Toulon - Bayonne

Toulon

Toulon

Essai(s)
Transformation(s) réussie(s)
Pénalité(s) réussie(s)
5, 33, 40, 53 - CONTEPOMI
Carton(s) jaune

22-26

mi-temps : 9-13

Top 14, 1ère journée

vendredi 13/08/10 - 19:00

Arbitre : M. Cédric Marchat (Midi-Pyrénées) assisté de MM. Hadj-Bachir et Gonzalez.

Essai(s)
11, 76 - HUGET
67 - collectif
Transformation(s) réussie(s)
12, 77 - BOYET
68 - collectif
Pénalité(s) réussie(s)
27, 31, 69 - BOYET
56 - AUDY
70 - collectif
Carton(s) jaune
45 - BOYET
62 - AVRIL
Bayonne

Bayonne

[RCT/AB] Mayol n'est plus une forteresse...

[RCT/AB] Mayol n'est plus une forteresse...

le 14/08/2010 à 02:13

En s'imposant 26 à 22, l'Aviron Bayonnais brise la série de 16 matchs sans défaite du RCT à Mayol...

Philippe Saint-André avait annoncé que ce match face à Bayonne serait difficile et force est de constater que le Président Délégué au Sportif du RCT avait vu juste…

Mais de là à penser que Toulon allait perdre contre l’Aviron, il y avait un pont (sur la Nive ou sur l’Adour) que peu aurait osé franchir.

Et pourtant, les faits sont là : les Bleu et Blanc se sont imposés à Mayol, mettant ainsi fin à une période d’invincibilité débutée le 14 mars 2009. Le compteur s’arrête donc à 16 matchs sans défaite (15 victoires et un nul) pour le Rugby Club Toulonnais.

On cru pourtant, en début de match, que Toulon allait continuer sur sa lancée. Et en fin de partie, alors que la sirène avait retentie depuis 5 bonnes minutes, tout Mayol espérait une issue favorable. Il n’en fut rien…
Matt Henjak, Sébastien Bruno et Felipe Contepomi.

Pour le coup d’envoi, Felipe Contepomi tapait face à la Rade. D’entrée, les Toulonnais mettaient la pression et Bayonne trouvait une petite touche dans ses 5’’ (1e). Sur le lancer de Séb’ Bruno, Dean Schofield prenait le ballon, Olivier Missoup était au soutien. Matt Henjak ouvrait pour une attaque plein champ. Sur un renversement d’attaque, Felipe Contepomi tapait un coup de pied à suivre rasant. Un Basque récupérait le ballon mais commettait un en-avant (3e).
Mafi Kefu, Felipe Contepomi et Rudi Wulf.

La première mêlée était jouée à l’entrée des 22’’ des visiteurs. La mêlée s’écroule. A refaire. Bayonne, cette fois, rentre avant les commandements du référé. M. Marchat siffle une pénalité. A 30’’ face, Felipe Contepomi ouvre le score (3 – 0, 5e).
Felipe Contepomi.

Peu après, Matt Henjak était pris haut. De la ligne médiane, et en bord de touche gauche, l’ouvreur Argentin la tentait. Le tir était trop court et à gauche (7e).

Le RCT déjoue

Sur un ballon haut, Benjamin Lapeyre est pris et Bayonne met la main sur le cuir. Huget transperce la défense Varoise et marque (3 – 5, 11e). Face aux perches, Boyet transforme et Bayonne prend l’avantage 3 – 7.

Sur un ballon grapillé en touche dans nos 22’’, Juan-Martin Fernandez-Lobbe perce mais les Basques reprennent l’ovale et trouve une touche à 5’’ de l’en-but Toulonnais… Olivier Missoup capte le lancer de Séb’ Bruno et Puricelli se met à la faute, permettant ainsi à Felipe Contepomi de dégager son camp (16e).
George Smith, Carl Hayman, Joce Suta, Olivier Missoup, Laurent Emmanuelli et Sébastien Bruno.

Mayol s’enflamme lorsque Juan-Martin Fernandez-Lobbe reprend le ballon en position de repli et remonte sur 40’’. Le ballon file à l’aile vers Rudi Wulf mais les Joueurs de Christian Gajan veillent et l’action finit en touche (18e).

Toulon retrouve de sa superbe sur une mêlée à la 20e : le pack Rouge et Noir emporte sa rivale sur 20’’. M. Marchat siffle une pénalité à hauteur de la ligne médiane. C’est Benjamin Lapeyre qui la tente. Mais le tir de l’ancien Albigeois passe à droite.
Le pack Toulonnais

Attaque plein champ du RCT, Gerber intercepte la passe et file à l’essai dans un sprint effréné (23e). Mais l’arbitre de touche avait signalé un placage à l’épaule de Huget. Du coup, pénalité en bord de touche sifflée en faveur des Toulonnais. Du bord de touche gauche, Felipe Contepomi ne trouve pas le chemin des perches (25e).

La différence entre Bayonne et Toulon est le réalisme et la réussite : lorsque les Varois se mettent à la faute (Mafi Kefu à la 26e), Boyet score des 50’’ (3 – 10, 27e). Et lorsque Dean Schofield prend le bras de son vis-à-vis en touche, des 25’’ gauche, l’ancien Berjallien continue son sans faute (3 – 13, 31e).
Mafi Kefu et Felipe Contepomi.

Les Toulonnais sont apathiques sur le pré. Le manque de soutien sur certaines actions n’arrange pas les choses…

Les Rouge et Noir se révoltent à la 33e avec une longue série d’actions qui s’enchainent de droite à gauche, balayant le terrain. Bayonne se met à la faute. Cette fois, des 25’’ gauche, Felipe Contepomi passe la pénalité (6 – 13, 34e).

Dans la foulée, Boyet tente un drop des 60’’ qui passe à droite (35e).

Alors que la sirène annonçant la fin de la première période retentit, Bayonne se met à la faute (un Joueur ne sort pas de la zone plaqueur – plaqué). Felipe Contepomi réduit le score (9 – 13, 40e).
RCT / AB

Les deux formations reviennent sur le terrain dans la même configuration qu’au coup d’envoi.

Les Partenaires du Capitaine Juan-Martin Fernandez-Lobbe attaquent la 2nde période pied au plancher et campe dans le camp Basque.

Peu inspiré, Felipe Contepomi claque un drop à la 43e, un drop qu’il rate totalement sous la pression bayonnaise.
Geoffroy Messina, Benjamin Lapeyre et Olivier Missoup.

Benjamin Lapeyre est stoppé à 5’’ de la ligne (45e). Sur l’attaque qui rebondit, Boyet se met à la faute et récolte un carton jaune (46e). Du bord de touche droite, l’ouvreur Toulonnais rate une nouvelle fois la cible…

Toulon n’a pas su scorer sur ses temps forts

A 15 contre 14, Toulon fait le forcing mais échoue une nouvelle fois près de la ligne (47e).

Et alors qu’on venait à se poser la question de savoir si M. Marchat avait oublier son sifflet pour sanctionner la mêlée Basque qui prenait l’eau, contre toute attente, l’arbitre accordait une pénalité à la 51e. En bord de touche droite et à 30’’, Felipe Contepomi la passait (12 -13, 51e).
Le pack Toulonnais.

Mais Bayonne fait preuve d’un froid réalisme : sur son unique incursion dans le camp Toulonnais de la 2nde période, l’Aviron récole une pénalité. Audy suppléant Boyet toujours « banni », et dans un style peu académique, la réussit et redonne 4 points d’avance à sa formation (12-16, 54e).

Sur ses temps forts, le RCT pilonne mais ne marque pas… Sur un bras cassé, George Smith est pris à 2’’. Toulon enchaine les pick-and-go mais ne parvient pas à scorer…

Avril se met à la faute et prend le 2nd carton jaune de la rencontre (61e).

Sur la mêlée qui s’en suit, Bayonne est averti par le référé. Toulon fait le métier et l’essai est marqué par George Smith (63e). Mais M. Marchat fait appel à la vidéo. M. Bonhoure voit un en-avant et l’essai est refusé.

Toulon hérite toutefois d’une pénalité.
Fabien Cibray et le pack Toulonnais.

Fabien Cibray reprend la mêlée. Audy vient se mettre à la faute. Nouvelle mêlée (64e) alors que l’arbitre aurait très bien pu siffler un essai de pénalité et sortir un 3ème carton jaune…

Le pack Toulonnais rentre dans l’enbut mais M. Marchat ne se décide toujours pas à accorder un essai mais redonne une énième mêlée. Finalement, il sifflera un essai de pénalité à la 66e. Avec la transformation de Felipe Contepomi, le RCT repasse (enfin) devant : 19 – 16.

Sur le renvoi, Bayonne récupère une pénalité du bord de touche droite. Boyet, impeccable dans son jeu, remet les deux formations à égalité (19 partout, 68e).
Mafi Kefu, Joce Suta et Rudi Wulf.

Sur un gros tampon de Joce Suta sur Puricelli, le capitaine Basque garde le ballon au sol. Nouvelle pénalité pour Toulon que ne rate pas Felipe : 22 – 19 à 10 minutes de la fin.

Revenus à 15, Bayonne affiche ses intentions en attaquant sur l’aile. Pénaltouche pour Bayonne à la 75e. Le maul déroule. Le ballon file sur l’aile et Huget marque son 2nd essai de la soirée (22-24, 75e). Boyet transforme et Bayonne prend le large 22 – 26…

La fin du match est haletante : Gabi Lovobalavu est pris sur l’aile. Toulon multiplie les pick-and-go. Contepomi, servi par Jean-Charles Orioli, volleye sur Benjamin Lapeyre qui est pris à 2’’. M. Marchat revient à une pénalité.
Joe El Abd, Fabien Cibray et Paul Sackey.

Le RCT prend la mêlée. Elle s’écroule et Davit Kubriashvili reste à terre (suspicion d’entorse du coude). Carl Hayamn revient sur le terrain. Bras cassé pour le RCT. Le ballon est vite joué. Mais il est cafouillé sur l’aile droite.

Après 5 bonnes minutes de temps additionnel, M. Marchat siffle la fin de la rencontre. Les Bayonnais peuvent laisser légitimement exploser leur joie tandis que Benjamin Lapeyre et Olivier Missoup restaient hébétés et abattus sur le terrain.
Gabi Lovobalavu et Carl Hayman

Bayonne a su réaliser le match parfait à l’extérieur en exploitant les fautes Toulonnaises. Les Rouge et Noir ont dominé mais n’ont pas su scorer. On pensait que l’alerte du match amical face au Stade Français serait suffisante. Hélas, on a revu les mêmes soucis (ou peu s’en faut) et les mêmes erreurs.

Après match, PSA analysait que le RCT ne méritait pas de gagner, ayant été trop imprécis. Avec 7 nouveaux Joueurs dans l’Equipe au coup d’envoi, Toulon est peut être tombé dans le match piège ou a été piégé par le match.
MB et PSA

Plus solidaires, plus agressifs, Bayonne a réalisé un bon match, ce que n’a pas su faire Toulon. Le Championnat est encore long. Les Rouge et Noir ont remis les pieds sur terre et devront remettre le bleu de chauffe.

Laissons la conclusion à PSA : « La belle équipe c’est quand on est bon sur le terrain, pas quand on le lit dans la presse… ».

JJG
Photos : Aurélie LANTUS

les Vidéos de Toulon - Bayonne

Mourad Boudjellal - Point presse d'après match Toulon-Bayonne du 13.08.10

Mourad Boudjellal

Point presse d'après match Toulon-Bayonne du 13.08.10

Philippe Saint-Andre - Point presse d'après match Toulon-Bayonne du 13.08.10

Philippe Saint-Andre

Point presse d'après match Toulon-Bayonne du 13.08.10

Sébastien Bruno - Réaction de Sébastien Bruno après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Sébastien Bruno

Réaction de Sébastien Bruno après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Benjamin Lapeyre - Réaction de Benjamin Lapeyre après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Benjamin Lapeyre

Réaction de Benjamin Lapeyre après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Jocelino Suta - Réaction de Jocelino Suta après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Jocelino Suta

Réaction de Jocelino Suta après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Juan-Martin Fernandez-Lobbe - Réaction de Juan-Martin Fernandez-Lobbe après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Juan-Martin Fernandez-Lobbe

Réaction de Juan-Martin Fernandez-Lobbe après le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange 2010/2011).

Philippe Saint-André - Conférence de presse de Philippe Saint-André avant le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange, 2010/2011).

Philippe Saint-André

Conférence de presse de Philippe Saint-André avant le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange, 2010/2011).

Sébastien Bruno et Juan-Martin Fernandez-Lobbe - Interview de Sébastien Bruno et Juan-Martin Fernandez-Lobbe avant le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange, 2010/2011).

Sébastien Bruno et Juan-Martin Fernandez-Lobbe

Interview de Sébastien Bruno et Juan-Martin Fernandez-Lobbe avant le match face à Bayonne (1ère journée Top 14 Orange, 2010/2011).

les Photos de Toulon - Bayonne

Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Olivier Missoup. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Carl Hayman. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Matt Henjak, Sébastien Bruno et Felipe Contepomi. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Dean Schofield. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
George Smith, Joce Suta, Dean Schofield et Olivier Missoup. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Mafileo Kefu. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi et Olivier Missoup. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Benjamin Lapeyre. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Paul Sackey, Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Sébastien Bruno, Matt Henjak et Benjamin Lapeyre. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Olivier Missoup. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Olivier Missoup, Carl Hayman, Sébastien Bruno et Laurent Emmanuelli. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Paul Sackey. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Matt Henjak, Olivier Missoup et Dean Schofield. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Paul Sackey. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Matt Henjak, George Smith, Dean Schofield et Sébastien Bruno - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Mafileo Kefu et Jocelino Suta. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Carl Hayman, Sébastien Bruno, Laurent Emmanuelli et Matt Henjak. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Carl Hayman, Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Mafileo Kefu, Matt Henjak et Joce Suta. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Carl Hayman, Olivier Missoup, Dean Schofield, Laurent Emmanuelli et Matt Henjak. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
George Smith, Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Felipe Contepomi et Dean Schofield. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Sébastien Bruno et Laurent Emmanuelli. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta, George Smith, Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Matt Henjak. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi, Carl Hayman et Dean Schofield. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Carl Hayman. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Sébastien Bruno et Christophe Samson. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Rudi Wulf. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Rudi Wulf et Saimone Taumoepeau. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Christophe Samson, Felipe Contepomi et Rudi Wulf. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Jocelino Suta. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta et Carl Hayman. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Fabien Cibray et le pack Toulonnais. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi, Christophe Samson, Joe El Abd et  Olivier Missoup. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi, Joe El Abd, Fabien Cibray et Paul Sackey. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Benjamin Lapeyre et Felipe Contepomi. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Jean-Charles Orioli. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Rudi Wulf et Mafileo Kefu. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus
Jean-Charles Orioli et Carl Hayman. - Toulon-Bayonne -  © Aurélie Lantus

L'Equipe.fr

Toulon reste en Rade.

Le 13/08/2010

C'est la surprise du jour. Toulon, autoproclamé favori du championnat, s'est incliné à domicile face à de surprenants Bayonnais (22-26).

C'est un coup de tonnerre sur la Rade. Invaincu depuis douze rencontres dans son antre de Mayol, le RCT a chuté d'entrée face à des Bayonnais plein de culot (22-26). Pour ceux qui attendaient une surprise dans cette première journée de championnat, elle est là. Bayonne, normalement relégué en Pro D2 et sauvé grâce aux malheurs financiers de Montauban. Bayonne décimé par les blessures avant même le premier match officiel. Bayonne, donc, s'imposant face à l'ogre toulonnais, voilà qui devait valoir une belle côte sur les sites de paris en ligne.

For d'un recrutement haut de gamme et de matches de préparation convaincant, Toulon se présentait comme un des favoris à la course au titre. Bien sûr, le RCT n'a pas changé de statut et il reste 25 journées avant les phases finales. Mais tout de même, cet échec à la maison la fiche mal. D'autant que la manière n'y était pas. Les gars de l'Aviron prenaient le contrôle de la rencontre très rapidement. En fait, dès la première incursion dans les 22 adverses, les Basques faisaient mouche par Huget. Au passage, les Bayonnais pouvaient percevoir le bien que pourrait leur apporter Benjamin Boyet tout au long de la saison.

Apathique et en manque de réussite, les Toulonnais attendaient les dernières minutes de la rencontre pour se montrer réellement menaçants. Si Lovobalavu se voyait justement refuser un essai, le pack toulonnais en obtenait un pour son oeuvre. Avec un stade Mayol chauffé à blanc derrière eux, les Toulonnais pouvaient encore espérer renverser la tendance. Mais Huget, encore lui, concluait un beau mouvement collectif et assurait la victoire bayonnaise. Et la première grosse surprise de ce championnat.

Bertrand LAGACHERIE

E-Bleu Marine

Toulon bute sur un Aviron qui n’a rien lâché.

Le 13/08/2010

Pour n’avoir su concrétiser ses temps forts, par manque flagrant de réalisme, Toulon est tombé lors de la première journée du Top 14 (22-26). Face à un Aviron Bayonnais certes modeste, mais sacrément accrocheur défensivement et réaliste offensivement à la différence du RCT. Toulon prit pourtant le match par le bon bout, avec une mêlée souveraine permettant l’ouverture du score de Contepomi (4ème). L’ouvreur argentin déchanta par la suite dans ses tentatives. Ce qui permit aux Basques d’y croire. Sur leur première attaque faisant suite à une chandelle manquée par Lapeyre, Huget réalisa un festival au milieu d’une défense varoise médusée (10ème). Ce premier coup de froid faillit être assorti d’un second puisqu’un essai fut refusé sévèrement à l’ailier Gerber sur une interception au nez et à la barbe de Sackey.

L’Aviron a tenu bon

En retard au score, Toulon mit la main sur le ballon et sans être fameux, poussa à la faute les Ciel et Blanc. L’écart se réduit comme neige au soleil. Mais trop maladroit, fébrile et approximatif, Toulon n’y arrivait toujours pas dans son jeu de passes. Alors il fit l’effort devant dans le sillage des Fernandez-Lobbé, Hayman et Suta. Et sur une succession de mêlée fermée, il passa enfin en tête sur un essai de pénalité (68ème). Mais l’Aviron prouva qu’il avait de sacrés ressources. Boyet répondit d’abord à Contepomi au pied. Ce sont ensuite les avants qui optèrent pour la pénaltouche. Héguy y alla en costaud avant que Huget ne porte l’estocade une seconde fois. Les Rouge et Noir eurent beau tout essayer, en pick and go lors d’interminables arrêts de jeu, l’Aviron Bayonnais tint l’exploit de cette ouverture de Top 14. Ils firent ainsi tomber l’invincibilité toulonnaise qui durait depuis 18 mois.

Johan LIVERNETTE

Var Matin

Mayol n'est plus inviolé.

Le 14/08/2010

Mayol est tombé. Après presque un an et demi d'invincibilité (mars 2009), la forteresse toulonnaise a subi, hier soir, la loi des Bayonnais qui avaient annoncé, depuis plusieurs semaines, leur envie de faire un coup dans le Var (22-26). Ils ont parfaitement réussi leur coup, et le pire, c'est qu'il n'y a presque rien à dire.

Car on savait ce Top 14 exigeant, au niveau de plus en plus élevé. On savait que la moindre erreur se paierait cash. Le RCT version 2010-2011 a pu s'en apercevoir moins d'un quart d'heure après les trois coups du championnat. Une mauvaise réception, une relance approximative, une défense légèrement passive et Bayonne inscrivait son premier essai de la saison sans véritablement forcer.

Buteurs en berne

Sonnés, brouillons, les Toulonnais avaient là une excellente occasion de prouver, déjà, leur capacité de réaction. Car si l'entame avait été clairement varoise, les Bayonnais, appliqués, n'avaient guère eu à puiser dans leurs ressources pour repousser les assauts toulonnais.

Juste à faire le bon plaquage et attendre la maladresse « rouge et noir ». Les coéquipiers de Lapeyre « frisaient la correctionnelle » lorsque Gerber interceptait une passe d'Henjak et filait à l'essai... avant de se faire rattraper par l'arbitre pour un plaquage à retardement - douteux - d'un de ses coéquipiers, quelques secondes auparavant. La maison toulonnaise vacillait dangereusement.

Toulon était déficitaire dans trop de domaines pour espérer mieux. Et comme ses buteurs n'étaient guère plus inspirés (3 échecs en 30 minutes), difficile d'envisager l'éclaircie. D'autant que Boyet, lui, ne laissait pas passer les occasions de voir son équipe faire la course en tête (3-13, 31e). C'est par orgueil et grâce à un buteur qui réglait enfin la mire que les hommes de Philippe de Saint-André rentraient aux vestiaires avec, « seulement », quatre petits points de retard.

Visiblement sermonnés par leur entraineur, les Toulonnais revenaient sur la pelouse gonflés à bloc. L'occasion de voir enfin un enchainement de temps de jeu et des prises d'initiative. Le moment choisi également par la mêlée varoise, emmenée par un Hayman en mode « concassage », pour enfin prendre le dessus sur son homologue bayonnaise.

Ultime baroud d'honneur

Dominateurs les Toulonnais ne lâchaient plus le ballon mais peinaient toujours autant à créer le décalage et à percer la muraille basque. Et comme Contepomi, visiblement sur courant alternatif, ne parvenait pas à changer la donne face aux perches, les Varois couraient après le score en voyant le temps défiler.

Après avoir récolté deux cartons jaunes, les Bayonnais subissaient alors sur chaque impact et restaient campés dans leur 22 broyés par les vagues toulonnaises. A force de pousser, d'user cette défense de l'Aviron Bayonnais par une répétition de mêlée à cinq mètres, l'arbitre se décidait enfin à accorder un essai de pénalité, dans une confusion palpable. Le plus dur semblait fait, mais Boyet répliquait immédiatement et égalisait. Contepomi lui répondait sur le renvoi.

Valeureux, les Bayonnais ne baissaient pas les bras. Mieux que ça, ils réagissaient par leur homme en forme, Huget, déjà auteur du premier essai : le Basque récupérait un ballon après une pénaltouche et s'offrait le doublé.

Terrible désillusion, terrible final. Le baroud d'honneur, à l'ultime minute, et cette interminable séance de pick and go et d'assauts n'y changeront rien. Toulon manque son entrée et se met, déjà, sous pression à une semaine de se rendre chez l'autre club basque, le Biarritz Olympique qui lui n'a pas failli face à Montpellier.

Colin LECUIRE

Var Matin

Les raisons d'une grosse tuile.

Le 14/08/2010

Badaboum ! Le tiroir de l'armoire normande est tombé sur le pied. Et ça fait mal. Aux orteils, puis à la tête. Dans un Mayol flambant neuf, écrin inviolé depuis un an et demi, les Toulonnais ont maladroitement démarré la saison de toutes les attentes. Les plus folles et les plus optimistes. Soudainement et brutalement revues à la baisse. Dans ce mini drame à la sauce provençale, les raisons ne manquent pas. D'un point de vue purement mathématique, le RCT a laissé quinze points au vent et aux regrets. Le buteur désigné, Felipe Contepomi, a manqué trois pénalités et un drop alors que Benjamin Lapeyre a échoué à 55 mètres en face des poteaux sur sa seule tentative lointaine. Quinze points gâchés pour un différenciel de quatre points au coup de sifflet final, CQFD.

Sans « neuf » sang mauvais

On ne pourrait cependant résumer le naufrage toulonnais à cette seule statistique. Sur l'ensemble de la rencontre, les Varois ont fait preuve de trop d'approximations dans les transmissions et de fautes de mains pour mettre en place leur jeu. A l'image de l'équipe, Benjamin Lapeyre, étincelant lors de matchs amicaux, était visiblement tendu et inhibé. En début de rencontre l'ancien Albigeois a ainsi cafouillé une chandelle de Boyet et s'est pris les pieds dans le tapis sous une réception. Malgré une possession de balle largement en leur faveur et une mêlée archi-dominatrice, les Toulonnais ont donc péché dans le mouvement général, dans les transmissions et la finition. A ce titre, comment ne pas souligner le match très en dedans de Matt Henjak. Toujours impeccable en défense, sa prestation d'ensemble n'échappe pas à la critique. Durant cinquante minutes, l'Australien a été incapable d'accélerer le jeu, et de gagner le millième de seconde qui aurait pu permettre à ses coéquipiers de prendre en défaut une défense bayonnaise qui a contenu assez facilement leurs trop prévisibles offensives. Egalement à son débit, trois ou quatre passes dans les chaussettes de Contepomi qui n'ont rien arrangé. Sa sortie du terrain sous les sifflets d'une partie du public de Mayol a été éloquente. Entré en jeu à sa place, Fabien Cibray a mis quelques minutes à entrer dans la partie avant de prendre la mesure de son poste de cornaqueur. Trop tard malheureusement...

La défense en cause

Mais ce n'est pas tout. Le RCT a concédé des points sur quasiment chacune des incursions basques dans son camp. Sur les deux essais de l'Aviron Bayonnais, la défense n'est également pas exempte de tout reproche. Pas tant sur le premier essai consécutif à un turn-over aux trente mètres, mais bien plus sur l'essai de Huget consécutif à une pénaltouche et une attaque en première main. A quatre minutes de la fin du match... Visiblement, les scories défensives constatées la semaine dernière face au Stade Français n'avaient pas disparues. Alors, tout n'est pas à jeter dans ce faux-pas et le RCT n'est pas seul responsable de son échec. Au rugby, on est deux et en face, il y avait une équipe soudée, capable de défendre sa ligne pendant 4'30 minutes sans craquer.

Olivier BOUISSON

Rugbyrama

L'exploit de Bayonne.

Le 13/08/2010

Enorme sensation avec le magnifique succès de Bayonne sur la pelouse de Toulon  (22-26). Au bout du suspense et des arrêtes de jeu, la pléiade de stars varoises s'est heurté à une muraille basque qui aura pourtant évolué par deux fois en infériorité numérique. Huget a marqué les deux essais basques.

C'est dans une très chaude ambiance estivale que les deux équipes se sont livrées à un match finalement assez fermé. Les conditions semblaient pourtant réunies pour voir du jeu, puisque en effet le RCT avait décidé d'aligner d'entrée sept de ses recrues de l'intersaison, au rang desquelles Paul Sackey, Carl Hayman ou encore Rudi Wulf. Toulon avait ouvert le score par une pénalité (4e), mais c'est l'Aviron Bayonnais qui frappait le premier. A la suite d'une chandelle de Boyet relâchée par Lapeyre sur ses 22 mètres, les Bayonnais récupéraient et renversaient pour Huget qui se jouait de la défense pour inscrire son premier essai sous ses nouvelles couleurs (11e). Boyet transformait et le score passait à 3-7 pour les Basques. Pour l'anecdote, les Bayonnais n'abandonneraient l'avantage au score qu'à la 66ème minute. Car les Varois faisaient en effet montre d'une certaine fébrilité lors de ce premier acte, au cours duquel ils concédèrent beaucoup trop de pénalités pour pouvoir espérer se sortir du piège basque, pénalités que Benjamin Boyet, le nouveau buteur de l'Aviron, se faisait un plaisir de convertir en points (13 points pour lui aujourd'hui). Face à des Toulonnais maladroits, les Bayonnais n'en demandaient pas tant et viraient en tête à la pause sur un score de 13 à 9.

Toulon à réaction, Bayonne réaliste


C'est un tout autre visage qu'offrait le RCT en seconde période. Nul doute que Philippe Saint-André avait sur trouver les mots pour remuer ses troupes dans les vestiaires. Les Varois se sont effet montrés bien plus entreprenants et velléitaires que pendant un premier acte insipide. Ainsi, ils monopolisaient le ballon, arrivaient à enchainer en avançant... Toutefois, la réussite semblait fuir le camp varois puisque que chaque action ou presque était conclue par une faute de main ou un ballon partant en touche. Malgré cela, les Toulonnais continuaient de pousser, et à la suite d'une série interminables de mêlées à 5 mètres que le pack rouge et noir enfonçait quasi systématiquement, l'essai de pénalité fut logiquement accordé par M.Marchat (66e) ce qui permettait enfin aux locaux de prendre le score.

Mais c'était sans compter sur le réalisme et l'opportunisme de Bayonnais qui convertissaient presque chacune de leurs incursions en terre toulonnaise par des points. Audy, en l'absence de Boyet exclu temporairement, avait déjà passé trois points à la 55ème minute, puis Boyet de retour, passait lui aussi trois points à la 68ème pour remettre les deux équipes à égalité 19-19. C'est sur un de ces rares éclairs que Huget signait un doublé en force sur une remise intérieure de Boyet (75e) et donnait le coup de grâce à des Varois qui tentaient tout dans les dernières minutes pour arracher la victoire. Mais c'est bien l'Aviron qui parvenait à maintenir son avantage de quatre unités et sur un ultime en-avant toulonnais après 8 minutes de temps additionnel, le coup de sifflet final libérait des Bayonnais qui avaient bien mérité de lever les bras au ciel, un ciel bien plus dégagé qu'il ne l'était quelques mois plus tôt.

Thomas CORBET

Sud-Ouest

L'exploit de Bayonne.

Le 14/08/2010

L'Aviron a subi face au RCT, notamment en mêlée, mais, opportuniste, il a su trouver les ressources pour s'imposer à Mayol, grâce à une solidarité et une défense exemplaires.

Allez, disons-le, l'Aviron Bayonnais a réalisé un exploit hier, en s'imposant 26-22 sur la pelouse du Rugby Club Toulonnais. Une victoire acquise à l'arraché, grâce à une défense exemplaire, une solidarité sans faille, un opportunisme presque insolent et un buteur, Benjamin Boyet, auteur d'un sans-faute. Et ce, malgré une mêlée très chahutée, et une discipline qui laisse à désirer.

Un exploit également parce que Toulon, avec son armada presque galactique du rugby mondial, se posait (et se pose encore) comme un des favoris pour le titre. Parce que Toulon n'avait plus perdu sur sa pelouse depuis mars 2009 et un succès de Perpignan, futur champion.

Mais tout cela, Christian Gajan, directeur sportif de l'Aviron Bayonnais, n'y prête guère attention. Ses premiers mots sont pour appeler à l'humilité. Ses joueurs ne tiendront d'ailleurs pas un autre discours. Il glissera toutefois être « très, très fier du groupe, des joueurs, du staff ».
Arrêts de jeu interminables

Et il a de quoi. Alors oui, il convient de relativiser cette victoire, sans toutefois bouder le plaisir. Manifestement, Toulon n'était pas prêt, se montrant trop imprécis, préférant parfois à la solution collective la tentative personnelle.

Felipe Contepomi, à côté de ses pompes hier (50 % de réussite), n'a pas réussi à faire oublier l'absence du maître ès jeu au pied, Jonny Wilkinson. Pourtant, énormément sanctionné (17 pénalités concédées contre 7), l'Aviron lui avait offert de nombreuses occasions de s'affirmer. Des fautes que Gajan voit comme des pistes de travail pour les jours à venir.

Cependant, ce serait faire preuve d'un immense manque de respect pour les Bayonnais que d'attribuer leur victoire aux défaillances toulonnaises. Parce que durant presque 90 minutes (il y eut 7 minutes d'arrêts de jeu en fin de match), l'Aviron a pris la grêle, vraiment. Toulon a campé dans le camp ciel et blanc. Mais les Basques avaient dressé un véritable « Mur de l'Atlantique » pour endiguer les déferlantes méditerranéennes. « La défense a été exemplaire à tous les instants », souligne Christian Gajan. La fin de match en est l'exemple parfait.

L'Aviron n'a d'ailleurs jamais semblé s'affoler. Et a su faire fructifier presque chacune de ses incursions dans le camp d'en face. Si Contepomi ouvre le score (5e), c'est Bayonne qui va lancer le premier mouvement d'ampleur. Au sortir d'un regroupement sur les 22 mètres varois, Yoann Huget mystifie littéralement l'arrière-garde du RCT par trois crochets pour inscrire son premier essai (10e). Plongeant Mayol dans un silence stupéfait.

Un réalisme qui tranche avec l'inefficacité relative observée la saison dernière dans ce genre de rencontre. Et qui va se répéter tout au long de la soirée. Autre exemple, la première tentative de Benjamin Boyet, de 55 mètres (26e), à la trajectoire parfaite. Comme un signal envoyé au RCT pour dire que ce soir, Bayonne ne lâchera rien. Surtout pas Boyet, qui ajoutera trois points à la demi-heure de jeu (3-13). Au retour des vestiaires, les Toulonnais repartent sur les mêmes bases, la défense bayonnaise également. Même en présentant des statistiques indignes de ses habitudes, Contepomi permet au RCT de rester au contact, profitant, encore, des fautes de l'Aviron. Ce qui devait arriver, arriva. À force de constater des infractions à la règle, M. Marchat accorde aux Toulonnais un essai de pénalité qui leur permet de reprendre les devants.
Doublé pour Huget

Mais là encore, Bayonne ne s'affole pas, ne plie pas comme cela avait été le cas l'an dernier en pareilles circonstances. Et va encore, en fin de match, faire preuve d'opportunisme. Et c'est Huget, encore lui, qui s'y colle. Il reste trois minutes au temps réglementaire, et l'ailier venu d'Agen conclut en force une pénaltouche (22-26, 75e).

Douze minutes seront en fait jouées, après cette action. Douze minutes au cours desquelles Bayonne a sorti ses tripes pour entamer de la meilleure des façons son opération rachat.

Antoine TINEL

La Provence

Le RCT en dessous de tout.

Le 14/08/2010

Hier soir, Toulon a ouvert sa saison en Top 14 sur un revers au stade Mayol face à Bayonne (22-26).

La sirène avait retenti depuis cinq bonnes minutes déjà et les Toulonnais n'en finissaient pas de venir se fracasser sur la digue adverse. La ligne était là, tout près, et à chaque fois, ils s'écrasaient violemment jusqu'à perdre le ballon pour de bon et laisser filer le gain d'un succès. Alors, on vit aussitôt le dépit peser de tout son poids sur les épaules varoises.

Mais, à notre sens, ce match aurait pu durer bien plus longtemps encore sans que son issue soit chamboulée. Hier soir, le RC Toulonnais n'avait pas franchement la carrure pour s'imposer, un point, c'est tout. D'ailleurs, le public de Mayol ne s'y est pas trompé et des sifflets ont dégringolé des gradins. Le RCT n'avait perdu aucun match à domicile durant toute la saison dernière. Il vient d'entamer le nouvel exercice sur un revers à la maison.

"On ne mérite pas de gagner, a tranché Philippe Saint-André, après la rencontre. En rugby, on doit être précis et on ne l'a pas été. Avoir 80% de possession du ballon ne suffit pas. De toute façon, il faut que l'on soit beaucoup plus intelligents que ça. À chaque fois qu'on a marqué, on s'est immédiatement mis à la faute. En résumé, on a manqué d'agressivité."

C'était pourtant la qualité première à avoir, hier, face à un Aviron Bayonnais qui a défendu comme un forcené. Les Toulonnais ont trop tardé à retrouver cette vertu fondamentale après avoir fait preuve d'à peu près durant la majeure partie de la soirée. Comme s'ils ne s'étaient pas rendus compte que le Top14 venait d'ouvrir. En fait, celui-ci a bien commencé, hier, mais sans les Varois, tant ceux-ci ont longtemps été en dessous de tout. Avec un buteur réaliste, le RCT aurait très bien pu s'éviter ce couac initial.

Mais Contepomi, suppléant un Wilkinson encore un peu juste (épaule), a globalement raté son match. Auprès de lui et en l'absence de Mignoni (insuffisamment remis d'une béquille), le staff toulonnais avait préféré lancer, d'entrée, un Henjak davantage batailleur qu'un Cibray plus utile en fin de match pour ses aptitudes à gérer le jeu. S'il est allé assez gaillardement au front, le demi de mêlée australien n'a pas apporté la fluidité nécessaire aux mouvements varois, multipliant les passes mal assurées, toujours à la limite d'une interception.Tout le contraire de Cibray, appelé en début de 2e mi-temps et bien plus limpide dans ses transmissions. Henjak n'a pas été le seul à déjouer.

Contepomi est donc passé au travers. Mais parmi les recrues de l'été, Lapeyre s'est montré brouillon, Sackey et Messina ne se sont pas véritablement signalés. Même Smith, si intéressant lors de ses premières sorties avec le RCT en phase de préparation, a trop souvent évolué à contretemps. Comme sur l'essai d'Huget, l'ailier bayonnais effaçant notamment l'ancien Wallabies (110 sélections) à la faveur d'un cadrage-débordement d'école. Ce ne devait pas vraiment être la soirée de Smith, auteur d'un malheureux en-avant à l'instant de plonger dans l'en-but, juste après l'heure de jeu.

Sur ce coup-là, Toulon, enchaînant les poussées rageuses, allait quand même arriver à ses fins, essai de pénalité à la clé, mais il lui avait fallu s'employer à la manière d'un bien laborieux élève. On attend évidemment plus d'un présumé premier de la classe. Pour l'heure, le RCT est un cador sans moteur. L'Aviron l'avait bien compris, lui qui a exploité les approximations adverses jusqu'au bout. " Bayonne a eu deux ballons dans nos 22 mètres et cela lui a suffi, a remarqué Saint-André. Cette équipe avait faim. Pour le RCT, c'est un coup d'arrêt. On va devoir bosser comme des fous." Car Biarritz, vendredi prochain, s'annonce comme une étape déterminante. Déjà.

Laurent BLANCHARD

Rugbyrama

Toulon, entrée ratée.

Le 15/08/2010

Nourrissant de grosses ambitions et doté d’un effectif riche en stars, Toulon  a pourtant baissé pavillon en ouverture du championnat face à Bayonne dans la fournaise de Mayol. Un échec étonnant et détonnant qui va rappeler à l’ordre les Varois. Ces derniers vont devoir relever la tête au plus vite.

C’est la surprise majuscule de cette première journée de Top 14. Annoncé comme l’un des favoris dans la quête du Bouclier de Brennus (deuxième dans les pronostics des entraîneurs et joueurs du Top 14 dans Midi Olympique), Toulon vient de connaître une terrible désillusion. Face à Bayonne, relégué sportivement l’an passé mais sauvé du fait des gros problèmes financiers de Montauban, ce revers fait tâche.

D’autant que le Racing-Metro, une autre formation ambitieuse, s’est illustrée dans le même temps en s’imposant à Brive. Surtout, cela lance très mal la saison des Rouge et Noir. Auteur d’un recrutement haut de gamme, l’effectif a des allures d’une constellation d’étoiles. Mais celui-ci n’a pas répondu présent vendredi face à l’Aviron bayonnais. Carl Hayman, George Smith, Rudi Wulf et Paul Sackey, alignés en tant que titulaires, n’ont pas rendu une mauvaise copie mais leur influence n’a pas été suffisante pour faire inverser la tendance.

Dominateurs en mêlée fermée et en supériorité numérique durant vingt minutes (jaunes pour Boyet et Avril), ils n’ont pas réussi à marquer le moindre essai au terme d’un lancement offensif. Ils crurent pourtant avoir fait le plus dur sur une énième mêlée enfoncée lorsque l’arbitre M.Marchat leur accorda un essai de pénalité somme toute logique. Mais fébriles dans leur tête, les Toulonnais plièrent dans la foulée sur une réalisation de Huget (75e). Malgré un dernier sursaut d’orgueil et huit minutes de jeu après la sirène, le RCT dut rendre les armes pour ce qui constitue sa première défaite à domicile depuis le 14 mars 2009.

L’exemple de…l’Espagne

Toulon ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Car les Varois eurent toutes les armes pour réussir leur entrée. Contepomi, à l’ouverture, ne fit pas oublier Wilkinson, laissé au repos. L’Argentin, qui avait martyrisé l’équipe de France lors des tests du mois de juin, ne fut pas dans un bon jour et rata trois pénalités et un drop. Soit la bagatelle de douze points. Avec un peu plus de réussite, le RCT aurait alors pu s’imposer. Mais sur le plan comptable, Toulon n’empocha qu’un petit point. Un peu amer. "Cette défaite, c'est déjà trois points de perdus", lança Philippe Saint-André. "Nous n'avons pas su s'adapter au jeu des Bayonnais. Il faudra être plus intelligents, plus clairvoyants pour gagner ce genre de matchs", déplora le talonneur international Sébastien Bruno. "Le seul point positif, c'est qu'on les a plutôt secoués en mêlée. Sinon, je ne vois pas grand-chose à retenir".

Toutefois, pas de quoi dramatiser non plus. La saison est encore longue et les Varois auront l’occasion de récupérer ces points perdus contre Bayonne à l’extérieur. "Il y a de nouveaux joueurs qui arrivent, je pense qu'il leur faudra quatre à cinq semaines pour rentrer dans le système," souligna Saint-André. Toulon a donc encore besoin de temps pour se régler. Mais il faudra faire vite car c’est un déplacement délicat qui l’attend vendredi prochain à Biarritz. "Maintenant il va falloir mettre le bleu de chauffe et travailler comme des fous. En rugby, il faut être précis et on ne l'a pas été", rajouta le manager varois. Le président Mourad Boudjellal ne veut pas tomber non plus dans la sinistrose. "C'est une saison qui commence mal, espérons qu'elle finisse bien. Mais regardez l'Espagne en Coupe du monde: ils ont perdu leur premier match et ils ont fini champions du monde !" Les supporters de Mayol en rêve…

Clément MAZELLA

La Provence

L'affaire peut vite se compliquer pour le RCT.

Le 15/08/2010

Dominé à Mayol, Toulon abattra déjà une carte importante à Biarritz.

Dans cette histoire, le RC Toulonnais aura quand même réussi à inscrire ses 22 points habituels au moment du lever de rideau à Mayol. Victorieux de Clermont, alors vice-champion de France, il y a deux ans, pour son retour parmi l'élite (22-16), puis contraint au nul par le Stade Français, une vraie valeur sûre, l'année passée (22-22), le club varois s'est, cette fois, incliné en ouverture (22-26) devant Bayonne qui doit sa place en Top 14 à la rétrogradation administrative de Montauban.

Ce rappel donne le sentiment d'une régression et la première réaction consisterait à ne pas accorder plus d'importance que ça à cette courbe de résultats. Le succès initial aux dépens de l'ASM, à l'été 2008, par exemple, n'avait pas dégagé la route d'un promu toulonnais qui allait passer sa saison à se battre pour ne pas retrouver la Pro D2 illico presto. Pour autant, le revers du RCT, vendredi, ne peut pas non plus être considéré comme franchement anecdotique. Le président Mourad Boudjellal a eu beau arborer la panoplie du dirigeant calme et philosophe à l'issue du match, c'est quand même lui qui croisait les doigts, juste avant le coup d'envoi, pour que son équipe ne cale pas d'entrée.

"Ce soir, il faut gagner, avait-il, alors, confié. On doit prendre des points sans tarder, car notre calendrier va rapidement se compliquer. C'est donc maintenant qu'il faut engranger." C'est raté. Et c'est ennuyeux. Boudjellal faisait ainsi référence à un automne démentiel qui verra le RCT enchaîner trois déplacements consécutifs au Stade de France (face au Stade Français), à Toulouse et à Perpignan, le tout précédé par deux rudes journées de H-Cup (devant les Ospreys et au Munster).

Il serait donc judicieux de se présenter à cette période-là avec de bonnes réserves pour ne pas ressentir en plein les effets d'une éventuelle traversée à blanc. Cela part mal. Au bout d'un seul match,faut-il déjà s'en inquiéter ? Non, car renforcé comme il l'a encore été durant l'intersaison (Hayman, Smith, Sackey, Wulf...) et handicapé, vendredi, par des absences de taille (Wilkinson, Mignoni, Van Niekerk), ce RCT, qui a assez de carburant pour justifier son statut de prétendant au titre, vaut largement mieux que le blême visage affiché contre Bayonne.

Oui, car une saison peut vite épouser un très mauvais pli et qu'il devient pratiquement impératif, pour ce même RCT, de ne pas repartir de Biarritz, vendredi prochain, avec une seconde défaite de rang. Avant de recevoir le Racing-Métro, autre épouvantail (le 27 août), tout serait réuni pour que le contexte devienne vraiment pesant à Mayol. C'est un cas de figure à prendre en compte, et ce d'autant plus que le Biarritz Olympique semble déterminé à monter d'un cran par rapport à la saison passée (7e de la phase régulière seulement).

Un Toulon, comme celui qui a été maîtrisé par Bayonne, aurait peu de chances de s'imposer à Aguiléra. "Je ne suis pas véritablement préoccupé, atténue le président Boudjellal, car on a quand même de grands joueurs professionnels qui sont en train de se manger cette première défaite (sic). Si elle est bien difficile à digérer, eh bien, les gars devraient réagir. Cela peut être un revers constructif."

À condition d'avoir pris la pleine mesure de ses carences. La semaine prochaine, au moins, Philippe Saint-André ne manquera pas de travail au Centre d'entraînement de Berg. Cela commencera par un petit rappel utile: jouer en équipe est la base d'un sport collectif et vendredi, le RCT a tout été sauf une formation homogène.

"Ce n'est pas parce qu'on te dit que tu es bon, que tu l'es, avertit Saint-André. Tu es bon en faisant preuve d'abnégation, d'humilité et en donnant tout pour l'équipe." "Il faut arrêter de parler, enchaîne Christophe Samson. C'est bien beau d'élever Toulon au rang de favori du Top 14, la vérité, on la trouve toujours sur le terrain, et pas ailleurs." Il s'agira, déjà, de la dénicher sur la pelouse d'Aguiléra.

Laurent BLANCHARD

E-Bleu Marine

Le RCT a calé d’entrée et perdu son invincibilité.

Le 15/08/2010

Cela avait couvé face au Stade Français, c’est arrivé devant Bayonne (22-26). Par manque de réalisme et d’inspiration offensive, Toulon a chuté devant son public pour la première fois depuis que Saint-André est en place. Tout sauf un hasard tant le RCT n’avait guère convaincu dernièrement face aux joueurs de la capitale. Les Rouge et Noir furent pourtant dominateurs devant, notamment en mêlée où le staff possède deux premières lattes de très bon niveau. Carl Hayman se distingua particulièrement par sa puissance naturelle. Plus en finesse, Suta et Fernandez-Lobbé mirent souvent leurs partenaires dans le sens de la marche. Devant, on vit donc du bon en conquête comme sur les pick and go et dans la conservation du ballon. C’est derrière que le bât blessa. La charnière Henjak-Contepomi multiplia les approximations et mauvais choix. Le buteur argentin ne fut pas dans un bon jour dans ses tentatives au but alors que l’arrière Lapeyre se montra malheureux sur le premier essai bayonnais puis manqua de réussite dans ses interventions ballon en mains. La ligne de trois-quarts fut globalement prévisible. Quant à la faillite de la paire de demis, elle nous rappelle l’absence de Jonny Wilkinson. Celle-ci s’est donc faite sentir. Le buteur britannique devrait heureusement revenir de blessure vendredi à Biarritz.

La paire de demis, le jeu collectif et le réalisme en question

Monopolisant le cuir à outrance, Toulon a gâché d’innombrables munitions pendant que, réduits 20 minutes à 14, les Bayonnais s’accrochaient avec leur moyen, sans oublier de scorer par l’efficace Boyet et l’ailier Huget. Leur défense acharnée a finalement pris le pas sur les balbutiantes initiatives varoises. La défense du RCT, elle, ne fut guère convaincante, l’Aviron ayant marqué sur chaque attaque. Dominer en mêlée ne suffit donc pas, la preuve. Car en étant aussi fébrile, en commettant autant de fautes de main, il était difficile de prendre à défaut ce collectif basque. Bayonne a mis les barbelés et Toulon n’a cessé de s’empêtrer sur un mur. Sans jamais trouver de solution si ce n’est l’épreuve de force en mêlée et sur pick and go. En vain. Philippe Saint-André et Aubin Hueber ont beaucoup de travail devant eux afin de mettre cette équipe sur les bons rails. Le potentiel est là, mais la réalisation ne suit pas les intentions. Il leur faudra travailler d’arrache-pied pour gommer les lacunes constatées samedi soir. Et rapidement se ressaisir car le programme à venir n’a rien d’une sinécure : déplacement à Biarritz puis réception du Racing Métro.

Johan LIVERNETTE

Sports.fr

Hueber: "Ne pas mettre le feu".

Le 16/08/2010

Débutée à l'envers par un revers surprise à Mayol, la saison du RC Toulon empruntera un chemin périlleux vendredi avec le déplacement à Biarritz. Le faux-pas face à Bayonne a donné lieu à une sévère explication de texte de la part de Philippe Saint-André quand le président Mourad Boudjellal, étonnamment calme, a préféré miser sur l'apaisement. Pour Aubin Hueber, coach des avants, pas question de céder à la panique.

Aubin, on devine forcément une grande déception au sein du staff comme du groupe après ce faux départ...
Déçu, oui, bien sûr, mais ce n'est que le début championnat. L'an dernier, contre le Stade Français, on avait fait match nul (22-22) et pris deux points. On n'en prend qu'un sur ce match, donc on compte un point de retard par rapport à notre tableau de marche de la saison passée si on veut se montrer un peu philosophe. Mais il est vrai que la nuit de vendredi à samedi a été courte entre les vidéos et les réflexions en tant que coachs. C'est un peu dommageable parce qu'il y avait une belle ambiance au stade, tous les ingrédients étaient réunis pour faire quelque chose d'intéressant. Mais il y avait Bayonne qui était là, et ça, on n'y avait peut-être pas trop pensé...

Faut-il en déduire que vos joueurs n'avaient pas pris conscience de la capacité de réaction de ces Bayonnais débarqués à Mayol le couteau entre les dents ?
En tout cas, il faut tirer un grand coup de chapeau à cette équipe de Bayonne, qui était venue avec ses armes, déterminée ; ils avaient annoncé qu'ils voulaient faire un coup, ils l'ont fait, il faut leur dire bravo. A partir de là, à nous de nous mettre au travail, d'être bien appliqué dans ce qu'on veut mettre en place, de nous remettre au travail et de nous remettre en cause sans mettre non plus la révolution parce qu'il n'y a pas le feu non plus. Il y a encore vingt-cinq journées devant nous.

"Avoir une équipe compétitive, il ne suffit pas de le dire"

Autant les pronostics flatteurs et les dithyrambes au sujet du RCT et de son recrutement avaient dû vous laisser froids, autant on imagine qu'il n'est pas question aujourd'hui de tomber dans la sinistrose...
En tant qu'entraîneurs, tout ce qui est annoncé: « Toulon favori », avec les stars et tout ce qui va avec, nous, avec Philippe Saint-André, avec le staff, on a bien conscience que ce n'est que du papier et de la littérature. Après, la vraie réalité, c'est ce qui s'est passé vendredi soir de 19 heures à 20 heures 30. Notre réalité, c'est celle-là. La force des grandes équipes et des grands clubs, elle est là. A un moment donné, il faut prendre conscience qu'on a commis un faux-pas. Je pense que ça a été le cas de tous les garçons dès la récupération samedi matin (plage du Mourillon), et même dès après le match, où mon discours, celui de Philippe et du président, a été assez clair. On s'est donné les moyens d'avoir une équipe compétitive, mais il ne suffit pas que de le dire, il faut le faire.

Même si le recrutement a été plus ciblé que les précédentes intersaisons, cela veut dire aussi qu'un temps d'intégration est aussi nécessaire ?
Bien sûr, quand on regarde la composition du groupe sur ce match-là, la moitié de l'équipe était nouvelle. Hayman, Schofield, Samson, Smith, tout le trio d'arrières, Lapeyre, Sackey, Wulf, Messina: il y avait sept à huit joueurs nouveaux dans ce groupe.

Néanmoins, tout n'est pas noir non plus (71 % de possession de balle et 66 % d'occupation du terrain), et notamment en ce qui vous concerne en mêlée, où votre équipe a outrageusement dominé son adversaire...
C'est pour cela qu'il n'y a pas le fond. Les bases, on les a, on a les joueurs pour cela. Même si on une mêlée intéressante, on sait qu'on se rend à Biarritz et que ce sera encore autre chose. Le truc, c'est qu'il n'y a rien d'acquis et le jour, où vous croyez que c'est acquis, vous vous cassez la gueule ! Nous, on en est conscients avec Philippe et donc on va tenir en éveil tous nos joueurs, qui sont des joueurs de talent et de très haut niveau. A nous de le faire passer le message.

Une telle domination en mêlée sans résultat quand votre charnière titulaire (Wilkinson-Mignoni) fait défaut, comme ce fut le cas vendredi. Y a-t-il un lien de cause à effet ?
Que ce soit Matt Henjak avec Cibray ou Contepomi, ce sont tous de très grands joueurs. Felipe (5 pénalités sur 10 tentées) l'a démontré avec l'Argentine contre la France. Mais tout grand joueur qu'il est, il peut aussi passer à côté d'un match, ça arrive. Et bien voilà, c'est arrivé sur ce début de saison à Mayol, sur le premier match, malheureusement. Il ne faut pas les incriminer, on est là pour les aider et leur donner des solutions avec les analyses vidéos à venir. On est là pour bosser ensemble, certainement pas pour se cracher dessus, même s'il faut parfois se dire les choses avec intensité. Mais ce sont de grands garçons intelligents, et comme je pense que tout le groupe a l'envie de réaliser une grande saison, je ne m'inquiète pas plus que ça. Je noterai également l'absence d'un Joe Van Niekerk, son coeur et son enthousiasme. Or, on a manqué de coeur et d'enthousiasme sur ce match par moments.

"Le club progresse"

On sait que la saison passée, Philippe Saint-André avait beaucoup insisté sur l'importance de garder Mayol inviolé. Psychologiquement, c'est essentiel que le RCT continue de faire peur sur cette pelouse...
Bien sûr que c'est important, mais la saison passée, l'ASM a bien perdu chez elle contre Biarritz et ça ne l'a pas empêché d'être championne de France. Si on peut souhaiter le même mal... (rires). Plus sérieusement, avec ce championnat où toutes les équipes sont à l'affût de points, qui plus est à l'entame de cette saison, toutes les formations sont armées et possèdent une grosse détermination. Avec parfois des budgets et des effectifs supérieurs, mais l'envie et la détermination, elles sont partout. Les joueurs de Bayonne, je le pense, étaient surtout beaucoup plus déterminés que nous.

Voir aujourd'hui votre président, qui a par ailleurs annoncé vouloir adopter un discours plus policé, ne pas ruer dans les brancards et soutenir son staff, est-ce aussi la marque que Toulon gagne en maturité ?
C'est un autre signe que le club progresse, analyse et appréhende mieux ce genre d'évènements. Encore une fois, c'est la force de grands présidents, de grands clubs que de ne pas mettre le feu de suite à la maison. La déception est là à chaque niveau du club, que ce soit au niveau des supporters ou du président parce qu'il investit beaucoup de sa personne et d'argent, mais aussi de tous les joueurs et de tout le staff parce qu'on s'implique à 200 %. Mais parfois, même en y mettant tous ces ingrédients, ça ne fonctionne pas, alors il faut être patient, ne pas s'affoler et montrer justement assez de clairvoyance et de maîtrise pour bien préparer la suite.

Sylvain LABBE

Les actus du match