a lui aussi rendu une copie propre.

Geoffrey STEINES

E-Bleu Marine

Inexistant, Toulon a bu le calice jusqu’à la lie

Le 07/05/2011

Opposé à une belle équipe montpelliéraine, le Rugby Club Toulonnais n’a pas existé (27-3) et termine la tête basse sa saison 2010-2011. Les Rouge et Noir ne sont à vrai dire jamais rentrés dans ce match éliminatoire. Dès l’entame, les Montpelliérains montrèrent qu’ils voulaient beaucoup plus la qualification. Ils prirent d’entrée l’ascendant, mirent constamment la pression sur les rucks. Le pack bleu enclencha la marche avant et suite à un sauvetage de Wilkinson sur sa ligne (3ème), la charnière Tomas-Trinh-Duc décala Bustos Moyano qui ouvrit la marque (5ème). Sans retrouver de l’allant, Toulon profita des rares fautes adverses et Wilkinson réduit l’écart cinq minutes plus tard. Montpellier reprit alors sa domination. Tomas continua de jouer au près avec ses gros et Toulon ne fit que subir. Il fallut une grosse défense de Smith sur Gorgodzé pour sauver les meubles varois. Toulon plia sans rompre et bascula avec seulement 7 longueurs de retard à la pause.

Le RCT surclassé par le collectif héraultais

L’engagement, l’abnégation, l’envie de se surpasser étaient toujours montpelliérains au retour des vestiaires. Et alors que le RCT commençait à sortir la tête de l’eau dans le jeu, Trinh-Duc intercepta plein axe une passe hasardeuse de Contepomi avant de taper à suivre pour l’essai de Nagusa (55ème). Toulon ne se remit jamais de ce coup de poignard. Pris devant, il joua dans le désordre ses ultimes cartouches. Mais les Contepomi, Cibray, Van Niekerk et autre Kubriashvili subirent eux aussi la vague bleue. La pression des Héraultais ne cessa de faire déjouer le RCT et alors que le pied de Bustos Moyano avait aggravé la marque (70ème), Trinh-Duc porta l’estocade en fin de match. Inexistant de bout en bout, Toulon venait de subir une terrible gifle. Montpellier lui a donné une leçon de rugby collectif. Les joueurs du duo Galthié-Béchu ayant véritablement surclassé ceux de Saint-André dans tous les secteurs, ils ont largement mérité leur qualification pour les quarts-de-finale. 

Johan LIVERNETTE

Var Matin

Terrible faillite collective à Montpellier

Le 08/05/2011

Pour Toulon, le pire des scénarios s’est déroulé, hier, à Montpellier. Les Toulonnais, complètement à côté de leurs pompes, sortent sans gloire d’une saison qui laissera bien des regrets...

L’aventure s’est donc terminée brutalement face à une équipe montpelliéraine qui avait les crocs alors que les Varois semblaient rassasiés après leurs précédentes victoires sur Paris, Toulouse et Perpignan.

Face aux hommes de Galthié affamés, il n’y a pas eu photo. C’est avec beaucoup d’amertume que se clôt soudainement cette saison en dents de scie.

Un rendez-vous manqué

Dans ce drôle de jeu de montagnes russes, les hommes de Saint-André ont touché le fond, à Yves-du-Manoir. Les uns et les autres devront bien expliquer comment dans un match couperet, pourtant annonciateur d’une fin de saison qui avait tout d’enthousiasmante, ils ont été aux abonnés absents dans le secteur de l’envie.

Certes, le RCT est tombé sur un sacré os. Pour autant, dans un tel contexte, enregistrer une telle défaite semble incompréhensible. Au-delà de l’échec, c’est la manière qui laisse songeur et amer.

Les Toulonnais sont ainsi passés à côté de leur sujet. A côté de leur 8e de finale. A côté d’une place en H Cup. Le constat est implacable. Dans ce rendez-vous complètement raté, il a manqué de tout aux « Rouge et Noir ».

Le mercure affichait à l’heure du match 19 degrés, mais à cet instant on imaginait côté varois des cœurs chauds-bouillants. Au final, la manière fait froid dans le dos. Et pourtant, la partie s’annonçait serrée. « ça se jouera à rien » pronostiquait Michel Macurdy, le seconde ligne passé par Toulon et Montpellier. Il n’en a rien été.

Le capitaine Ouedraogo et ses hommes, plus présents sur les rucks, plus performants en conquête, plus vifs, plus joueurs, ont mis la main sur le ballon et ont prouvé tout au long des 80 minutes qu’ils avaient le bras long. Ils n’ont, en effet, pratiquement jamais lâché l’ovale.

Une chose était sûre. Pour passer, les « Rouge et Noir » devaient faire un match plein. En manquant particulièrement d’agressivité, ils en ont été bien loin. Les joueurs, et pas des moindres, n’ont pas été à la hauteur de l’événement. Wilkinson, souffrant des côtes, en a été la plus parfaite illustration. Il n’a hélas pas été le seul.

Deux contres assassins...

Les Toulonnais n’entraient pas bien dans le match et se faisaient surprendre. Première minute et première frayeur pour Toulon. Sur une mêlée héraultaise, le ballon filait à l’aile et Thiery en surnombre pointait derrière la ligne sans aplatir.
C’était aussitôt partie remise et de l’autre côté, cette fois c’est Bustos Moyano en bout de ligne qui se jouait de Lamont avant de marquer en coin et de transformer.

Toulon venu pour faire douter Gorgodze et les siens, une telle entame n’était vraiment pas un bon signe! Grâce au pied de Wilkinson, après que Lapeyre de plus de 55 mètres eut vu son coup de pied un poil court, le RCT marquait trois points. On verra plus tard que ce furent les seuls...

Les Montpelliérains avaient l’initiative. Fernandez Lobbe et les siens ne parvenaient jamais à déborder une défense en place. Tuilevuka s’en donnait à cœur joie sur l’aile, Trinh-Duc faisait le reste au pied.

Deux essais de plus en contre, dont le dernier signé de l’ouvreur, donnaient aux Héraultais le point du bonus et signaient de cruelle façon la perte des coéquipiers de Mignoni. La messe était dite.

Montpellier montait au paradis pour la première fois de son histoire. Toulon allait apprendre que l’enfer, ce n’est pas les autres.

Paul MASSABO

La Provence

Et pour finir, l'humiliation...

Le 08/05/2011

Balayé et éliminé par un pétillant Montpellier, Toulon n'avait strictement rien d'un grand, cette saison.

Tout ça pour ça. On peut entasser toutes les centaines de milliers d'euros que l'on veut, ça ne fait toujours pas une équipe de premier ordre. On ne demandait pas au RCT d'aller décrocher la lune. Oh, que non! Mais on pouvait au moins imaginer qu'une formation bâtie à grands renforts d'internationaux reconnus avait assez de coffre pour se qualifier en phase finale du Top 14 en allant s'imposer chez les "terribles" guerriers du Montpellier Hérault Rugby Club (26 balais de moyenne d'âge). Eh bien, même pas. Ce RCT-là voulait revenir en Coupe d'Europe ?

Qu'il commence déjà à se faire respecter sur les terrains du championnat de France, que ce soit à Yves-du-Manoir donc, mais aussi à Agen (23-13) ou encore à Brive (27-9), autant de champs de déshonneur, cette saison. On avait appris à apprécier cette équipe l'année dernière, lorsqu'elle empilait les performances en tablant sur des valeurs essentielles: la rage, la volonté, l'allant, l'élan. Au cours de cet exercice, et à l'exception du succès acquis devant le Munster en H Cup - un véritable ovni finalement ! - on n'a rien vu de tout ça.

Le match d'hier aura été une énième - et dernière - copie de ce rugby minimaliste et sans envie. Devant une production aussi déplorable, le président Mourad Boudjellal, qui a tellement investi dans ce club, s'est même éclipsé, quittant le stade bien avant le baisser de rideau. Joint en début de soirée, le dirigeant toulonnais, sonné, n'a pas tenu à réagir à chaud. Il souhaite se donner un temps de réflexion. Se dirige-t-on vers des chamboulements? Cette semaine, il avait fermement écarté cette éventualité.

Et maintenant ? Difficile de se projeter. Sous contrat jusqu'en 2012, Philippe Saint-André n'est pas menacé et la majeure partie du recrutement pour la saison prochaine est déjà bouclée. L'arrivée de pointures supplémentaires (au niveau des trois-quarts notamment) est peut-être à envisager seulement. Mais est-ce que cela suffira pour transformer le RCT en premier de la classe ? Cette saison, on a constaté que non. Hier encore, comme à plusieurs reprises (en début d'exercice et au coeur de l'hiver), cette équipe a fait peine à voir. Elle ambitionnait une place en phase finale ?

Mais pour y prétendre, il aurait fallu qu'elle entre dans ce match avec le même appétit que Montpellier qui, en terme de détermination, lui a donné une fracassante leçon. Et ce fut ainsi dans tous les domaines. Incapables d'entamer ces débats décisifs avec l'intensité et la hargne nécessaires, les Toulonnais, mis sous pression d'emblée, ont aussi été terriblement maladroits dans leurs transmissions. Voir des internationaux expérimentés comme Wilkinson (diminué par une douleur aux côtes, il est vrai), Contepomi (intercepté par Trinh-Duc sur le 2e essai héraultais), Mignoni ou encore Hayman louper tout ce qu'ils entreprenaient à la main avait quelque chose de pathétique.

Et cela n'est rien à côté de cette accumulation de mauvais choix. Enfin, choix... Le RCT a-t-il au moins opté pour des séquences de jeu, hier? Et même durant les trois-quarts de la saison ? À l'issue du match, plusieurs Toulonnais ont établi le bilan suivant: s'ils n'ont pas raté le train de la qualification sur la rencontre d'hier, mais sur certains moments charnières (à commencer par les deux défaites à Mayol en ouverture du championnat), ils sont cependant bien à leur véritable place, là, au beau milieu du classement, loin des ambitions initiales.

Dans les heures à venir, et avant quatre semaines et demie de vacances à partir de mercredi, les joueurs seront reçus en entretien individuel par la direction. On ne voit pas vraiment ce que ça peut changer maintenant... En attendant, les Toulonnais et leur président sont repartis de Du-Manoir sans le désormais fameux scooter promis par Fabien Galthié, l'entraîneur de Montpellier, en cas de qualification varoise. En guise de clin d'oeil, le trois-roues a longtemps trôné devant le vestiaire des Provençaux avant d'être disposé devant l'une des sorties du stade. Décidément, le RCT a tout perdu, cette saison. Même le scooter de Galthié.

Laurent BLANCHARD

Sports.fr

Toulon, le huitième passager

Le 08/05/2011

Rossé à Montpellier (29-3), samedi, lors de la 26e et dernière journée du Top 14, Toulon termine la saison à la huitième place, un résultat bien en deçà de ses ambitions. Le RCT ne disputera pas les phases finales cette saison, et ni la H Cup la saison prochaine. Les Varois, malgré un récent sursaut, paient au prix fort leur inconstance. L'été s'annonce chaud.

La marche était trop haute pour Toulon et la déception doit être à la hauteur de la passion et des ambitions de Mourad Boudjellal. Battu voire humilié à Montpellier (29-3) samedi, dans un match à quitte ou double pour les deux équipes, le RCT échoue à la huitième place du Top 14 et se retrouve privé à la fois des phases finales du championnat mais également d'une place en H Cup pour la saison prochaine. Une double peine, et un sacré coup sur la caboche pour le club varois, le grand battu de la saison avec l'Usap, finaliste sortant et déjà en vacances.

D'aout à mai, Toulon aura vécu une saison paradoxale. Entre promesses certaines et retours sur terre brutaux, le cas Henson résumant à lui seul cette équipe du RCT capable de coups d'éclats, mais dépourvue de constance. Toulon a vibré pour l'Europe, avec en point d'orgue ce succès contre un Munster (32-16) qui avait humilié les Rouge et Noir auparavant (45-18), mais Toulon en a parfois oublié son Top 14, dont il devra se contenter la saison prochaine avec, on l'imagine, pour seul objectif de ramener le Brennus sur la Rade.

Saint-André: "Une équipe, c'est une âme"

Les coéquipiers de Joe Van Niekerk se sont en fait compliqué la tâche dès l'entame de la saison, en s'inclinant à deux reprises contre Bayonne et le Racing à Mayol, une citadelle restée imprenable la saison précédente. Dès lors, il a fallu aux hommes de Philippe Saint-André courir après ces points perdus à la maison durant toute la saison, et qui coutent au finale très cher, puisque le RCT n'échoue à l'arrivée qu'à deux points de la 3e place, occupée par Castres. Il a manqué des forces aux Toulonnais lors de cette dernière journée. En dominant successivement le Stade Français (38-10), Toulouse (21-9) et Perpignan (43-12), Toulon s'est offert le droit de disputer ce "huitième de finale" contre le MHR, avec le résultat que l'on sait.

"On a fait quatre matches couperets de suite, on a manqué de fraicheur, on est resté en vie jusqu'au dernier match où on n'a pas existé. On ne mérite pas mieux que la huitième place, il va falloir travailler...", réagissait, à chaud, un Philippe Saint-André encore sonné. Plus tard, l'entraîneur varois rappelait les bases de son sport à son équipe et se tournait déjà vers la saison prochaine. "Le rugby est avant tout un sport de combat. Or, que ce soit individuellement ou collectivement, on les a perdus. Une équipe, c'est une âme. Les joueurs vont être en vacances pendant cinq semaines à partir de mercredi soir. Ils auront, entre-temps, droit à une série de tests et d'entretiens individuels", a déclaré Saint-André.

Mais la réaction la plus attendue est, évidemment, celle de Mourad Boudjellal. Selon Var-Matin, le boss du RCT a dû rentrer sur Toulon avant la fin du match pour "raisons personnelles". Il pourrait s'exprimer ce dimanche. Avec quel discours ? Au cours de la saison, Boudjellal s'est montré tantôt dithyrambique et euphorique, tantôt très sévère. En avril, il déclarait: "Nous sommes enfants gâtés. Nous sommes gentils et les gentils ne savent pas tuer". "C'est dans les moments difficiles qu'on reconnaît les meilleurs. Je ne me mêlerai pas du sportif", avait-il également prévenu, avant d'ajouter à l'adresse de Saint-André : "Je laisse faire, mais il faut gagner". Et maintenant ?

François TESSON

France Soir

Toulon, l’accident industriel

Le 09/05/2011

L’élimination de Toulon et sa non-qualification pour la Coupe d’Europe pourraient avoir de réelles conséquences.

Mourad Boudjellal avait prévu de repartir de Montpellier sur le scooter de Fabien Galthié. Le président varois a finalement quitté le stade Yves-du-Manoir au milieu de la deuxième période dans sa voiture personnelle. Ecœuré par la prestation de ses protégés, il n’a pas assisté à la triste fin de ses « galactiques », pathétiques de bout en bout. Tant mieux pour eux aurait-on envie de dire tant sa colère promettait d’être d’une rare violence. Son Toulon n’a pas existé, balayé par la jeunesse flamboyante des Montpelliérains (27-3), et, cette fois, difficile de tirer le moindre motif de satisfaction de la production varoise. Même Jonny Wilkinson, l’emblème de cette formation de stars, s’est planté dans les grandes largeurs, incapable de réussir la moindre action positive.

Habituellement irréprochable, le demi d’ouverture anglais a semblé sans âme, sans capacité de révolte, comme la plupart de ses coéquipiers. Au-delà de ce constat à chaud, que le président a dû ressasser sur les 230 kilomètres qui séparent Montpellier de Toulon, un autre plus inquiétant encore devrait bien vite agiter toute une ville. Car c’est bien l’échec d’une politique sportive qui a été mis en lumière samedi sous le soleil montpelliérain. La somme d’individualités n’a jamais pesé face au collectif des hommes de Béchu et Galthié. Qu’en sera-t-il l’année prochaine lorsque l’on connaît la liste des étoiles qui rallieront le RCT (Giteau, Botha, Tillous-Borde, Palisson) ? Une chose est sûre, la dream team devra se passer de la très rémunératrice Coupe d’Europe et n’aura que le championnat pour briller.

La piste Bastareaud abandonnée ?

Et Mourad Boudjellal devra lui mettre la main au portefeuille pour combler ce manque à gagner. Il pourrait également mettre de côté certains dossiers onéreux comme celui qui mène à Mathieu Bastareaud. Sur les tablettes varoises depuis de longues semaines le centre parisien, dont le départ du Stade Français est évalué à 500.000 €, pourrait bien en disparaître. La liste des partants pourrait également s’allonger. George Smith, Mafileo Kefu, Rudi Wulf et Fotuu Auelua, ne seront a priori pas les seuls à ne plus évoluer à Toulon la saison prochaine. Il y a ainsi bien peu de chance que Gavin Henson voit son bail prolongé. Quant à l’entraîneur Philippe Saint-André, son avenir semble de plus en plus incertain. Boudjellal avait promis qu’il n’y aurait pas de révolution en cas de non-qualification. Mais c’était avant de constater l’impuissance totale de ses joueurs. Les dégâts collatéraux pourraient bien être plus nombreux que prévu dans les prochaines semaines du côté de Toulon.

Toulouse et le Racing en demies

La 26e et dernière journée a confirmé la belle saison de Toulouse et du Racing-Métro, qui terminent respectivement premier et deuxième à l’issue de la saison régulière. Castres, troisième, recevra de son côté le sixième, Montpellier, en barrage le 14 mai à 16 h 25. Clermont (4e) devra de son côté éliminer Biarritz (5e), le 13 mai à 21 heures, pour retrouver Toulouse en demi-finale.

Jean-Sebastien HEVIN

E-Bleu Marine

Un final catastrophique ponctuant une saison ratée

Le 08/05/2011

C’était le match où il fallait répondre présent, où la saison se jouait, où tout pouvait basculer d’un côté comme de l’autre. Absent, Toulon est passé à côté de son sujet tandis que Montpellier réalisait une performance haut de gamme. 27-3, trois essais à zéro, il n’y eut pas photo. Dans le jeu comme au tableau d’affichage. Les joueurs du duo Galthié-Béchu en voulaient indéniablement plus. Cela se sentit dans l’engagement, le défi physique, les déblayages sur les rucks. Le collectif héraultais fut omniprésent et fit souvent chavirer des Rouge et Noir sous pression s’en remettant à leurs individualités. Ces diverses individualités furent étouffées par l’enthousiasme montpelliérain. Si leur performance est d’abord collective, certains éléments se mirent particulièrement en évidence. Le capitaine Ouedraogo, son compère Matadigo, le solide et omniprésent pilier gauche Figallo tout comme le talonneur Rofes ou encore la seconde ligne Hancke-Fakaté firent un boulot énorme devant. Le pack bleu ne cessa d’avancer et Toulon d’être dominé à l’impact. Les joueurs de Saint-André subirent la pression adverse de bout en bout. Seul George Smith tira son épingle du jeu. Mais l’Australien ne put suffisamment se démultiplier. Car en face, la charnière Tomas-Trinh-Duc récita sa partition avec justesse et les trois-quarts se mirent au niveau.

Saint-André : « Montpellier en voulait plus que nous »

Sans faire injure à l’effectif montpelliérain, ses joueurs ne possèdent pas la carte de visite de ceux du RCT. Le budget et les prétentions des deux clubs ne sont pas les mêmes. Et pourtant, c’est bien Montpellier qui donna une leçon de rugby aux multiples internationaux de la Rade. Une leçon à retenir pour le président Boudjellal, dans sa politique de recrutement notamment. La différence vint sans aucun doute de l’état d’esprit collectif des joueurs de Fabien Galthié. Les Montpelliérains ont su se faire mal, jouer un véritable huitième-de-finale, sortir un match plein. C’est tout à leur honneur. Toulon a donc terriblement déçu. Ce match est un peu à l’image de sa saison, avec quelques prestations intéressantes mais dans l’ensemble un parcours bien décevant et une sortie en queue de poisson. Pris dans tous les secteurs de jeu, les partenaires de Mignoni étaient loin du compte comme le reconnaissait Philippe Saint-André : « On n’a pas existé. Nous avons été pris dans les rucks, avons cherché des solutions individuelles plutôt que collectives. Montpellier en voulait plus que nous. »  Samedi, il a surtout manqué une âme à cette équipe varoise. Et dans un sport collectif comme le rugby, c’est prépondérant. Avec cette élimination prématurée assortie d’un dernier match catastrophique, le RCT a raté sa saison. Il devra rapidement tourner la page. Il faudra certainement du temps pour cicatriser cet échec retentissant.

Johan LIVERNETTE

Var Matin

A Montpellier, le RCT manquait d'âme

Le 09/05/2011

Le verdict est tombé. Sans appel. Toulon finit huitième d'un championnat acharné. L'heure est aujourd'hui au bilan. Malgré leurs quinze victoires au compteur, il n'est pas flatteur pour des Rouge et Noir qui ont joué toute une saison par intermittence.

Le scénario de Montpellier est d'ailleurs bien à l'image de ce cru varois 2010/2011. Mal débuté (un essai dès la quatrième minute) et mal fini (un troisième essai en contre à sept minutes de la sirène), ce match est donc à l'image d'une saison qui avait débuté par deux revers à domicile pour se terminer par cet énorme couac montpelliérain.

Les illusions perdues

Les échecs à Mayol contre Bayonne et le Racing-Métro ont été traînés comme un boulet attaché aux pieds des Toulonnais pendant des mois. Pour autant, ces revers ne doivent pas masquer plus globalement les manques d'une équipe où l'on compte « plus de généraux que d'indiens ».

Elle n'a jamais trouvé un fond de jeu susceptible de renverser des montagnes. Et ce n'est pas en répétant à l'envi : « Le groupe vit bien » qu'un collectif est réellement apparu. Ce Toulon-là manquait d'âme. Ce « huitième » en est la plus flagrante illustration.

La très belle apparition en H Cup avec, pour une première, une qualification inespérée dans « la poule de la mort », ne peut cacher le parcours cahoteux - chaotique à Montpellier, samedi - dans le Top 14 au cours duquel les Toulonnais ont presque toujours fait la course derrière.

Et seuls les trois succès consécutifs face au Stade Français, Toulouse et Perpignan, avaient permis de se replacer dans le groupe des heureux élus et d'y croire. Jusqu'à la terrible déconvenue héraultaise. Toulon était encore en droit, avant ce match catastrophique, d'espérer jouer un quart de finale à Mayol. Au vu des résultats de l'ultime journée des phases régulières, un simple succès aurait suffi. L'élimination n'en est que plus cruelle.

Remise en cause

Le naufrage à Yves-du-Manoir clôture de la pire des façons une année marquée par quelques ratés retentissants. Il prouve, si besoin était, que ce groupe manquait de confiance. Il a encore besoin d'un vécu commun pour évoluer et grandir.

Pour progresser, le RCT devra remettre à plat beaucoup de ses pratiques. En vivant enfermés, voire refermés sur eux-mêmes, les Toulonnais, installés dans une bulle virtuelle faite de « caviar et de foie gras » selon la formule de PSA, n'ont jamais accepté la moindre critique. Staff et joueurs ont voulu se persuader qu'ils détenaient « la » vérité. Les huis clos à répétition à l'entraînement, censés protéger le groupe d'on ne sait quel danger, l'ont probablement conforté dans ses certitudes. À plusieurs reprises, le groupe a tenté de crever en interne les abcès. Avec les résultats mitigés que l'on connaît.

De nombreux non-dits ont paradoxalement fait beaucoup jaser. L'arrivée d'Éric Dasalmartini en cours de saison, après la mise en cause par les avants d'Aubin Hueber, n'est qu'un des épisodes qui ont émaillé cette cruelle année. L'affaire Henson n'a fait que confirmer les tiraillements existants en interne. À plusieurs reprises, le groupe s'est dit les « choses » en face. Cela a marché - une fois - au stage du Cannet-Roussillon au lendemain de la déroute à Toulouse (victoire dans la foulée sur l'Usap). Pour le reste, la méthode Coué servait de moteur. Mais elle a montré, elle aussi, ses limites.

À présent, il faut préparer la saison prochaine. Des remises en question s'imposent. Au vu du constat, chacun aujourd'hui en convient désormais. « Objet inanimé, avez-vous donc une âme », s'interrogeait Lamartine. « RCT animé vas-tu donc trouver une âme ? », pourrions-nous parodier facilement le poète. Pour la saison prochaine, et malgré les nombreux mouvements d'intersaison, cela s'impose.

Paul MASSABO