Brive - Toulon

Brive

Brive

Essai(s)
45 - VOSLOO
65 - AZOULAI
69 - PALISSON
Transformation(s) réussie(s)
46 - BELIE
66, 70 - PALISSON
Pénalité(s) réussie(s)
6 - BELIE
Carton(s) jaune
20 - RIBES
Carton(s) rouge

27-9

mi-temps : 6-6

Top 14, 5ème journée

dimanche 05/09/10 - 17:00

Arbitre : Jean-Luc Rebollal (Midi-Pyrénées) assisté de MM. Raynal (Languedoc) et Fiche (Ile-de-France).

Spectateurs : 9385

Essai(s)
Transformation(s) réussie(s)
Pénalité(s) réussie(s)
18, 21, 49 - WILKINSON
Carton(s) jaune
Carton(s) rouge
5 - KEFU
Toulon

Toulon

[CABCL/RCT] Trop compliqué à 14 contre 15...

[CABCL/RCT] Trop compliqué à 14 contre 15...

le 05/09/2010 à 17:48

Réduit à 14 au bout de 5 minutes de jeu, Toulon s'est accroché mais a craqué en 2nde période et s'incline 27 à 9 face à Brive qui prend le bonus offensif...

Avant le coup d’envoi, la pression était surtout sur les épaules brivistes. Mais pour Toulon, il était également important de montrer un visage plus séduisant que ses dernières sorties et, si possible, de rapporter au moins un point de la Corrèze.

Sous une chaleur étouffante, ce sont les locaux qui vont se montrer les plus incisifs d’entrée de jeu en bousculant Christophe Samson sur la réception du coup d’envoi donné par Orquera face à La Rade si nous étions à Mayol.

Logiquement, M. Rebollal siffle une pénalité en faveur du RCT et Jonny Wilkinson trouve une touche dans les 40’’ brivistes (1e).

Saimone Taumoepeau est au lancer et Juan-Martin Fernandez-Lobbe commet un en-avant en voulant récupérer le ballon. Les premières gifles partent (2e). Le référé revient à l’en-avant du Capitaine Toulonnais et donne une mêlée introduction Bélie. Vosloo part au ras et est stoppé par George Smith. Le maul se forme et Dewald Senekal vient écrouler le tas (3e). Brive peut se dégager…

Uys prend le ballon et nouvelle mêlée ouverte. Le ballon part vers l’aile et Palisson est pris à la  gorge par Mafiléo Kefu. Nous jouions la 5e minute et ce sera déjà le tournant du match puisque M. Rebollal dégaine le rouge à l’encontre du Centre Toulonnais…

Toulon va devoir jouer à 14 contre 15 durant 75 minutes…

Sur la pénalité qui s’en suit, Bélie ouvre le score (3 – 0, 6e).

Le RCT se réorganise : George Smith va défendre au centre et viendra pousser en mêlée introduction Mignoni…

Sur une attaque de Felipe Contepomi, Brive remonte et se retrouve en position de marquer. Les Varois sont intraitables en défense mais concèdent une pénalité. Bélie aggrave le score : 6 – 0 à la 7e.

Toulon a pris un coup sur la tête avec l’expulsion de Mafi. A tel point que Juan-Martin Fernandez-Lobbe commet un en-avant sur une réception de ballon alors que l’Argentin est impeccable habituellement (10e).

Mais les partenaires de Pierre Mignoni ont de la ressource et reprennent du poil de la bête en récupérant un ballon sur un point de fixation. Toutefois, sur la mêlée, les Rouge sont pénalisés : Brive trouve une touche à 5’’ par Palisson (12e). Popham se saisit du ballon et le maul se structure et avance. Mela se jette pour marquer mais perd le ballon, Toulon peut se dégager (13e).

Les Varois jouent leurs ballons et envoient du jeu. Brive se met à la faute : hors-jeu de Mela et Wilko va tenter la pénalité. Des 25’’ face aux perches, l’ouvreur Anglais – sous les sifflets nourris – réduit le score, 6 – 3 à la 18e.

Sur le renvoi, George Smith perd le ballon. Ribes ne sort pas de la zone. L’arbitre siffle une pénalité contre l’ancien Toulonnais qui se montre passablement « énervé » en ce début de match (19e). D’ailleurs, M. Rebollal le calmera dans la minute qui suit en lui réservant un carton jaune : Orquera est chassé par Juan-Martin Fernandez-Lobbe et garde le ballon au sol. Ribes arrive en travers…

Du bord de touche et à 25’’, Jonny Wilkinson remet les deux équipes à égalité, 6 partout à la 21e.

En plus de scorer, l’Artilleur au regard bleu azur trouve une superbe touche à la 23e.

Les locaux sont fébriles et nerveux. Ils jouent en reculant face à un RCT qui monte haut en défense.

Alors que Davit Kubriashvili et Henn se « chamaillent » et sont rappelés à l’ordre par « l’Homme en vert », Pierre Mignoni se met à la faute. Brive joue vite. Toulon n’est pas à 10’’ et cette fois, Bélie va la tenter. Sur la ligne des 22’’ en bord de touche droite, l’ancien Montalbanais la rate (28e).
Les Toulonnais tentent une attaque avec un relais de Wilko qui sert Christophe Samson, relayé par Benjamin Bastères. Felipe Contepomi trouve Juan-Martin Fernandez-Lobbe qui tente un coup de pied rasant. Le ballon est contré et finit en touche (30e).

Brive écarte au large mais les Varois font bonne garde.

Sur une sortie de mêlée, Jonny tape à suivre et met la pression sur Palisson à la retombée du ballon (35e). M. Rebollal ordonne une mêlée alors qu’il y avait pénalité pour Toulon, l’en-avant étant repris devant…

Le n°10 Toulonnais part et sert Thierry Brana, remuant sur son aile. L’action revient sur la gauche du terrain. Felipe Contepomi rentre dans les 22’’, Juan-Martin Fernandez-Lobbe poursuit. Maul. Pierre Mignoni sert Jonny Wilkinson qui tente un drop qui passe à droite ! (36e).

Thierry Brana se signale également défensivement sur un trois contre un Corrézien qu’il stoppe en montant haut (37e).

Si Saimone Taumoepeau connait quelques soucis sur ses lancers en touche, pas forcément très droits, le pack Toulonnais est sanctionné pour non respect des commandements… Brive insiste en mêlée. Mais cette fois, c’est le pack Noir qui pousse avant. Pénalité pour Toulon.

Sur la sirène et sous les sifflets, des 48’’ dans l’axe, le ballon est Jonny passe à gauche…

Les deux formations rentrent aux vestiaires sur ce score de parité, 6 à 6.

Paradoxalement, la supériorité numérique a désorganisé les Brivistes et a boosté les Toulonnais. Il faut toutefois reconnaitre que si les Rouge ont bien défendu, Brive s’est montré particulièrement mal inspiré sur deux ou trois occasions.

Avant la reprise du temps, Philippe Saint-André déclarait au micro d’Arnaud Costes qu’il fallait « essayer de s’accrocher », d’autant qu’à « 14 contre 15, [Toulon] peut être dangereux ». La clé pourra être le coaching dans lequel le Président délégué au sportif espère « être bons » mais reconnait que cette seconde période serait « difficile ».

Et, effectivement, cette seconde période sera plus que difficile pour ses Joueurs.

Pour recommencer les hostilités, on fait tourner en 1ère ligne : Davit Kubriashvili est remplacé par Carl Hayman et Saimone Taumoepeau par Sébastien Bruno. Du côté Brivistes, on change également les deux pilards.

Une nouvelle fois, Thierry Brana se distingue sur une belle prise de balle (41e).

Brive ne joue pas mieux (pour le moment) puisque les « Zébres » rendent des ballons et jouent par trop individuels.

Pour autant, c’est Toulon qui se met à la faute en ne sortant pas de la zone plaqueur / plaqué (45e). Pierre Mignoni se fait sécher par Vosloo sans pour autant qu’une pénalité se voit accordée… Pendant ce temps, Palisson se fait la malle. Heureusement, il est repris à 5’’. Mais c’est reculer pour mieux sauter…

Toulon craque à l'heure de jeu

Les Corréziens envoient le ballon à l’aile et Vosloo aplatit avec l’aide du piquet de coin malgré le retour de Rudi Wulf. L’arbitre a recours à l’arbitrage vidéo pour valider le 1er essai briviste (11 – 6, 45e). Du bord de touche gauche, Bélie transforme (13 – 6).

Le RCT repart au combat. Brive est hors-jeu. A 40’’, face aux perches, Wilko – toujours sous les sifflets – la passe (13 – 9, 49e). L’espoir renait ou subsiste sur le banc Toulonnais.

Sur le renvoi, le CABCL met la pression. Olivier Missoup commet un en-avant dans nos 30’’.  Sur la mêlée introduction Bélie, le ballon sort et part à l’aile. Thierry Brana pousse Azoulai en touche (50e).

Brive déroule un maul et rentre dans nos 22’’. Cette fois, c’est un en-avant qui sauve la ligne Toulonnaise (53e).

Les Rouge ne se contentent pas de défendre mais attaquent également. Notamment sur un mouvement initié par Christophe Samson qui gratte un ballon. L’ancien Clermontois perce, retrouve Thierry Brana (décidemment) puis Laurent Emmanuelli. Malheureusement, Rory Lamont est sous pression et commet un en-avant (56e).

A l’heure de jeu, Pierre Mignoni est remplacé par Fabien Cibray. Le demi-de-mêlée paye chèrement ses années passées sous le maillot de l’ennemi Clermontois puisque Pierrot sort sous une bronca des familles…

A la 61e, Olivier Missoup ne reste pas lié. Brive trouve une touche dans nos 22’’. Les Noirs jouent dans l’axe et avancent. Cooke vient sur son aile et vendange un « un contre deux » quasiment d’école. L’ailier Anglais a failli manger la feuille de match !

Malheureusement, à la 65e, Estebanez perce. Bien repris par Fabien Cibray, il sert Azoulai qui, lancé, marque (18 – 9). Palisson transforme et porte le score à 20 à 9 à la 66e.

Et quand rien ne va… Sur le renvoi, Rory Lamont veut sauver le ballon et commet un en-avant. Sur la sortie de mêlée, Perry – qui a remplacé Bélie à l’heure de jeu – s’infiltre et Toulon se met à la faute (68e).

Si Ugo Mola fait signe de tenter les trois points, ses Joueurs prennent la mêlée. Désaxée, celle-ci est à refaire. C’est alors que Juan-Martin Fernandez-Lobbe est remplacé par Tom Sourice, Fabien Cibray devenant Capitaine. Sur la mêlée, Perry sert Orquera qui attaque la ligne et sert Palisson qui, venu dans l’intervalle, marque le 3e essai briviste, synonyme de point de bonus offensif (69e, 25 - 9). Palisson transforme et c’est désormais 27 à 9 qui est porté au planchot du Stadium…

Dans la foulée, Jonny Wilkinson sort. Geoffroy Messina rentre et nouvelle réorganisation côté Toulonnais avec George Smith en demi-de-mêlée et Fabien Cibray à l’ouverture.

Gabbi Lovobalavu (qui avait remplacé Felipe Contepomi à la 64e) a la mauvaise idée de récupérer le ballon sur le côté d’un maul : pénalité pour Brive qui tape en pénaltouche (74e).

Les Corréziens partent en « pick-and-go ». Toulon écroule le maul. Les locaux prennent la touche. Nouvelle séance de pilonnage des lignes Varoises et Popham passe à vide. Le Gallois évite ainsi à ses adversaires du soir d’encaisser un quatrième essai (77e).

Mais sur le départ de l’action, côté Toulonnais, Fabien Cibray est resté au sol, touché au genou. Le Béarnais se tord de douleur et sort du terrain soutenu par le Staff médical du RCT.

Le RCT se jette dans la bataille à 13 contre 15…

Vosloo s’arrache mais perd le ballon. Gabbi Lovobalavu récupère le ballon et dégage. M. Rebollal siffle la fin de cette partie où Toulon aura essayé de s’accrocher.

Au-delà du résultat, on aura vu de belles choses côté Toulonnais avec un Thierry Brana affamé sur son aile qui s’est distingué tant en attaque qu’en défense. La mêlée a souffert mais a été contrainte de jouer bien souvent à 7 contre 8. Les Toulonnais auront craqué au cours de la seconde période, dépassés physiquement, se multipliant pour défendre en infériorité numérique.

Ce déplacement gardera un gout amer car le RCT perd Mafiléo Kefu sur carton rouge, Fabien Cibray sur blessure et, pour la première fois depuis le début de la saison, ne marque aucun point.

Il faudra désormais panser les blessures physiques et morales au terme du mini-marathon des trois matchs disputés en neuf jours.

Reste désormais aux Rouge à préparer la venue d’Agen samedi à Mayol pour (enfin) gagner devant leur public. Mais attention, les Lot-et-Garonnais ont signé une bonne prestation sur leur pelouse d’Armandie devant Perpignan en finissant à égalité 23 partout après avoir tourné à un 20 à 0 en faveur des Catalans à la pause…

Ce Championnat s’avère décidemment compliqué.

JJG
Photo d'archive : Aurélie LANTUS

les Vidéos de Brive - Toulon

Christophe Samson - Point presse d'avant match Brive-Toulon du 03.09.10

Christophe Samson

Point presse d'avant match Brive-Toulon du 03.09.10

Philippe Saint-Andre - Point presse d'avant match Brive-Toulon du 03.09.10

Philippe Saint-Andre

Point presse d'avant match Brive-Toulon du 03.09.10

Rugbyrama

Brive abat Toulon.

Le 05/09/2010

Brive décroche une belle victoire devant Toulon (27-9) et glane même le bonus offensif au cours d'une rencontre marquée par l'exclusion précoce du centre toulonnais Kefu, auteur d'une cravate sur Palisson. Les Varois ont résisté une heure avant de craquer devant les assauts répétés des Corréziens.

Certains jugeront sa décision sévère dans un début de partie déjà tendu, d'autres le féliciteront d'avoir protégé l'intégrité physique des joueurs. Une chose est sûre, il aura fallu du cran à l'arbitre Jean-Luc Rebollal pour exclure le Toulonnais Mafileo Kefu dès la 5e minute de la rencontre entre Brive et le RCT, disputée ce dimanche. Mais la cravate assenée par le centre tongien à Alexis Palisson n'appelait guère à la clémence. Si bien que les Varois voyaient s'éloigner rapidement la perspective de rester invaincu en déplacement.

Pourtant, de manière assez surprenante, les hommes de Philippe Saint-André faisaient mieux que résister face à des Brivistes impuissants, qui préféraient répondre à la rudesse adverse au lieu de déployer leur jeu. Si bien que Jonny Wilkinson (18e, 21e) pouvait répondre à Mathieu Bélie (6e, 8e) et permettre aux siens de regagner les vestiaires sur un score de 6-6. L'ouvreur anglais ratait même la possibilité de prendre l'avantage à quelques secondes du repos.

Le bonus à l'usure

Un avantage qui aurait sans doute semé un doute supplémentaire dans les têtes corréziennes. Car à leur retour sur la pelouse, les Coujoux semblaient animés de nouvelles intentions. Et ils parvenaient logiquement à forcer le verrou toulonnais par Gerhard Vosloo (13-6, 45e), à la conclusion d'une action initiée par l'intenable Alexis Palisson. Si Wilkinson maintenait un temps l'espoir (13-9, 50e), il ne restait dès lors aux locaux qu'à attendre la logique baisse de régime des Varois, qui allait intervenir après une heure de jeu en infériorité numérique. Simon Azoulai se trouvait au relais de Fabrice Estebanez pour aplatir (20-9, 65e), puis Alexis Palisson l'imitait cinq minutes plus tard, à la suite d'une mêlée à 6 mètres parfaitement exploitée.

Une troisième réalisation synonyme de bonus offensif pour les Brivistes, qui prennent cinq points précieux avant de se rendre à Paris pour y défier le Stade Français. Il dépassent du même coup leur adversaire du jour et pointent au 8e rang. Quant au RCT, qui recule à une décevante 10e place, il n'aura d'autre choix que de s'imposer enfin à domicile pour compenser ce revers. Au menu de la prochaine journée, la venue du promu Agen à Mayol.

Thomas GOURDIN

L'Equipe.fr

Brive, c'est bonus.

Le 05/09/2010

Brive s'est offert Toulon (27-9) et son premier bonus offensif de la saison. Le CAB a disputé la majeure partie en supériorité numérique mais a été long à mettre la main sur la rencontre.

Sans se chercher d'excuses, Sébastien Bruno livrait une analyse assez juste du match perdu face à Brive (27-9). «Nous pensions qu'il y avait un coup à jouer, malheureusement nous avons craqué en deuxième mi-temps. Nous savions que ce serait très dur au bout de cinq minutes.» Pourquoi au bout de cinq minutes ? Parce qu'à partir de ce moment là, Toulon allait jouer à quatorze après l'expulsion de Kefu pour une vilaine cravate sur Alexis Palisson.

Pourtant, les Brivistes ont semblé décontenancés par cet avantage inespéré. Voulant trop en faire, trop profiter de leur supériorité, ils s'emmêlaient les pinceaux et ressemblaient presque à des petits garçons surpris d'être là. A tel points qu'ils ne profitaient absolument pas du réorganisement obligé des Toulonnais et perdaient même Ribes dix minutes après que celui-ci ait enchaîné quatre fautes. A la pause, rien ne semblait se décider et le coup envisagé par les coéquipiers de Sébastien Bruno semblait plus que possible.

Mais la débauche d'énergie des Toulonnais allait finir par se payer. Fabrice Estébanez montrait régulièrement la voie et Alexis Palisson, intenable, trouait régulièrement la défense adverse. Mais l'arrière s'isolait un peu trop souvent et le RCT pouvait rester au contact. Jusqu'au premier essai coujou par Vosloo qui allait libérer définitivement le CAB. Les trois-quarts corréziens se mettaient alors en mouvement et donnaient le tournis à la défense adverse. Azoulai et Palisson inscrivaient les deux essais supplémentaires, synonymes de bonus offensif. Jusqu'à présent, Toulon avait été fort loin de Mayol. Dorénavant, tout est à refaire. Pour Brive, au contraire, tout commence.

Bertrand LAGACHERIE

Sports.fr

Brive sort de la zone rouge.

Le 05/09/2010

Pratiquement condamné à la victoire après un début de saison plus que difficile, Brive s'est donné de l'air, dimanche, en s'imposant (27-9) face à Toulon. Si le succès corrézien est finalement large, il doit peut-être beaucoup au carton rouge reçu par Kefu après cinq minutes de jeu, Toulon devant évoluer à quatorze tout au long du match. Un RCT qui concède déjà sa troisième défaite en cinq journées.

Du coeur, des intentions, et un peu de chance, aussi. Dimanche, face à une équipe toulonnaise qui se présentait à Amédée-Domenech avec la ferme intention d'aligner une deuxième victoire consécutive après son succès étriqué à La Rochelle mercredi (13-15), Brive aura connu dans un même match tous les ingrédients nécessaires à sa survie dans le Top 14.

Car si le coeur et les intentions avaient été déjà perçus auparavant, notamment à Clermont avant de craquer, l'équipe corrézienne avait jusqu'alors clairement manqué de réussite. Alors, même si ce n'est pas dans l'esprit rugby de se réjouir des malheurs des autres, le carton rouge adressé par M. Rebollal à Mafileo Kefu dès la cinquième minute pour une cravate ressemble fort à un signe positif longtemps attendu par le staff briviste. Car si le geste du Tongien est évidemment sanctionnable, il ne mérite certainement pas la sanction suprême.

Toulon, déjà vaincu deux fois en quatre journées, n'avait certainement pas besoin de cela. Mais loin de se décourager, les hommes de Saint-André partent vaillamment au combat, portés par un Jonny Wilkinson décidé à prendre le jeu à son compte. Derrière ses avants toujours performants, l'Anglais traduit en chiffres les fautes corréziennes, passant deux pénalités qui permettent au RCT de rester au contact à la pause, 6-6.

Palisson intenable

Ce score, les Varois ne le tiendront finalement pas longtemps. Sans démériter, ils payent progressivement leur infériorité numérique, face à des Brivistes qui semblent enfin décidés à en profiter. Le premier essai de la rencontre en témoigne, le salut local dans cette rencontre passe par le jeu, comme le souhaite Ugo Mola. Derrière une mêlée, Alexis Palisson, énorme de bout en bout et déjà à l'origine du carton rouge de Kefu, met les cannes, son action étant conclue par Vosloo en bout de ligne (46e). Brive prend ainsi l'avantage, mais tarde à se mettre à l'abri, Toulon restant au contact par une nouvelle pénalité de Wilkinson.

Les vingt dernières minutes de la rencontre, comme attendu, sont cependant totalement en faveur des Coujoux. Et l'enthousiasme local est récompensé par deux nouveaux essais, synonymes de point de bonus offensif, inenvisageable avant le coup d'envoi. Azoulai et Palisson, justement récompensé de sa prestation par ce troisième et dernier essai, aggravent le score, qui sera finalement de 27-9. Ugo Mola peut lever les bras, le soulagement est visible sur tous les visages brivistes, qui glanent là seulement leur deuxième victoire de la saison.

Bruno : "Réagir à Mayol"

Un bilan comptable finalement équivalent à celui de son adversaire du jour. Toulon, demi-finaliste l'an passé et toujours plus ambitieux à l'orée de cette saison, n'a en effet gagné que deux fois, les deux fois à l'extérieur. Ce revers est d'autant plus inquiétant qu'il survient loin de Mayol, où les Varois se sont déjà inclinés à deux reprises. "On a essayé de résister mais on a craqué en seconde période", analysait justement Sébastein Bruno au coup de sifflet final devant les caméras de Canal +. "Ils ont enchaîné, nous on a laissé des espaces et le mental en a pris un coup. Maintenant, il ne faut pas se trouver trop d'excuses, il va falloir bosser et réagir à Mayol face à Agen."

Réagir, oui, et vite. Car au soir de cette cinquième journée, le RCT se retrouve 9e, un point derrière son adversaire du jour. Mais surtout à sept longueurs du leader bayonnais. Agen est prévenu, Toulon sera affamé, samedi. Ce qui ne suffit pas toujours.

Matthieu ABADIE

Rugby365.fr

Brive et Kefu coulent Toulon.

Le 05/09/2010

Brive a décroché une victoire bonifiée (27-9), dimanche face à une équipe de Toulon réduite à quatorze après cinq minutes de jeu suite au carton rouge de Kefu. Le CAB respire, Toulon, qui a longtemps résisté, est à la traine.

Le jeu
Le match sentait la poudre entre deux équipes en besoin de points après un début de saison difficile. Dès la cinquième minute de jeu, Kefu a changé à lui seul la physionomie de la rencontre en écopant d'un carton rouge suite à un plaquage haut, dangereux et grossier sur Alexis Palisson. A la recherche de points après trois défaites, Brive en a profité pour prendre l'avantage au score (6-0) et entrer dans le match idéalement. Mais le CAB s'est ensuite montré incapable de trouver la solution face à la défense toulonnaise pourtant privée d'un élément. Malins en mêlée et accrocheurs dans le jeu, les Varois ont réussi à faire leur retard. La botte de Jonny Wilkinson a permis aux hommes de Phillipe Saint-André de recoller au score (6-6). Juste avant la pause, l'Anglais a même eu l'occasion de donner l'avantage au RCT.

En deuxième période, les Brivistes ont enfin réussi à percer la muraille adverse avec un essai en bout de ligne de Vosloo. Sur le renvoi, Wilkinson a passé trois nouveaux points permettant de rester au contact. Après plusieurs situations chaudes dont une gâchée par Cooke, Brive parvient enfin à creuser l'écart grâce à un essai d'Azoulai. Mieux, dans la foulée, Alexis Palisson, auteur d'un très gros match, offre le bonus au CAB. Après avoir tenu à 14 pendant 60 minutes, Toulon a craqué en fin de match et enregistre sa troisième défaite de la saison. Avec cinq points engrangés, Brive a parfaitement profité de sa supériorité numérique et se donne de l'air au classement.

Les Brivistes

A 15 contre 14 pendant 55 minutes (puisque RIBES a écopé dun carton jaune), les Brivistes se sont longtemps cassés les dents sur le rideau adverse. La mêlée a eu du mal face à la roublardise toulonnaise. Les choses se sont arrangées en deuxième mi-temps avec les entrées de CARDINALI et KINCHAGISHVILI en première ligne. Titularisé au centre, Fabrice ESTEBANEZ a réalisé une très grosse prestation. L'ancien treiziste a été de toutes les relances. Il s'est souvent muté dans le rôle d'ouvreur en distribuant le jeu avec beaucoup d'à propos. Dans tous les bons coups. Tout comme Alexis PALISSON. L'arrière international a créé de nombreuses brèches par ses accélérations. Il a été récompensé par l'essai du bonus. WAQASEDUDUA a aussi apporté le danger sur son aile. De l'autre côté COOKE s'est montré trop gourmand. VOSLOO, en inscrivant le premier essai du CAB, a sonné la charge. AZOULAI, entré en jeu, a apporté sa pierre à l'édifice avec un essai et une activité qui a épuisé les Toulonnais.

Les Toulonnais
Maleli (sic) KEFU a été l'homme du match. En cinq minutes, le centre a faussé le rencontre avec un plaquage dangereux et une expulsion qui a mis dans l'embarras une équipe toulonnaise à la recherche de certitudes. George SMITH s'est alors mué en troisième ligne/centre. Le joueur a terminé sur les rotules après un match plein. Juan Martin FERNANDEZ LOBBE s'est lui aussi battu. Le public briviste ne s'y est pas trompé en applaudissant la sortie du capitaine toulonnais. Malgré un échec au pied, Jonny WILKINSON a longtemps entretenu l'espoir. Surtout l'ouvreur anglais a encore impressionné par sa présence en défense et une qualité de plaquage incroyable. L'ancien Clermontois SAMSON a été l'un des joueurs toulonnais les plus actifs en deuxième période. A sept contre huit, le pack a souffert. La roublardise n'a pas suffi. TAUMOEPEAU puis BRUNO se sont aussi montrés en difficulté sur les touches.

Nicolas COUET

Site du CA Brive Corrèze Limousin

CA Brive 27 - 9 Toulon.

Le 05/09/2010

Très vite en supériorité numérique suite au carton rouge reçu par Kefu, le CA Brive s'impose avec le bonus face au Rugby Club Toulonnais.

Brive, bien entré dans la partie, met la pression sur le RCT dès les premiers instants. Alexis Palisson s'infiltre dans la défense adverse mais il est stoppé net par un placage à la carotide de Kefu. M. Rebollal expulse définitivement le trois-quart centre, Toulon se retrouve en infériorité numérique après seulement  cinq minutes de jeu. De vingt-deux mètres en coin, Mathieu Bélie en profite pour ouvrir le score.

Deux minutes plus tard, Fabrice Estebanez arrache un ballon et lance le contre briviste. Alexis Palisson échoue à cinq mètres de la ligne mais Brive obtient la pénalité. Mathieu Bélie double la mise (6-0).

Après dix minutes de jeu, les Corréziens mènent au score et sont un de plus. L'entame est quasi idéal. Mais comme à Bayonne la semaine dernière, la machine va quelque peu s'enrayer. Les Noir et Blanc multiplient les fautes et les approximations. A la 20e, Toulon est revenu à égalité et Brive a perdu Guillaume Ribes sur carton jaune.

La suite de la première mi-temps ne va pas arranger les affaires brivistes. Wilkinson, que l'on savait habille au pied se permet même de placer quelques accélérations tranchantes. Heureusement pour les Blanc et Noir il manque deux coups de pied important avant le repos (un drop et une pénalité).

A la mi-temps, le score est de 6-6. Les coéquipiers d'Antonie Claassen doivent montrer un visage plus conquérant avec d'avantage de maîtrise face à des Toulonnais qui essaient logiquement de casser le rythme.

Alexis Palisson l'a bien compris et tente d'entrée de jeu une relance. Il passe en revue la défense  du RCT mais il est stoppé juste devant la ligne varoise. Le jeu rebondit, le ballon va de main en main et atterrit dans les mains de Gerhard Vosloo en bout de ligne. Le troisième-ligne sud-africain semble poussé hors des limites des terrain mais M. Rebollal demande la vidéo. Essai validé !

Gerhard Vosloo a offert un véritable numéro de funambule pour marquer cet essai. Des 'Vosloo', 'Vosloo', 'Vosloo' résonnent dans tout le Stadium. L'ovation est à la hauteur de la performance de haut vol réalisée par le sud-africain aujourd'hui. Mathieu Bélie transforme (13-6).

Le RCT réagit immédiatement par Wilkinson sur pénalité (13-9) et commence à pousser ses actions. Mais Brive tient le choc et va accélérer à l'heure de jeu. Gerhard Vosloo encore lui met au supplice la défense toulonnaise. Fabrice Estebanez récupère le ballon, feinte la passe puis sert Simon Azoulai qui marque le deuxième essai du match (20-9).

Il reste un quart d'heure à jouer. Les Corréziens ont inscrit deux essais et sont à 15 contre 14, difficile de ne pas penser à un éventuel bonus. Et c'est chose faite à peine quatre minutes plus tard. Alors que les Brivistes obtiennent une pénalité à vingt-deux mètres face aux perches, l'option de la mêlée est choisie. Le cuir sort pour Orquera qui attaque la ligne, fixe la défense et sert Palisson lancé comme un obus qui aplatit (27-9).

Il reste dix minutes à jouer et malgré une dernière attaque varoise, Brive ne sera pas inquiété. Un passage à vide vient même priver les Blanc et Noir d'un quatrième essai.

Les hommes d'Ugo Mola s'imposent donc sur le score de 27 à 9. Certes Brive à joué en supériorité numérique, certes la victoire fut longue à se décider mais ces cinq points feront certainement du bien dans les têtes et évidemment sur le plan comptable.

Prochain rendez-vous samedi prochain avec un déplacement au Stade-Français.

E-Bleu Marine

Le RCT broie du noir en Corrèze.

Le 05/09/2010

Gagner à Brive ne s’annonçait pas aisé, alors l’emporter réduit à 14 tout un match aurait carrément relevé de l’exploit. En effet, gros coup dur pour le RCT d’entrée de match ! Brive attaqua en première main, Palisson s’intercala et fut cravaté par Kefu qui écopa d’un sévère carton rouge. Les malheurs varois perdurèrent sur un contre rondement mené par Estebanez et poursuivi par Cooke et Palisson. Belie concrétisa avant que Mela n’échoue sur un pick and go à quelques centimètres de la ligne (13ème). Après avoir fait le dos rond, Toulon se refit une santé, aidé par la nervosité corrézienne. L’indiscipline des locaux permit même à Wilkinson de convertir 2 pénalités. Tant et si bien qu’au repos, les deux équipes étaient dos à dos (6-6).

Cavalier seul briviste en seconde période

La seconde mi-temps s’avéra noire dans tous les sens du terme. Au départ du cavalier seul briviste, un homme : l’arrière Palisson qui effectua une relance explosive sur 50 mètres. Le jeu rebondit et sur le renversement, Estebanez décala Popham puis Vosloo aplatit en coin in extremis (47). Wilkinson eut la bonne idée de ramener les siens à 4 points. Mais dominé, Toulon explosa dans les 20 dernières minutes sur la multiplication des temps de jeu brivistes. Une première percée d’Estebanez envoya Azoulai derrière la ligne. Puis Palisson fit une nouvelle fois la différence en prenant l’intervalle. Il n’y avait plus qu’une équipe sur le terrain. Brive en l’occurrence qui faillit inscrire un 4ème essai par Vosloo dans les ultimes instants. Les Noirs de Corrèze terminèrent en roue libre face à une formation toulonnaise manquant singulièrement de fraîcheur physique. Le RCT revint donc bredouille d’Amédée Domenech, avec peu d’enseignements positifs dans ses bagages. Pour la première fois cette saison, il n’engrangea aucun point et tâchera de relever la tête, samedi devant son public, face au promu agenais.   

Johan LIVERNETTE

E-Bleu Marine

Noir c’est noir, il y a toujours de l’espoir.

Le 06/09/2010

Un carton rouge récolté d’entrée de jeu, une résistance due à la fébrilité briviste, puis une défense débordée de toutes parts et enfin une vilaine blessure au genou pour Fabien Cibray. Tel est le cruel bilan de ce troisième déplacement rouge et noir de la saison (27-9). Rien de bien fameux donc. Cela sentit le roussi très rapidement, au bout de 5 minutes exactement, avec cette expulsion assez sévère infligée à Kefu, lequel ayant pris la mauvaise habitude de plaquer haut. Toulon n’avait pas besoin de ça. Ce fut évidemment le tournant d’un match où le RCT ne fit que résister. Plutôt bien quand Brive déjoua et plutôt mal lorsque ces mêmes Brivistes enclenchèrent la marche avant. Ainsi, le généreux Vosloo devant et le virevoltant Palisson derrière firent mal aux hommes de Saint-André. Toulon ne put rivaliser sur la durée. Il explosa, nous parut au bout du rouleau en fin de match. Ces 3 rencontres disputées en 9 jours ne l’ont guère aidé, mais c’était aussi valable pour Brive.

Pas encore un collectif

Toulon donna aussi des signes inquiétants en mêlée. Le trio titulaire tout comme celui ayant l’habitude de débuter ne furent guère souverains. Même avant l’exclusion de Kefu, l’enthousiasme collectif était déjà briviste. Avec 3 défaites en 5 journées de Top 14, Toulon broie indéniablement du noir. D’autant que les blessures s’accumulent à la vitesse de ces rencontres rapprochées. Suta mercredi dernier à l’épaule, Cibray en fin de match au genou. Ce sera peut-être l’heure du jeune et talentueux Magnaval qui devrait compléter Mignoni à la mêlée. L’espoir pourrait surgir de cette jeunesse rouge et noire si elle venait à être lancée dans le grand bain. Car pour l’instant, le recrutement n’est pas à la hauteur des espérances. Hâtivement encensé par nos confrères, Hayman est à la peine dans le jeu comme en mêlée, Genevois et Schofield sont blessés, Smith se démène comme il peut derrière un 5 de devant malmené, Messina cherche ses marques au centre, idem pour Lamont, Lapeyre et Sackey qui connaissent un début d’exercice difficile. Tout ceci n’incite pas à l’optimisme derrière, ni devant d’ailleurs où la multitude d’absences n’arrangent rien à la cohésion du pack. Il y a toujours de l’espoir bien heureusement car le potentiel est bien là, même s’il déçoit pour le moment. Seul Wilkinson est véritablement à la hauteur de sa réputation. Irréprochable, impeccable, pro jusqu’au bout des ongles, permettant de limiter la casse au classement. Le reste ne forme pas encore un collectif. Il le faudra et très rapidement, comme il faudra absolument vaincre le SU Agen samedi (14 h 30) à Mayol.
 
Johan LIVERNETTE

Var Matin

Le RCT a tenu une heure.

Le 06/09/2010

Brive a un impérieux besoin de points, Toulon, de confiance. La pression est sur les épaules des locaux dans un match placé sous tension. L’échauffourée du tout début de rencontre témoigne de l’atmosphère électrique. Le match n’a quasiment pas commencé qu’il semble déjà plié, avec d’entrée le « rouge » sur Kefu pour plaquage dangereux sur Palisson.  Deux pénalités plus loin, Brive mène le bal. Le RCT va devoir s’accrocher. Il y parvient d’ailleurs avec  panache, par l’intermédiaire de l’incontournable Wilkinson, qui remet les deux équipes à égalité, concrétisant ainsi le bon travail collectif des siens.

Sous un soleil de plomb, les Toulonnais font preuve d’un mental d’acier. Une incroyable débauche d’énergie, bien canalisée, leur permet de compenser leur infériorité numérique. Wilkinson est même tout près de faire la différence en prenant un joli trou, mais Brana à l’aile glisse au mauvais moment.

Contepomi ne parvient pas à percer le rideau défensif bien en place des Corréziens. Quant au pied d’or anglais, il échoue par deux fois sur un drop « à l’arrache », puis sur une pénalité lointaine. En tournant à la pause à égalité de points, les « Rouge et Noir » montrent, malgré le coup du sort du début du match, qu’ils ne lâcheront rien, à l’image d’un Missoup qui plaque à tour de bras. Toulon peut-il tenir ce train d’enfer, ou va-t-il rester à quai ?

Là est tout l’enjeu des quarante dernières minutes.

Toulon craque dans l’emballement final

A la reprise, les hommes de Mola, qui ont déjoué par moments dans le premier acte, se heurtent régulièrement sur une défense varoise en place. Mais celle-ci va finir par céder. Chaude alerte sur une première percée de Palisson, facilitée par de nouveaux plaquages manqués. Le ballon rebondit à l’aile, et Vosloo, très en vue, aplatit au coin du coin.  Toulon n’a pas le temps d’accuser le coup que son buteur en remet une petite couche pour revenir à quatre points.

Smith, passé au poste de trois-quarts, se multiplie, Samson prend des initiatives au cœur alors que Lamont commet une préjudiciable faute de main  à cinq mètres de « la ligne d’arrivée », peu avant l’heure de jeu. Après l’expulsion de Kefu, c’est le deuxième temps fort. Car à partir de ce moment-là, les Brivistes vont pouvoir dérouler leur rugby face à un RCT à bout de force.  Ca commence fort. Même si c’est l’époque, Cooke vendange un essai viré en oubliant son ailier.

Mais Brive remet aussitôt ça par Vosloo omniprésent, puis Palisson pour conclure par Azoulai. Toulon paie la note d’une première heure de jeu faite d’abnégation. D’ailleurs, l’arrière local  va donner le point du bonus offensif en pointant au milieu des poteaux. Physiquement, les Toulonnais sont sur les talons. Physiquement et moralement, ils n’y sont plus. Ils ont fait preuve de belles vertus pendant les trois quarts du match avant de céder dans le dernier quart d’heure, en subissant la logique loi du rugby. Le RCT  devra utiliser cette performance, cette première heure de jeu, pour préparer la venue d’Agen.

Paul MASSABO

La Provence

C'était mission impossible pour le RCT.

Le 06/09/2010

Réduit à quatorze dès la 4e minute, le RC Toulonnais a résisté mais a fini par chuter à Brive.

La course à handicap. Voilà le nouveau jeu du RC Toulonnais. Après avoir été contraint de faire le plein à l'extérieur (Biarritz et La Rochelle) pour effacer les échecs subis à Mayol (Bayonne et le Racing-Métro), l'équipe provençale a dû jouer pratiquement tout un match sur terrain adverse en infériorité numérique, hier.

Quatre minutes. C'est le temps durant lequel elle a pu évoluer à quinze. Coupable d'un placage haut particulièrement dangereux sur Palisson, dès la première offensive briviste, Kefu allait écoper d'un carton rouge. Amputé d'un élément d'entrée de jeu ou presque, le RCT était parti pour un très long dimanche de galère.

"Le match a été immédiatement plié", regrettait après coup le président Mourad Boudjellal. "C'est devenu forcément compliqué, renchérissait Philippe Saint-André. Je n'ai pas bien compris la décision de l'arbitre. À l'avenir, quand il y aura le même type de placage sur l'un de mes joueurs, j'espère que la sanction sera similaire. Je surveillerai tout ça de très près. En tout cas, un Racingman avait été auteur d'un geste identique contre nous (le 27 août) et il n'y avait même pas eu de carton jaune. Mais bon, ce sont les aléas. Il faut respecter le choix du corps arbitral."

Mafileo Kefu, lui, avait bien du mal à l'accepter cependant. "C'est insensé, s'insurgeait-il devant son vestiaire. C'était simplement le premier placage. Un carton jaune aurait été plus juste. Mais pas un rouge! C'est de la folie! " Le 3/4 centre australien aura ainsi passé le match à regarder ses partenaires subir et se démener sans lui. Au final, ceux-ci ont naturellement lâché prise, mais ils n'ont pas été complètement dépassés.

Ils étaient même sur la même ligne que leurs adversaires à l'issue de la 1ère mi-temps, une période où ils auraient très bien pu "prendre" le score à leur compte si Brana, lancé par Wilkinson, n'avait pas trébuché à l'instant de bondir vers l'en-but. Mais il serait injuste de mettre au pilori l'ancien Montpelliérain, suppléant Sackey écarté. Car, jusqu'à l'heure de jeu, on l'aura surtout remarqué pour son extrême générosité en défense.

Comme le RCT en général et un tentaculaire Missoup en particulier. Mais à force de compenser et de mettre du coeur pour quinze, le poids de ce combat inégal fut trop lourd à porter pour des Varois éreintés. "On a peut-être accompli nos soixante plus belles minutes depuis le début du championnat, estimait Boudjellal. Mais ensuite, on a explosé physiquement. Avec trois matches en neuf jours dont le dernier à quatorze, c'était prévisible."

Boudjellal : "Pas inquiet"

Si maladroit et même suffisant par moments, le CAB devait finir par arracher le gain d'un succès qui lui était de toute façon promis après cinq minutes de jeu. Entre-temps, celui-ci était tombé sur un adversaire qui avait seulement réussi à retarder l'échéance. C'était déjà beaucoup compte tenu des circonstances. Mais dans ces conditions, le courage ne rapporte rien sur un plan strictement comptable.

"On n'est qu'à la 5e journée. Je ne suis pas du tout inquiet , assurait le président Boudjellal. L'équipe est en train de se mettre en place. Aujourd'hui (hier), on a montré que l'on avait du coeur. Si on avait gagné ce match à quatorze après quatre minutes, on serait champions d'Europe!" Le RCT se contenterait bien d'une nouvelle place en phase finale du Top 14 au printemps prochain. En sera-t-il capable?

Laurent BLANCHARD

La Montagne

Brive 27-9 Toulon : « On les a eus à l'usure ».

Le 06/09/2010

Après une première mi-temps en demi-teinte, les Corréziens ont su se ressaisir pour aller « mettre une cerise » sur le gâteau de leur victoire face à Toulon.

Oubliée la soupe à la grimace de Bayonne. Hier soir, au coup de sifflet final, les Brivistes arboraient tous une large banane en guise de sourire. Une joie d'autant plus grande que cette victoire bonifiée arrivait en conclusion d'une semaine marathon ponctuée par deux matchs à l'extérieur.

Victoire bonifiée

Et puis, battre Toulon, cela reste une petite performance. « On avait en face une équipe très expérimentée, même à 14. Je crois qu'il y avait 500 capes sur le terrain du côté du RCT. Ils ont des joueurs intelligents qui ont su couper le jeu, ralentir tous les ballons », explique Fabrice Estebanez.

Du côté des Cabistes, la victoire ne faisait pas oublier que tout n'avait pas été parfait. Surtout en première mi-temps. « Après le carton, on s'est mis à déjouer. On s'est sans doute trop affolé à vouloir marquer sur le premier temps de jeu », poursuit l'international.

Même analyse, évidemment du côté d'Ugo Mola, l'entraîneur en chef du CABCL : « Qu'est-ce qu'on a dit aux joueurs à la mi-temps ? Que s'ils voulaient que le match nous échappe, il fallait continuer à faire ce qu'on avait fait durant une demi-heure, à savoir ne pas jouer (...) ».

Car après ce rouge, Ribes a vu jaune. « C'est rageant. Je pêche par excès d'engagement. Mais c'est vrai que c'est dur de laisser ses copains à 14 pendant dix minutes. Surtout qu'on prend trois points sur l'action », explique le talonneur. A-t-il douté de la victoire ? Pas vraiment. « On les a eus à l'usure. Jouer à 14 durant 80 minutes, c'est vraiment dur. À 15, cela n'aurait sans doute pas été la même histoire, mais c'est tant mieux pour nous ».

De son côté, Fabrice Estebanez estimait que la victoire « était un strict minimum ». « Elle est bonifiée, c'est la cerise sur le gâteau ». (...)

Michaël NICOLAS

Var Matin

A Brive pour rien ? Pas si sûr...

Le 07/09/2010

Zéro point, zéro essai. Le bilan comptable des Toulonnais pour leur déplacement dominical en terre briviste n’est pas brillant. Ajoutez à ça, la blessure au genou apparemment sérieuse de Cibray qui vient compléter une infirmerie déjà très occupée et vous aurez le reflet d’une journée sportive frustrante.

Pourtant, si on y regarde de plus près, le constat de cette première défaite (27-9) du RCT en déplacement cette saison n’est peut-être pas aussi noir qu’il n’y paraît.

Reconnaître une équipe solidaire

En effet, sur le stade Amédée-Domenech, les « Rouge et Noir », excellents à Biarritz et longtemps dominateurs à La Rochelle, ont fait mieux que se défendre face aux partenaires de Vosloo et Palisson pendant... une heure. L’infériorité numérique après l’expulsion de Kefu pour « cravate » a coûté cher aux Toulonnais, peut-être bien la victoire.

« C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis » dit le dicton. C’est dans la difficulté qu’on reconnaît une équipe, pourrait-on compléter. Et sur ce plan-là, Fernandez Lobbe et ses coéquipiers ont prouvé par leur vaillance, leur abnégation, leur solidarité que leur groupe varois prenait corps. Certes, pas aussi vite que l’impose un calendrier exigeant (neuf matchs en huit semaines) mais de façon suffisamment rapide pour envisager des lendemains qui chantent.

Toulon a notamment prouvé qu’il avait un bel effectif. Les entrées intéressantes de Brana et Samson notamment sont porteuses d’espoirs. Le staff technique sait pouvoir s’appuyer sur un groupe élargi. Le banc toulonnais pourrait faire, à terme, la différence quand l’équipe tournera à plein régime.

« Il ne faut pas s’emballer » avait coutume de répéter « PSA » la saison passée quand le RCT marchait bien (onze succès consécutifs). C’est aujourd’hui le président Boudjellal qui affirme : « ça va venir »

Un peu de retard à l’allumage

Avec dix points, Toulon est en bonne compagnie. Il a le même total que Perpignan ou Biarritz, les finalistes malheureux du Top 14 et de la coupe d’Europe.

Avec une moyenne britannique à zéro (les bonus ne sont pas pris en compte), le RCT accuse du retard sur un tableau de marche européen. Pour autant, il n’y a pas le feu à la maison pour peu que les Agenais soient dès samedi, les prochaines victimes de Toulonnais. Ils ont soif de réhabilitation devant leur public et doivent le montrer. ça devrait donc passer par du jeu et... des essais.

Paul MASSABO

La Provence

Le dangereux exercice du yo-yo.

Le 07/09/2010

L'inconstance de Toulon, encore battu dimanche, est une limite à de solides ambitions.

Soigneusement vêtus d'un tee-shirt du club, Antonie Claassen et Gerhard Vosloo ont été les premiers à arriver chez Ponpon, un petit comptoir en bois installé dans la cour du Café de la Poste. Cet établissement du centre-ville de Brive sert de Quartier Général aux joueurs du CA Brive et dimanche soir, la plupart d'entre eux n'ont évidemment pas manqué de faire halte en ces lieux. Sur un écran plat, les images de leur victoire acquise devant le RC Toulonnais quelques heures plus tôt (27-9) défilaient sans engendrer de commentaires euphoriques dans l'assistance.

Assis dans un coin de la salle, en retrait, les yeux rivés vers la télé, Vosloo, casquette enfoncée sur sa tignasse blonde, et Claassen dégustaient un dessert en guise de douceur après les rudes mêlées. Le temps était seulement à la détente. C'était tout. On a la célébration sage chez les Corréziens. À ce moment-là, il y avait longtemps que la délégation du RCT avait décollé de l'aéroport de Brive, embarquant avec elle un blessé de plus (Cibray) pour l'infirmerie mais sans un seul point au compteur.

Battu là où il avait conclu victorieusement (23-26), en avril, la phase régulière d'une précédente saison des plus épatantes (demi-finale), le club varois n'est plus invaincu à l'extérieur. La série courait depuis huit mois et le lourd revers subi à Clermont (39-3), au sortir d'une trêve hivernale ultra fine. Entretemps, bien sûr, il y avait eu cette élimination en demi-finale face à cette même ASM, future championne, mais la défaite avait eu lieu à Saint-Étienne, au terme d'un des plus époustouflants matches de rugby de ces dix dernières années (29-35 a.p.) voire davantage. Pas sûr que l'on revive ça de sitôt dans les rangs toulonnais.

Pression permanente

Ce n'est naturellement pas encore le moment de présager quoi que ce soit. Qui aurait pu imaginer, en septembre 2009, le sensationnel parcours du RCT la saison passée? Qui peut réellement se projeter, aujourd'hui? Il n'empêche, la trajectoire des Provençaux est en train d'épouser les contours d'un exercice compliqué. Compliqué, il l'est, à cette heure, en raison d'une inconstance incompatible avec les objectifs d'une équipe qui entend s'installer dans le Top 6, tremplin pour de nouvelles phases finales. Classé 10e après cinq journées et à trois points seulement de la 6 e place, Toulon a encore de la marge. Bien sûr. Mais il ne pourra pas toujours tenir en équilibre sur un bilan on ne peut plus irrégulier.

Car jusqu'à présent, le RCT joue essentiellement au yo-yo. Un coup non (revers contre Bayonne, le Racing-Métro à Mayol puis dimanche à Brive), un coup oui (victoires à Biarritz et à La Rochelle). Le jeu est pour le moins risqué, plaçant les Toulonnais sous pression en permanence et obligeant ceux-ci à reconstruire sans cesse ce qui a été systématiquement détruit juste avant. Tant qu'ils n'auront pas bâti sur la durée, ils ne pourront sérieusement pas cibler l'un des six premiers rangs de la phase régulière, leur ambition mineure à l'instant de s'élancer dans ce championnat le mois dernier.

Sang-froid et espoir

Alors, pour le moment, le RCT se découvre des qualités de sang-froid dans la défaite longtemps insoupçonnées. Dimanche soir, à Brive, on s'en remettait encore à ce brin de chance qui peut faire basculer un match du bon côté, comme à La Rochelle, quatre jours plus tôt (13-15), là où les buteurs charentais avaient touché les poteaux et complètement dévissé aussi. Cette fois, le carton rouge infligé à Kefu, dès la 4e minute de jeu, cristallisait tous les regrets.

Ces mêmes Varois - c'est vous dire - trouvaient également des motifs d'espoir dans la bravoure employée pour ne pas sombrer tout de suite devant un pauvre CAB malgré une infériorité numérique quasi permanente. " Pour les gens qui s'interrogeaient sur l'état d'esprit qui nous anime, estime Christophe Samson, les 60 minutes au cours desquelles on n'a rien lâché, arrivant même à faire douter les Brivistes, montrent que l'on a des ressources. On a perdu au final, mais paradoxalement, c'est de bon augure pour la suite du championnat." On se rassure comme on peut.

Laurent BLANCHARD