Toulon - Clermont

Toulon

Toulon

Essai(s)
74 - WILLIAMS
97 - CIBRAY
Transformation(s) réussie(s)
75, 97 - WILKINSON
Pénalité(s) réussie(s)
3, 32, 63, 77 - WILKINSON
Drop(s) réussi(s)
14 - WILKINSON

29-35

mi-temps : 9-6

Top 14, Demi-Finale

samedi 15/05/10 - 16:30

Arbitre : M. Garcès (Béarn) assisté de MM. Péchambert et Marchat.

Spectateurs : 33609

Essai(s)
70 - ZIRAKASHVILI
93 - MALZIEU
Transformation(s) réussie(s)
71 - PARRA
94 - JAMES
Pénalité(s) réussie(s)
28, 46, 49, 58 - PARRA
89 - JAMES
Drop(s) réussi(s)
6 - FLOCH
91 - JAMES
Clermont

Clermont

[Demie] Toulon perdant magnifique

[Demie] Toulon perdant magnifique

le 15/05/2010 à 17:21

Revenu au score, le RCT emmène l'ASMCA en prolongations mais s'incline 29 à 35...

 

C'est sous un ciel gris et avec une température digne des frimas hivernaux que la demie entre Toulonnais et Montferrandais allait se dérouler.

Alors que Jonny Wilkinson était le premier à investir la pelouse pour travailler ses coups de pieds avec Tom May en sparring partner, les Supporters des deux formations prenaient peu à peu leurs positions.

Vue la distance, les Auvergnats étaient les plus nombreux mais la colonie Toulonnaise avait à coeur de se faire entendre pour porter les siens durant toute la rencontre.

Concentrés et sereins à leur hôtel, les Toulonnais n'étaient qu'à 80 mn (ou un peu plus) du Stade de France.

Sur la composition de l'ASMCA, on comprit vite que l'intox signée Vern Cotter sur la 1ère ligne avait fait long feu : Ledesma et Scelzo étaient bien alignés aux côtés de Domingo.

La pluie étant copieusement tombée sur Geoffroy-Guichard, le terrain est glissant.

Alors que le speaker écorchait les noms des Toulonnais, une belle ovation était réservée à Pierre Mignoni.

Clermont rentre le premier sur le terrain suivi par le RCT conduit par Cap'tain Joe.

Le coup d'envoi va être donné par Jonny W.face à La Rade si nous étions à Mayol.

Long coup de pied et touche dans les 40" jaune. Seb Bruno trouve Joe El Abd en fond d'alignement. Montferrand se met à la faute sur un maul (rentrée sur le côté) et pénalité pour le RCT. Des 45" en bord de touche droite, Wilko va la tenter (2e).

Sous les sifflets auvergnats, Toulon ouvre le score : 3 à 0 (3e).

Sur le renvoi, Montferrand envoi du jeu. Rougerie et les siens investissent les 22" Toulonnais. Les Rouge font bonne garde et Floche claque un drop à la 6e. 3 partout.

Sur une attaque montferrandaise, Joce Suta glisse et se retrouve à commettre un placage haut immédiatement sanctionné d'une pénalité que Floch va tenter des 45" à gauche (8e).

Le coup de pied est tendu et passe à droite des perches.

Les Joueurs de Cotter produisent plus de jeu que contre le Racing en barrages mais se mettent à la faute comme à la 10e où M. Garces siffle une pénalité en faveur du RCT.

Des 55" en bord de touche gauche face à La Rade, Jonny rate de peu la cible.

Les Michelin's Boys sont particulièrement agressifs. M. Garces se devra d'être vigilant, tout comme ses assesseurs.

Toulon produit également du jeu et utilise la botte de Jonny Wilkinson qui passe un drop en moyenne position à la 14e : 6 à 3.

Sur le coup d'envoi, en-avant de Joe Van Niekerk et 1ère mêlée dans les 30" Toulonnais. La 1ère s'écroule. La 2nde tourne. Sur la 3e, Pierre Mignoni gêne la sortie de balle et James tente un drop qui passe à droite (16e).

Sur une mêlée introduction Mignoni dans les 30" clermontois, M. Garces siffle un bras cassé pour l'ASM. Pierre Mignoni s'attrape avec Parra et Toulon prend 10" de plus... James tape en touche. Pénaltouche à suivre sur les 22" Rouge. Le sauteur capte mal la balle et Joe Van Niekerk se saisit du cuir...

21e : faute inhabituelle de Wilko qui trouve la touche directe... Du coup, lancer Ledesma à l'entrée de nos 22". Nouvelle belle défense Toulonnaise. Au passage, Malzieu s'essuie les crampons sur un Toulonnais. Il s'en sort avec un avertissement...

Montferrand se montre dangereux, d'autant qu'en mêlée Toulon est fébrile et n'est pas forcément en place au niveau du jeu.

M. Garces estime que Toulon a poussé en travers et pénalité sifflée contre le RCT à la 28e. Des 35" droite face au Faron, Parra remet les deux équipes à égalité, 6 partout.

A 8 minutes de la pause, Montferrand se met à la faute (ballon repris devant). Des 30" face, Jonny ne se fait pas prier et expédie le cuir entre les perches. Toulon repasse en tête, 9 à 6.

Et cela dope les Avants Toulonnais qui prennent l'ascendant sur leurs rivaux sur une mêlée à la 34e. Cap'tain Joe et Scelzo échangent quelques mots en "tête à tête". Rien de bien méchant.

Sauf que Scelzo, sur la mêlée suivante, continue à chercher le flanker Sud Africain...

Montferrand bénéficie d'une pénalité sur la ligne des 50", légèrement à droite des perches. Parra est court.

INCROYABLE !

Alors que Toulon a une touche à 5" de son enbut, Seb' Bruno joue un fond de touche improbable sur Joe Van Niekerk qui perd le ballon. Montferrand attaque et pousse. Sur la corne, Toulon s'en sort bien, M. Garces siffle la mi-temps...

 

Les deux équipes reviennent sur le pré avec un changement à Clermont puisque Scelzo est remplacé par Zirakashvili et Luke Rooney est remplacé par Felipe Contepomi, poste pour poste.

Clermont avance sur tous les impacts et récupère ainsi des pénalités. Comme à la 46e que Parra, des 50" face, a presque du mal à enquiller. Mais le ballon passe et les 2 formations sont, une nouvelle fois, à égalité 9 partout.

Pris hors-jeux, les Toulonnais concèdent une nouvelle pénalité à la 49e. Toujours des 50", légèrement à droite, Parra donne pour la première fois de la partie l'avantage aux siens, 12 à 9.

Toulon repart à l'abordage. Montferrand se met à la faute et une petite échauffourée s'en suit entre Parra et Mignoni. M. Garces appelle les deux n°9. Il n'empêche que M. Garces maintient sa pénalité, Zirakashvili étant rentré sur le côté dans le maul. Du bord de touche et des 30", Wilko ne trouve pas le chemin des barres... (52e). Enfin, en tout cas, elle n'est pas accordée...

55e : Mafi Kefu relance des 22", perce, trouve Joe Van Niekerk qui sert Tana Umaga qui comment un en-avant sur les 50"...

A la 57e : long lancer en fond de touche de Seb Bruno. Clermont la capte et Toulon se met à la faute. Pénalité face aux perches et à 22"... Le demi-de-mêlée du XV de France ne tremble pas et rajoute 3 points d'avance à sa formation : 15 à 9 pour Montferrand.

Toulon ne baisse pas la tête et la relève même sur une pression en mêlée : 62e, Kubri et les siens font reculer Clermont. Pénalité des 40" à droite pour Sir Wilkinson : le score est de 12 à 15 pour les Auvergnats.

Sur le renvoi, Cudmore talonne avec la main. Pénalité que tape en pénaltouche Jonny W. A 10" de la ligne adverse, Séb' Bruno touve Juan-Martin Fernandez-Lobbe. Toulon avance. Et Taumoepeau, en position d'ailier, est stoppé à 5" de la ligne.

A 10" de la fin, après une énorme cocotte et des beaux mouvements, la défense varoise cède et Ziraksvhili marque en force. Cet essai sera contesté par les Toulonnais, estimant que le pilier a commis un en-avant mais M. Garcès l'accorde. Parra transforme et donne 10 points d'avance aux Clermontois...

Il reste 10 minute donc et PSA fait tourner : Pierre Mignoni cède sa place à Fabien Cibray et l'immense Tana Umaga est remplacé par Fotu Auelua.

Toulon n'abdique pas et marque un essai par Sonny Bill Williams à la 74e. Des 25" à gauche, et sous la bronca, Wilko transforme. Le RCT revient à 19 à 22 !

Les Rouge attaquent et se heurtent à la défense jaune. Lapandry se met à la faute sur les 50". Wilkinson prend ses responsabilités et indique qu'il va la tenter. Les Supporters Toulonnais donnent de la voix, les Clermontois de la trompette...

77e : Wilko ramène les deux équipes à 22 partout, c'est énorme !

Mais sur une pénalité introduction Cibray, c'est Clermont qui récupère le ballon. Heureusement, Nalaga commet un en-avant...

Il reste 30 secondes à jouer dans le temps réglementaire. C'est affreux.

Fabien Cibray reste au sol, il est touché aux côtes mais va reprendre le combat.

La sirène retentit...

Mêleé dans nos 40", introduction Fabien Cibray. Le Toulonnais dégage en touche et M. Garcs siffle la fin du temps réglementaire, nous allons disputer les prolongations.

C'est donc parti pour 2 fois 10 minutes.

Joe Van Niekerk motive ses Joueurs et Wilko va donc taper le coup d'envoi.

Sur un ballon porté, l'ASMCA progresse et impose son impact physique. En jouant au ras, ils avancent et Toulon se met à la faute. Malzieu tente de percer mais est stoppé. M. Garces revient sur la faute Toulonnaise et accorde une pénalité (86e). Ledesma et les siens choisissent la mêlée. Le pack avance et pénalité... Nouvelle mêlée... Toulon tient. Senio tente un départ. Il est stoppé. Maul et Toulon récupère le cuir. Wilko dégage.

Montferrand campe dans les 22" varois mais se complait à un jeu restrictif. Toutefois, M. Garces accorde une pénalité face aux perches (89e). James la passe aisément et l'ASMCA repasse en tête, 25 à 22.

Ce sera le score à la mi-temps de cette 1ère période de prolongations.

Le Rugby Club Toulonnais a 10 minutes pour revenir au score et passer en tête.

Sur le coup d'envoi de la 2nde période, Brock James assomme Toulon avec un drop réussi en coin des 50". RCT 22 - ASMCA 28.

Le RCT repart et un en avant à 5" de l'en-but montferrandais donne un contre attaque de 80". Lovobalavu et Malzieu sont à la lutte. Les deux s'affalent dans l'en-but et M. Garces demande l'arbitrage vidéo. Il est accordé, la messe est dite...

On joue la 93e et avec la transformation de James le score est désormais de 22 à 35.

Les Joueurs de PSA jettent leurs dernières forces dans la bataille. Un essai est tout prêt d'être marqué par les Gros mais M. Garces siffle...

Et sur la mêlée qui s'en suit c'est Fabien Cibray qui va marquer en filou. Wilko transforme vite et le score est de 29 à 35 à la 98e.

Incroyable : Gabi Lovoablau est stoppé à 3" de la ligne montferrandaise à la 99e !!!!!

M. Garces siffle la délivrance pour les Bougnats et enterre les rêves Toulonnais.

On ne peut qu'être fier de la prestation Toulonnaise ce soir : les Joueurs ont montré qu'ils avaient du cœur et qu'ils défendaient un maillot. Bravo à eux et félicitations à Montferrand.

 

les Vidéos de Toulon - Clermont

Mourad Boudjellal - Réaction de Mourad Boudjellal après la demie face à Montferrand (1505/2010)

Mourad Boudjellal

Réaction de Mourad Boudjellal après la demie face à Montferrand (1505/2010)

Philippe Saint-André - Réaction de Philippe Saint-André après la demie face à Montferrand (15/05/2010)

Philippe Saint-André

Réaction de Philippe Saint-André après la demie face à Montferrand (15/05/2010)

Pierre Mignoni - Réaction de Pierre Mignoni après la demie face à Montferrand (15/05/2010)

Pierre Mignoni

Réaction de Pierre Mignoni après la demie face à Montferrand (15/05/2010)

Laurent Emmanuelli - Point presse d'avant match Toulon-Clermont du 10.05.10

Laurent Emmanuelli

Point presse d'avant match Toulon-Clermont du 10.05.10

Philippe Saint-Andre - Point presse d'avant match Toulon-Clermont du 10.05.10

Philippe Saint-Andre

Point presse d'avant match Toulon-Clermont du 10.05.10

les Photos de Toulon - Clermont

Laurent Emmanuelli. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Sébastien Bruno, Sonny Bill Williams et Mafileo Kefu. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Davit Kubriashvili. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson, Pierre Mignoni et Joe Van Niekerk. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni et le pack Toulonnais. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney et Laurent Emmanuelli. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Mignoni, Van Niekerk, Fernandez-Lobbe, Chesney, Kubriashvili, Bruno, Emmanuelli et El Abd. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Mafileo Kefu. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Gabi Lovobalavu et Jonny Wilkinson. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, Joe Van Niekerk et Davit Kubriashvili. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Sébastien Bruno. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Joe El Abd. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta et Joe El Abd. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney, Sonny Bill Williams, Tana Umaga et Jonny Wilkinson. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta, Davit Kubriashvili, Sonny Bill Williams et Laurent Emmanuelli. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Tana Umaga et Mafileo Kefu. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Gabi Lovobalavu. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney, Sébastien Bruno et Pierre Mignoni. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, Jocelino Suta et Saimone Taumoepeau. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Tana Umaga, Mafileo Kefu, Joe Van Niekerk et Olivier Missoup. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, Saimone Taumoepeau et Joe Van Niekerk. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Fabien Cibray. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Saimone Taumoepeau et Sonny Bill Williams. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Philip Fitzgerald. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Olivier Missoup et Jonny Wilkinson. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Davit Kubriashvili et Sonny Bill Williams. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Philip Fitzgerald et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Fotu Auelua et Sonny Bill Williams. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Ross Skeate et Fabien Cibray. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Philip Fitzgerald, Ross Skeate, Tonga Lea'Aetoa, Jocelino Suta et Saimone Taumoepeau. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Saimone Taumoepeau, Joe Van Niekerk et Fabien Cibray. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus
Christophe Samson et Dewald Senekal. - Toulon-Clermont -  © Aurélie Lantus

Sports.fr

Clermont s'offre un remake.

Le 15/05/2010

Comme la saison dernière, la finale du Top 14 opposera dans quinze jours Clermont à Perpignan. Opposés à Toulon, samedi à Saint-Etienne, les Jaunards ont dû patienter jusqu'en prolongation pour l'emporter au bout de l'effort (35-29, a.p.), malgré la résistance du RCT. L'ASM verra le Stade de France pour la quatrième année d'affilée.

Les mots manquent pour décrire le spectacle offert par les Clermontois et les Toulonnais en ce samedi glacial dans le Forez. Un match hors normes en vérité, dont on se souviendra encore dans dix, vingt et même cinquante ans. Ces deux mastodontes du rugby français s'étaient quittés depuis trop longtemps pour qu'ils n'aient pas l'envie de faire durer leurs retrouvailles plus que de raison. L'ASM et le RCT ont emporté le Chaudron dans une autre dimension, où tous les qualificatifs sont superflus et où seul le jeu, presque irréel, parle de lui-même.

Clermont retrouvera l'Usap en finale du Top 14 et n'a pas volé sa quatrième finale de rang que lui ont offert un petit général de 21 ans et un stratège australien qui aura retrouvé toute sa fierté dans l'antre des Verts. L'histoire serait belle si elle ne laissait pas sur le bord du chemin une équipe toulonnaise à vous faire chavirer tous les publics du monde, donnée pour morte une fois, deux fois et finalement toujours sur les basques de son adversaire, au point de le pousser dans cette fatale prolongation. On mesure à l'aulne de ce match d'anthologie à quel point Toulon a pu manquer à l'élite du rugby français. Seulement pourra-t-on regretter que ces deux superbes équipes n'aient pas eu droit à l'arbitrage qu'elles méritaient, notamment à travers un essai clermontois qui n'a pas fini de faire parler. Et pas seulement que du côté de Mayol...

Jonny Wilkinson, on le sait, n'a pas rejoint la Côte varoise que pour son doux soleil. Ça tombe plutôt bien car ce n'est pas le froid saisissant, digne d'un mois de novembre, qui a enveloppé Geoffroy-Guichard ce samedi, qui risque de lui rappeler les charmes de la Rade. Des conditions qui n'empêchent pas l'ouvreur anglais d'ouvrir la marque. Trop fougueux, Aurélien Rougerie s'est oublié dès le premier ruck et c'est le RCT qui prend le score (3-0, 3e). L'ASM est supposée avoir pour elle l'expérience de ces matches couperet et le prouve en concrétisant du tac au tac sa grosse occupation des 22 mètres adverses par le drop d'Anthony Floch (3-3, 6e). L'arrière clermontois s'est invité au duel des fines gâchettes annoncé. Mais ni Morgan Parra, sur une cravate de Jocelino Suta sur Alexandre Lapandry (8e), ni Wilkinson, suite à une faute au sol de Thibault Privat (10e), n'ajuste la mire à plus de 40 mètres des perches.

Wilko frappe le premier

Dans cette entame de match où, après quelques belles prises d'intervalles clermontoises, les défenses semblent prendre le pas, "Wilko" est le premier à reprendre ses repères pour décocher derrière son pack un impeccable premier drop (6-3, 13e). Un exercice dans lequel Brock James, des 40 mètres il est vrai, ne retrouve pas son timing (15e). Cuit à l'étouffée dans ce Chaudron pourtant à peine réchauffé, ce choc tarde à prendre toute sa mesure et la tension ne fait que grimper, à l'image de cet accrochage musclé entre les deux petits rois, Pierre Mignoni et Parra. Ça s'invective, ça se chamaille en même temps que l'intensité dans les contacts monte d'un cran... M. Garces n'a pas la partie facile au coeur de ces bouillants débats, notamment dans le jeu au sol, mais l'arbitre choisit de sanctionner la mêlée toulonnaise, coupable selon lui d'avoir poussé en travers. Et Parra, excentré des 35 mètres, d'inscrire ses premiers points (6-6, 28e).

En face, Wilkinson distille son jeu au pied, qui n'est pas sans perturber les Jaunards, comme sur ce hors-jeu de Thomas Domingo sur une réception déviée en avant par Julien Bonnaire, qui face aux poteaux assémistes à bonne distance, comble l'homme de la Rose (9-6, 32e). Parra ne peut en dire autant, qui mis en position par son pack de plus en plus dominateur, égare, des 51 mètres tout de même, son deuxième coup de pied de l'après-midi (35e). Mais Toulon, malmené en conquête, est de plus en plus acculé dans ses propres 22 mètres et la sirène, qui renvoie les deux équipes aux vestiaires, est un soulagement surtout pour les hommes de Philippe Saint-André, d'autant plus que M. Garces choisit de ne pas faire appel à la vidéo pour juger de la charge des avants auvergnats sur la ligne rouge et noire (40e). Cela mérite bien la bronca que ne manque pas de lui réserver le public clermontois.

Si Clermont s'est montré le plus dangereux, c'est bien Toulon qui fait la course en tête. Saint-André, conscient que la menace se précise, ajoute de la matière grise à sa ligne d'arrières avec l'entrée de Felipe Contepomi quand Vern Cotter change un piston argentin à son pack par un Géorgien, Davit Zirakashvili suppléant Martin Scelzo. La tendance ne s'inverse pas et c'est bien l'ASM qui, dès la reprise, met le RCT à la faute par deux fois (47e, 50e), égalise et pour la première fois prend même l'avantage par Parra à chaque fois à près de 50 mètres (9-12). De plus en plus incandescente, l'atmosphère devient carrément irrespirable quand Parra provoque Mignoni, avant que la pénalité en coin offerte pour un hors-jeu à Wilkinson, très litigieuse au-dessus d'une des perches et non validée sans que ne soit fait appel à la vidéo, ne mette définitivement le feu au Chaudron (52e).

Toulon ne voulait pas mourir

Pour ne rien arranger aux affaires toulonnaises, de plus en plus grevées par une conquête à l'agonie, Olivier Missoup, à peine entré en jeu, se signale bien mal avec cette faute au sol sous ses poteaux, qui permet à Parra de creuser un premier break dans un fauteuil (9-15, 58e). L'hémorragie semble fatale quand la mêlée toulonnaise choisit de se révolter et remet Wilkinson en position pour les premiers points toulonnais depuis la reprise (12-15, 63e). Il faut même le sauvetage héroïque de Parra, mettant son corps en opposition face au quintal du pilier Taumoepeau, à cinq mètres de sa ligne sur l'aile pour sauver l'ASM de l'essai (65e). L'avertissement est sans frais et Clermont fait mieux que le retenir, au point de s'en aller porter l'estocade suite à un groupé pénétrant, qui envoie en terre promise Zirakashvili, pourtant coupable d'un en-avant au moment d'aplatir. Parra transforme en coin et Clermont compte 10 points d'avance à dix minutes du terme (12-22, 70e) !

L'ASM a fait, pense-t-on, le plus dur dans ce match au couteau. Mais le RCT ne veut pas mourir et vient planter, superbe d'abnégation, l'essai de l'espoir par Sonny Bill Williams, transformé par Wilkinson (19-22, 74e). Mieux encore, alors que Parra, KO, doit sortir, l'Anglais passe des 50 mètres la pénalité de l'égalisation (22-22, 77e) ! On va jouer la prolongation à Saint-Etienne ! Dix premières minutes entièrement à l'avantage de Clermont, ragaillardi par la pause, et concrétisées par la pénalité de James sous les barres (22-25, 90e). Et puis l'inspiration, dès la reprise, de James, qui d'un drop à l'instinct, crucifie son adversaire (22-28, 92e). Avant que Malzieu, plus frais, ne profite d'un en-avant à cinq mètres de sa ligne pour venir battre à la course Lovobalavu et signer l'essai de la qualification (22-35, 94e). Cette fois, Toulon ne peut pas revenir... Et pourtant le feu brûle toujours chez les rouge et noir. Un essai de filou de Fabien Cibray, qui a suppléé Mignoni, encore et toujours transformé par Wilkinson, ramène le RCT à moins d'un essai transformé que Lovabalavu est à deux doigts d'aller inscrire en coin, repris à un mètre de la ligne (98e). Une sirène enfin définitive, un dernier dégagement: Clermont a dompté un immortel !

Sylvain LABBE

L'Equipe.fr

Clermont est allé la chercher.

Le 15/05/2010

Clermont a gagné le droit de disputer une quatrième finale de rang et retrouvera l'USAP dans quinze jours. Mais, pour en arriver là, il aura fallu passer par toutes les émotions face à Toulon qui ne s'est incliné qu'au terme des prolongations (29-35).

Le scénario annoncé laissait prévoir un match serré. En plein festival de Cannes, les acteurs de la rencontre ont respecté le script à la lettre. Et si le jeu n'a pas toujours atteint des sommets, l'intensité dramatique a bel et bien été au rendez-vous. Incapables de se départager (22-22 au coup de sifflet final), Toulon et Clermont se sont retrouvés à disputer des prolongations. Pour le suspense, on pouvait difficilement faire mieux.
Clermont sans réussite

Comment en était-on arrivé là ? Comment Clermont en était arrivé là surtout ? Car pendant longtemps les Clermontois ont dominé presque outrageusement les débats. Faisant rapidement état de toutes les possibilités de leur rugby, ils avaient décidé de camper dans la partie de terrain adverse et n'ont pas manqué de porter régulièrement le danger proche de la ligne toulonnaise. Danger qui est souvent venu de l'aile de Julien Malzieu mais le Clermontois a régulièrement buté sur la défense sans pouvoir franchir les derniers mètres. Non, Clermont n'avait pas réduit la voilure, mais comme il y a une semaine face au Racing, les Jaunards étaient incapables de faire fructifier leurs temps forts. En face, Toulon a défendu bec et ongle et a profité de trois fautes clermontoises dans le périmètre de tir de Wilkinson pour virer en tête. Largement contre le cours du jeu. Car jusque-là, Clermont avait dégainé un drop rapide par Floch, merveilleusement quadrillé le terrain grâce à James et dominé en mêlée. Mais jamais franchi la ligne. Rageant. Et surtout diablement encourageant pour des Toulonnais qui n'avaient pas besoin de ça pour croire en leurs chances.

L'orgueil des Toulonnais

Pourtant, le RCT a peiné à se mettre en valeur. Sonny Bill Williams était rapidement retourné et la troisième ligne s'est laissée aspirer dans le piège des faux espaces. Heureusement que Wilkinson plaquait comme un forcené tout se qui passait à portée pour enrayer la mécanique clermontoise. Jusqu'à ce que la partie ne s'égalise. Grâce à une force de caractère des Toulonnais qui interdit à jamais de les traiter de mercenaires. Clermont est passé en tête à la 50e minute grâce à la botte de Parra (auteur d'un vrai combat de chien avec Pierre Mignoni). Et, après l'essai de Zirakashvili, on a cru l'affaire pliée. Wilkinson manquait l'égalisation et Umaga faisait un en-avant au lieu de filer à l'essai. Autant de signes du destin ? Que nenni. Les Toulonnais ont alors lancé leur plus belle action et envoyé Sonny Bill Williams à l'essai. 22-22. Prolongations.
Indécis jusqu'au bout

A ce jeu-là, les Clermontois sont partis à bride abattue, trop conscients de l'exploit de disputer une quatrième finale de rang. Même James a retrouvé de l'efficacité face aux perches, c'est dire. Une pénalité, un drop et une transformation. Ah oui, parce que Julien Malzieu s'était enfin vu récompenser de ses efforts en gagnant au sprint l'essai de la gagne. Cibray s'est ensuite chargé d'entretenir la tension dans cette demi-finale en inscrivant un essai à trois minutes de la fin de la deuxième prolongation. Lovobalavu, rattrapé in extremis à un mètre de la ligne clermontoise n'était pas mal dans le genre, lui aussi. Mais les Auvergnats parvenaient à confisquer le cuir dans les dernières secondes pour l'emporter. Saint-André ne mangera donc pas le gâteau, mais il peut être fier de son équipe qui aura réussi à tutoyer le haut niveau, comme le voulait son président. Pour les Clermontois, habitués à rester jusqu'au bout de la fête, le repas continue.

Bertrand LAGACHERIE

Rugby365.fr

Clermont au bout du suspense.

Le 15/05/2010

Le jeu
Clermont est abonné au Stade de France. Pour la quatrième année consécutive, l'ASM jouera la finale du championnat de France et tentera de décrocher pour la première fois de son histoire le Bouclier de Brennus. Mais ce samedi, les deux équipes présentes sur la pelouse de Saint-Etienne auraient mérité de monter à la Capitale. D'un côté comme de l'autre, les joueurs ont montré d'incroyables qualités morales. Clermont s'est arraché comme rarement et Toulon a refusé de perdre pendant de longues minutes. Menés sur un essai non valable mais accordé par l'arbitre, les Toulonnais se sont révoltés et sont parvenus à décrocher les prolongations au bout du temps réglementaire. Un magnifique sursaut d'orgueil qui n'a pas suffi en prolongation pour s'envoler pour le Stade de France. Car en face, Brock James a décidé de faire taire les critiques en passant un drop magnifique puis Julien Malzieu a fait parler ses cannes pour ôter le suspense qui restait. Mais là encore, les joueurs de Philippe Saint-André n'ont pas lâché. L'essai de Cibray les a une nouvelle fois relancés et il a fallu un placage salvateur de Gonzalo Canale pour empêcher le RCT de marquer son troisième essai. Si Clermont repart de Saint-Etienne avec le sourire, Toulon peut être fier de sa saison. Ces deux équipes nous ont offert un spectacle extraordinaire.

Les Toulonnais
Ils avaient du cœur, les Toulonnais. Privé du ballon pendant l'essentiel du match, le RCT n'a craqué que dans les dernières minutes. Jonny WILKINSON, auteur de quatre pénalités, deux transformations et un drop, a été précis malgré une pénalité lointaine ratée et un coup de pied trop long début de match. Mais l'Anglais a aussi été très présent en défense avec de nombreux placages. Comme lui, Joe VAN NIEKERK a été irréprochable au niveau mental en retrouvant toute son influence en fin de match. Tana UMAGA, qui avec cette élimination ne rejouera plus en France, a gagné tous ses duels en défense face à Nalaga. Gabi LOVOBALAVU a lui battu à la course par Malzieu en prolongation, endossant le mauvais rôle, mais a failli se racheter en fin de match. Sonny Bill WILLIAMS a été discret jusqu'à ce que lui aussi fasse preuve d'orgueil en marquant en fin de match. Les avants toulonnais, solides en défense, ont par contre connu plus de difficulté en conquête. Sébastien BRUNO, le talonneur, a perdu plusieurs touches à cause de mésententes avec son alignement.

Les Clermontois
Morgan PARRA est décidément le patron de l'ASM. Jusqu'à son KO en fin de match, le demi de mêlée de l'équipe de France a été omniprésent au près de ses avants et a insufflé une belle rage de vaincre à ses partenaires. Ses accrochages avec l'ancien de la maison Pierre Mignoni n'ont fait que souligner l'importance qu'il accordait à la qualification pour la finale. Relégué dans le rôle de buteur, Brock JAMES a lui montré qu'il avait retrouvé toute sa tête. il a fait taire les critiques en étant inspiré au pied dès le début du match. Après une touche trouvée sur un coup de pied de 60 mètres, l'Australien est monté en puissance jusqu'à donner l'avantage à son équipe dès le début de la prolongation d'un drop impeccable depuis la ligne médiane. Si Napolioni NALAGA, discret, et Aurélien ROUGERIE, combatif, n'ont pas réussi à faire la différence, Julien MALZIEU a lui remporté son premier duel en prolongations pour marquer l'essai de la victoire. Anthony FLOCH, tranchant dans toutes ses courses en première mi-temps et auteur d'un drop, a baissé un peu le pied par la suite. Davit ZIRAKASHVILI a marqué le premier essai de la partie malgré le fait d'avoir échappé le ballon. Ses compères à l'avant ont été particulièrement bons en touche, avec plusieurs ballons vollés.

Laurent PICAT

E-Bleu Marine

Clermont passe au bout du suspense, Toulon sort la tête haute.

Le 15/05/2010

Après avoir longtemps tenu tête à Clermont, Toulon s’est incliné lors des prolongations (35-29) face à une grande équipe auvergnate. Cette même équipe retrouvera donc Perpignan en finale au stade de France. Si le RCT a fait honneur à son rang dans ce match qui restera dans les annales, il a toutefois raté sa première mi-temps. Un premier acte que domina Clermont de la tête et des épaules. En monopolisant le ballon, en occupant le terrain, en multipliant les offensives sous tous les angles. Toulon courba l’échine, acculé dans son camp, plusieurs fois perforé, dominé en mêlée mais toujours devant au score grâce à l’impeccable Wilkinson auteur d’un drop et deux pénalités (9-6).

Mainmise clermontoise sur le jeu

Clermont continua d’enchaîner les temps de jeu. Au près comme sur la largeur. Parra envoya ses « gros » avec notamment l’impressionnant Vermeulen. Floch feinta alors le drop puis décala Malzieu qui échoua en touche près de la ligne (38ème). La seconde période débuta comme la première. Clermont reprit naturellement sa maîtrise. Mais cette fois, Parra enquilla deux pénalités de 50 mètres. Williams tenta alors une relance osée de ses 22 (55ème). Ce fut la première véritable attaque rouge et noire de la partie. Parra et Wilkinson poursuivirent leur duel de buteurs. Du haut de gamme comme le déplacement au pied d’un James retrouvé. Alors que Toulon refaisait quelque peu surface, les Auvergnats en remirent une couche devant. Puis au large avec Rougerie. Et c’est finalement Zirakashvili qui marqua un essai entaché d’un en-avant. Loin d’être découragé, Toulon joua tous les ballons. A l’image de Contepomi dont la relance audacieuse fut poursuivie par Van Niekerk, Sonny Bill Williams terminant admirablement le travail. Et par Wilkinson sur pénalité, Toulon arracha les prolongations avec un cœur énorme.

Toulon revient une fois mais pas deux

Rejoint sur le fil, Clermont prit ces prolongations à bras le corps. En s’appuyant sur une mêlée souveraine, de bons groupés pénétrants, sans Parra blessé mais avec un Brock James exceptionnel qui passa un drop monumental de 55 mètres. Toulon tenta le tout pour le tout au large. Mais un en-avant permit aux Jaunes de contrer par Malzieu qui fut plus rapide que Lovobalavu (94ème). Avec 13 points de retard à 6 minutes de la fin, on crut Toulon éliminé. C’était sans compter sur le mental hors norme des Varois qui repartirent de plus belle en enchaînant les pick and go. Et derrière une mêlée pourtant chahutée, Cibray s’en alla malicieusement réduire la marque (97ème). Les supporters rouge et noir y crurent d’autant plus que sur un mouvement au large initié par Williams et prolongé par Van Niekerk, il manqua quelques mètres à Lovobalavu pour aplatir l’essai de la gagne (99ème). Clermont avait eu très chaud. Toulon n’était passé vraiment pas loin de l’exploit. Les Rouge et Noir sortaient la tête haute de Geoffroy Guichard au terme de cent minutes d’une demi-finale d’exception.

Johan LIVERNETTE

Var Matin

L’héroïsme n’a pas suffi.

Le 16/05/2010

Il aura fallu attendre une prolongation meurtrière avec un final de folie pour voir finalement Toulon s’incliner face à l’ogre clermontois. Et encore, menés de treize points à quatre minutes de la fin d’un match qui en dura cent, les « Rouge et Noir », qui avaient déjà réussi à arracher un sursis au terme du temps réglementaire, ont été à un pas d’un formidable exploit.
Mais Lovobalavu échoua d’un rien, Canale le jetant en touche à un mètre de la ligne, après un formidable mouvement initié des 22 mètres. Il restait à peine une minute à jouer. Clermont gardait le ballon. Il en était alors fini des espoirs de découvrir le Stade de France, dans quinze jours, pour cette atypique formation « made in Saint-André ».

Au cours de cette rencontre à rebondissements, les Toulonnais, vaincus, sont sortis grandis. Ils ont montré au monde du rugby français que leur place dans le carré final n’était en rien usurpée. Déjà, ils ont réussi face à un habitué des phases finales à faire jeu égal au cours des 80 premières minutes.

Des revenants au grand coeur

Menés alors de dix points (22-12), Umaga et ses coéquipiers ont démontré qu’ils avaient du coeur et des tripes. Un essai plein d’enthousiasme de Williams suite à un large mouvement et le pied magique de Jonny Wilkinson à trois minutes de la fin permettaient aux hommes du capitaine Van Niekerk d’espérer.

En arrachant les prolongations, le RCT était en mesure de faire douter ses homologues de l’ASM. Il n’en a rien été, même si au final, il s’en est fallu de très peu. Aucours de la première période de la prolongation, une grosse séquence des Clermontois devant mettait la défense héroïque des Varois sur le reculoir. Une première pénalité concrétisa cette domination avant un drop assommoir de plus de cinquante mètres de James.

Ajoutez à tout ça un essai à vitesse grand V signé Malzieu et tout pouvait s’écrouler. Mais pas dans cette équipe rouge et noire oùpersonne ne lâche jamais rien.

Défense de fer

Avant ces prolongations crispantes, on assista au cours des quarante premières minutes à une domination des partenaires de Rougerie qui avaient l’initiative du jeu. Les Toulonnais chahutés dans le secteur de la conquête, notamment en mêlée,manquaient de munitions pour faire parler la poudre. En revanche, en défense, ils s’alignaient comme un peloton d’exécution.

Avec une férocité à toute épreuve sur quelques moments chauds, Suta et ses compères se multipliaient pour endiguer la marée. Le Clermontois est joueur, le Toulonnais rageur sur sa ligne. Quant à ‘‘Wilko’’, on le sait, il se montrait réaliste.

A la pause et bien que dominé, le RCT menait au score (9-6) alors que les Jaunards avaient eule plus souvent la main sur le ballon.

Et la vidéo?

En seconde période, Toulon pouvait lancer davantage de jeu. A cet instant, on pensa que tout pouvait basculer. Mais en faisant à présent la course derrière, les Toulonnais se sont parfois affolés. C’est seulement quand ils eurent un sentiment d’injustice sur un essai très litigieux de Zirakhasvili (Mignoni demandant en vain la vidéo sur l’essai du Géorgien qui avait bien lâché le ballon avant d’aplatir) que le RCT lâcha les watts.

On connaît hélas la suite. Toulon, deux ans après son retour au sein de l’élite, ne participera pas à la finale du Top 14. Il lui reste celle du Challenge européen, dès dimanche contre Cardiff au Vélodrome. Superbe séance de rattrapage en perspective.

Paul MASSABO

La Montagne

C'était Clermont ... et merveilles !

Le 16/05/2010

Le Chaudron a bien été porté à ébullition par les acteurs d'une demi-finale exceptionnellement riche en émotions et en rebondissements. Clermont a tout donné, mit tout son coeur pour contenir un épatant Toulon et gagner le droit d'une revanche contre Perpignan, dans deux semaines.

Le Clermont de Vern Cotter jouera donc sa quatrième finale de Top 14 consécutive. Une énorme performance, qui ne gravera pas une ligne au palmarès du club auvergnat mais qui mérite la mention et quelques éloges, tant ce groupe a su puiser, et épuiser même, toute son énergie pour aller chercher une victoire à Geoffroy-Guichard, qui aura sa place dans les livres d’Histoire.

Admirables Toulonnais qui ont longtemps mené au score, et dont la foi et l’envie ont bien failli renverser la montagne auvergnate. Sans le plaquage décisif de Canale sur Lovobalavu à un mètre de l’en-but, tout au bout d’insoutenables prolongations, le peuple auvergnat, encore une fois admirable hier dans le Chaudron stéphanois, pleurerait toutes les larmes de son corps.

Un incessant chassé-croisé...

Mais Clermont a su répondre présent, dans ses temps forts comme dans ses périodes difficiles, en dressant les barbelés, comme un seul homme jusqu’au bout de cette demi-finale haletante.

Solides sur les bases, s’appuyant sur le jeu au pied de déplacement chirurgical de James, les Clermontois pensaient avoir fait le plus dur quand Zirakashvili s’écroula dans l’en-but (69e) pour donner une grosse bouffée d’oxygène (22-12) à dix minutes de la fin. Seulement, ce Toulon-là est bel et bien de la trempe des grands.

Dans le sillage d’un Van Niekerk « grand format », les hommes de Saint-André n’ont jamais baissé les bras et poussé les Clermontois dans leurs derniers retranchements.

Sonny Bill Williams permit d’abord d’arracher les prolongations. Du temps de jeu supplémentaire marqué par un drop phénoménal de James de 52 mètres (28-22), suivi d’un essai à la course de Malzieu dont on pouvait croire qu’il scellait enfin la victoire (35-22) de l’ASM.

Il était écrit que cette rencontre valait un label supérieur et le RCT lâcha alors les chevaux, par un essai de Cibray, puis un dernier raid dévastateur.

Balayant tout le terrain, les Wilkinson, Contepomi, Van Niekerk mirent le feu dans une défense clermontoise héroïque et au bout du rouleau. Le billet d’une finale ne tient vraiment pas à grand-chose et Toulon aurait sans doute mérité de « monter » au Stade de France défier Perpignan.

Les hommes de Cotter et Schmidt n’ont rien volé, ils ont mis les ingrédients qu’il fallait, notamment au niveau du pack, pour forcer la décision. Un fabuleux destin peut les attendre désormais pour cette nouvelle finale et la revanche de la saison dernière.

Hier soir, la plus belle des nouvelles pour Clermont était sans doute les deux semaines pour réparer les corps et préparer ce nouveau rendez-vous avec l’Histoire.

Christophe BURON

La Dépêche du Midi

Clermont est allé chercher sa revanche face à l'USAP.

Le 16/05/2010

Le suspense de l'année à Geoffroy-Guichard. Clermont bat Toulon 35-29 après prolongations.

Des deux côtés, la peur jusqu'au bout. L'espoir jusqu'au bout. Et la grande porte du Stade de France qui s'entrouvre, baille, se referme, hésite et finit par claquer sur le nez d'un Toulon de fer, de sang et d'inspiration. Clermont se serait-il remis de l'échec un instant entrevu, redouté ? Sans doute, comme d'habitude, mais l'addition des désillusions et des douleurs brûlantes qui les accompagnent ont peut-être fini par mettre le cœur du vieux volcan à l'abri des catastrophes, même surnaturelles. Clermont file à Paris pour la quatrième année consécutive retrouver Perpignan comme au printemps dernier.

LE DÉCOR. Un chaudron vert en fusion, le peuple « rouge et noir » de retour et l'inépuisable armée jaune en action (un peu trop lors des tirs de Wilko d'ailleurs). La couleur d'une demi-finale, une vraie.

LES CLÉS. Piloté sans ceinture par Parra, le Hummer clermontois a écrabouillé la mêlée toulonnaise. Cudmore et ses copains échassiers ont coupé la radio entre Bruno et ses sauteurs. Brook James a multiplié les touches meurtrières (et inventé un drop « Steynesque ») et pourtant, les Toulonnais n'ont jamais été complètement largués ! Les murailles toulonnaises étaient-elles vraiment si hautes ou les escaladeurs clermontois trop maladroits ? Un peu des deux sans doute.

LES TOURNANTS. Lors de cette longue dramatique, chaque tournant en cachait un autre. Les Clermontois en ont manqué pas mal (temps fort pour rien juste avant la pause, mêlées de pénalité sans résultat dans la première prolongation…) mais pas de dégâts importants. Face à un adversaire « ordinaire », l'essai trop vite accordé à Zirakashvili (le ballon lui échappe au cours du plongeon final) aurait dû leur permettre d'éviter la prolongation et le long sprint victorieux de Malzieu étouffant le pauvre Lovobalavu aurait été suffisant pour finir tranquille…

LE GESTE. S B. Williams, l'enchanteur musclé de la Rade termine le mouvement majeur des Toulonnais (Contepomi ose, Fernandez Lobbe transmet, Van Niekerk se rapproche) en se retournant pour éviter le dernier obstacle. Un essai de fous pour y croire encore.

L'IMAGE. Parra et Mignoni morts de rire lors du sermon de M. Garcès après un accrochage.

LE VERDICT. Boudjelall l'a trouvé injuste, on lui souhaite qu'il soit… juste prometteur.

Premières lignes : Ledesma, par ailleurs sans relâche, a encore justifié sa réputation de gros talonneur de mêlée. Domingo, fracassant, a rapidement pris le dessus sur Kubriashvili et Scelzo placé Emmanuelli dans l'embarras. Bref, la mêlée Auvergnate a souvent ébranlé sa rivale. Bruno a par ailleurs rencontré de grosses difficultés dans les lancers en touche (5 pertes).

Deuxièmes lignes : Cudmore et Privat ont immédiatement imposé beaucoup d'intensité physique dans le combat, le premier réussissant peut-être son meilleur match sous le maillot jaune. En face, au fil des minutes, Suta a superbement relevé le défi et Skeate (59e) a insufflé un autre souffle au cœur du pack varois.

Troisièmes lignes : la triplette auvergnate a manifesté une plus grande constance que sa rivale au sein de laquelle, Fernandez Lobbe, est longtemps passé à côté du match comme de ses adversaires, avant de se retrouver totalement dans les dix dernières minutes du temps réglementaire. Van Niekerk a aussi mis du temps à sortir la tête hors de l'eau…

Demis de mêlée : opposition électrique de haut niveau entre le « sprinter » Mignoni, poison total, et Parra, animateur inlassable, défenseur héroïque, auteur notamment d'un plaquage décisif sur Taumeopeau (66e). Cibray et Senio, au relais, n'ont pas perdu les pédales dans la marmite en pleine ébullition.

Ouvreurs : James avait retrouvé sa boussole et il a pu s'exprimer avec bonheur sur la gamme de son registre préféré : l'occupation du terrain adverse (5 magnifiques transversales). Il a également réussi un drop à la trajectoire improbable des 52 mètres qui l'a totalement réconcilié avec lui-même… Wilkinson a d'abord été un redoutable défenseur et un buteur précis.

Centres : Williams, le jongleur fou, tout en timing et accélérations a souvent mis le feu à la défense adverse tout en la cabossant allégrement quand il n'avait pas le ballon. Joubert, dans un registre sensiblement identique mais avec beaucoup moins de virtuosité, n'était pas loin… Mais c'est Rougerie qui fut encore le Clermontois le plus prompt à tous les défis.

Ailiers : Nalaga parfaitement maîtrisé, c'est Malzieu qui a fait parler la poudre et occasionné quelques migraines à Lovalabu. Umaga a surtout défendu.

Arrières : Floch fut un accélérateur du fond de terrain inspiré, audacieux qui a bonifié le moindre intervalle et Contepomi, en deuxième période, a donné de la profondeur et de l'ambition au jeu toulonnais.

Le Dauphiné Libéré

Au bout du suspense.

Le 16/05/2010

Clermont a arraché son billet pour une 4e finale consécutive en battant Toulon après prolongation au terme d'un match haletant, et retrouvera Perpignan, le champion en titre, pour une revanche le 29 mai au Stade de France.

Jamais sacrés et battus à dix reprises en finale depuis 1936, les Auvergnats tenteront donc à nouveau leur chance contre le club catalan après avoir écarté dans la douleur une courageuse équipe de Toulon.

D'abord heurtée, la partie s'est emballée à la 69e minute sur un essai du pilier clermontois Davit Zirakashvili entaché d'un en-avant, dix minutes après une pénalité ambiguë et refusée à l'ouvreur anglais de Toulon Jonny Wilkinson.

"L'arbitre a fait un bon match mais il y a deux décisions litigieuses : une pénalité qui n'est pas acceptée à Wilkinson où c'est du 50-50 et surtout cet essai avec un en-avant dans l'en-but. Les joueurs demandent la vidéo, l'arbitre ne la demande pas. Ca fait dix points d'écart et c'est dommage", a placidement commenté le directeur sportif toulonnais Philippe Saint-André, offrant un grand contraste avec la bruyante frustration de son président, Mourad Boudjellal.

Incapables de conserver leurs avances successives jusqu'aux cinq dernières minutes de la prolongation, les Clermontois se sont à nouveau créé de belles frayeurs.

"C'est la victoire de tout un groupe, tout le monde a amené sa pierre, mais ça n'a pas été facile. Il y a eu une maîtrise en fin de match même si par deux fois on s'est mis en difficulté alors qu'on avait dix points d'avance", a réagi l'entraîneur clermontois Vern Cotter.

La longue course de Malzieu

Malgré une légère infériorité en conquête, les Varois menaient de trois petits points à la pause (9-6) grâce à deux pénalités et un drop de Wilkinson, contre un drop d'Anthony Floch et une pénalité de Morgan Parra.

Comme contre le Racing, le demi de mêlée clermontois, promu buteur principal, remettait son équipe en tête en réussissant trois pénalités en 2e période en récompense des nombreuses fautes toulonnaises.

Mais malgré l'essai de Zirakashvili transformé par Parra et la bonne prestation de l'ouvreur Brock James, les Clermontois retombaient dans leurs travers habituels en encaissant un essai du centre toulonnais Sonny Bill Williams. Et Wilkinson, dans la foulée, arrachait la prolongation en convertissant une nouvelle pénalité.

Tout était à refaire pour Clermont, qui attaquait la prolongation comme un lion. Après une longue séquence près de la ligne varoise, les Auvergnats reprenaient l'avantage sur une pénalité de Brock James, revenu aux affaires face aux perches après la sortie de Parra.

Dans la foulée, l'Australien claquait un drop sensationnel et Julien Malzieu s'offrait un essai fantastique au terme d'une course de 80 m remportée haut la main contre Gabi Lovobalavu.

Mais comme à la fin du temps réglementaire, les Auvergnats laissaient leurs adversaires revenir dans la partie, avec un essai du demi de mêlée Fabien Cibray. Une dernière frayeur sur la route du Stade de France.

Site l'AS Montferrand Clermont Auvergne

80 minutes à se neutraliser !

Le 16/05/2010

Dans un stade Geoffroy Guichard chauffé à blanc par les deux impressionnantes colonies de supporters, le débat ne tarde pas à s’engager. L’intensité fait vite rage dans tous les points d’affrontement. Les chocs sont violents et les deux équipes n’hésitent pas à envoyer du jeu au grand plaisir des spectateurs. Toulon se montre rapidement réaliste par la botte de Wilkinson. Réaction immédiate des Auvergnats qui sautent sur toutes les occasions comme cette percée de Floch. Une percée qui sera conclue par l’arrière auvergnat qui après plusieurs temps de jeu claque un drop. Wilko répond, 10 minutes plus tard, sur une action similaire. Les deux formations se tiennent. Si Clermont domine en conquête grâce à une mêlée surpuissante et une touche impériale, les Toulonnais récupèrent de nombreux ballons au sol. Clermont éprouve ses adversaires mais la défense de fer des hommes de Saint André tient le choc et la mi-temps est sifflée sur le score de 9 à 6 pour Toulon.

Clermont accélère en deuxième !

Gonflés par leur fin de mi-temps tonitruante, les hommes de Cotter marquent au fer rouge leurs adversaires sur chaque épreuve de force. Clermont insiste en mêlée et porte de nombreux ballons debout. Toulon vacille et commence à montrer des signes de faiblesse face aux assauts jaunards. Les Toulonnais sont acculés dans leur camp et les pénalités commencent à pleuvoir dans la grisaille stéphanoise. Parra enquille 46e et 48e, et donne l’avantage aux siens. Le RCT perd les pédales, la conquête devient fébrile, à l’image de cette touche trop longue qui offre à Parra l’occasion de créer une nouvelle brèche dans la ligne varoise, et de concrétiser par une pénalité. 15-9 à l’heure de jeu.  Wilkinson entretient l’espoir du RCT par une  pénalité de 45m, avant que les avants clermontois n’en remettent une couche. Revenus dans le camp toulonnais, les hommes forts passent à la moulinette leurs homologues. Chaque impact fait inexorablement reculer la ligne défensive des Varois, jusqu'à ce que Davit Zirakashvili ne parvienne, en puissance, à franchir les derniers centimètres. 22 à 12, à 10 minutes de la fin. L’affaire est dans le sac, croit-on. C’est sans compter sur l’orgueil toulonnais. Sur le renvoi, les hommes de Saint André récupèrent le cuir et jettent leurs dernières forces dans la bataille. Sony Bill Williams, affole la défense clermontoise avec l’aide d’une troisième ligne très disponible. S-B-W au départ de l’action, est aussi à sa conclusion, à la manière d’un troisième ligne. Wilkinson transforme et ramène Toulon à 3 points, puis à égalité 3 minutes plus tard sur une pénalité de 50m. Il reste 3 minutes et personne ne veut prendre le moindre risque, on se dirige tout droit vers les prolongations…

L’heure des bouchers !

Après avoir cru gagner, les hommes de Rougerie ne veulent pas perdre et vont aborder cette première prolongation de la meilleure des façons : en confiscant le ballon pendant les 10 minutes. La Bande à Cotter qui avait déjà ébranlé l’édifice varois, durant le temps réglementaire, va finir par le démonter pièce par pièce. Les avants infligent aux varois une séance comme rarement ils ont reçu cette saison. Les trois quarts s’en mêlent et chaque temps de jeu éprouve la défense du RCT. Les Auvergnats convertissent leurs pénalités en mêlée, pour autant de calvaire pour le « huit » toulonnais. Pourtant cette ligne reste toujours trop loin de quelques centimètres pour les hommes de Cotter. Et plutôt que de courir, les Auvergnats veulent tenir et finissent par ajouter trois points grâce à James. Clermont mène à la pause, 25-22.

Dès la reprise, James se rappelle au bon souvenir de ceux qui l’avaient enterré un peu trop tôt, en claquant un drop de plus de 50m, sur un ballon rendu par le RCT. 2 minutes plus tard, c’est Floch qui amorce une relance gagnante bien exploitée par Malzieu qui prolonge au pied et dépose Lobobalavu au prix d’une course supersonique de 80m. L’arbitrage vidéo valide l’essai et envoie les Clermontois au paradis. L’essai de Lobobalavu en fin de rencontre n’y change rien, les Auvergnats tiennent leur victoire et peuvent savourer.

La bande à Cotter, retrouvera le Stade de France, au prix d’un match incroyable et d’une envie insatiable. La vista des botteurs, la détermination des hommes de Rougerie et le rouleau compresseur « jaune et bleu » ont offert le droit aux Clermontois d’aller défier Brennus pour la quatrième fois consécutive. Reste maintenant à appliquer la preuve par quatre !

Reuters

Clermont rejoint Perpignan en finale, dans la douleur.

Le 16/05/2010

Clermont s'est qualifié dans la douleur pour la finale du Top 14 de rugby avec une victoire 35-29 acquise après prolongation contre Toulon au Stade Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne.

Finaliste ces trois dernières années, Clermont tentera de décrocher son premier boulier de Brennus contre Perpignan le 29 mai au Stade de France, dans une forme de revanche de la dernière finale remportée 22-13 par les Catalans.

Vendredi, Perpignan avait battu Toulouse 21-13.

Dix fois finalistes, jamais vainqueurs, les Auvergnats n'ont pas craqué après avoir été rejoints sur le fil par Toulon dans le temps réglementaire.

Menés de dix points à huit minutes de la fin du temps réglementaire, les Toulonnais ont tout donné pour forcer une prolongation avant de céder.

En première période, la botte de Wilkinson, auteur de deux pénalités et d'un drop, maintenait Toulon devant alors que les intentions offensives de Clermont n'étaient pas récompensées.

Menés 9-6 à la pause, les Auvergnats pensaient avoir fait le plus dur à la 72e.

Lancé dans le coeur de la défense, Aurélien Rougerie permettait à son pilier Davit Zirakashvili d'aller marquer un essai qui n'aurait probablement pas dû être validé, le Géorgien ayant perdu le contrôle du ballon au moment d'aplatir.

La transformation de Morgan Parra donnait huit points d'avance à Clermont (20-12), qui cédait dans les derniers instants.

Un essai de Sonny Bill Williams à la conclusion d'un long mouvement au large redonnait espoir aux Varois à la 75e minute. Après la transformation de Wilkinson, l'écart n'était plus que de trois points et l'Anglais, d'une nouvelle pénalité, remettait les deux formations à égalité à la 78e.

Une pénalité face aux poteaux de Brock James redonnait l'avantage à Clermont à la 89e. Le demi d'ouverture australien passait ensuite un incroyable drop de 55 mètres pour donner six points d'avance à son équipe.

Julien Malzieu, d'un long coup de pied, prenait à revers la défense toulonnaise et battait Gabiriele Lovobalavu à la course pour aplatir derrière l'en-but et mettre fin au suspense, d'autant plus que son essai était transformé par James.

Toulon ne s'avouait toutefois pas vaincu et revenait à six longueurs à la 98e grâce à un essai de Fabien Cibray. A la dernière minute, Lovobalavu était stoppé à un mètre de la ligne. Clermont gagnait la touche et pouvait enfin souffler.

Julien PRETOT

Sud-Ouest

Toulon-Clermont : 100 minutes pour convaincre.

Le 16/05/2010

Contre des Varois opiniâtres, il a fallu à l'ASM des prolongations et un peu plus de maîtrise pour se qualifier en finale pour la quatrième fois consécutive.

Tympans crevés et cœur à 180, ceux qui étaient hier aux alentours de 18 h 40 au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne ne l'oublieront pas de sitôt. « Parce que Toulon », scandent les supporters varois. « Parce que c'était Toulon, parce que c'était Clermont », rectifierait La Boetie.

Les deux équipes ont livré un de ces matches qui marquent une saison, puisant dans leurs histoires respectives des ressources inattendues, poussant jusqu'en prolongation un spectacle rude et palpitant. Et, au bout de 100 minutes de combat, envoyant l'une d'entre elles au Stade de France : l'ASM Clermont-Auvergne, qui sera finaliste pour la quatrième fois d'affilée le 29 mai contre l'USA Perpignan.

En définitive, le RC Toulon n'a échoué qu'à trois mètres de la ligne d'en-but et moins de 90 secondes de la fin des prolongations, lorsque Gonzalo Canale est revenu in extremis plaquer Gabirieli Lovobalavu aux jambes. Il valait mieux, pour l'ASM, qui n'avait alors que six points d'avance. Sans ce plaquage venu stopper une relance de 80 mètres, les Varois auraient pu retourner une deuxième fois la situation, eux qui avaient déjà su remonter un handicap de dix points en six minutes (12-22) pour décrocher les prolongations.

Les retours du RCT

« On marquait, ils marquaient ; ils marquaient, on marquait », résumait le capitaine clermontois Aurélien Rougerie après la rencontre. Une défense de fer et la botte de Jonny Wilkinson avaient permis au RCT de mener 9-6 à la pause, en dépit d'une touche déficiente et d'une relative domination auvergnate en mêlée fermée. Les impacts étaient violents, Aurélien Rougerie venait défier la tête la première la défense varoise, Jonny Wilkinson se prenait un Elvis Vermeulen lancé en plein buffet, Morgan Parra enrichissait sa collection personnelle de « cravates ».

Il se chamaillait au passage avec son prédécesseur en Auvergne, Pierre Mignoni. Un savoureux face à face de gros caractères, ponctué par un accrochage au col (19e) puis un échange de caresses devant l'arbitre (51e). « Je respecte Pierre, c'est un grand monsieur, commentait Parra. Après, sur le terrain, c'est un duel, c'est comme ça. C'est un match, quoi… »

Dans l'épaisseur du défi physique, Clermont croyait avoir fait le plus dur lorsqu'un essai litigieux était accordé à Zirakashvili à la 70e minute (lire par ailleurs). Mais le Toulon de Saint-André produisait, chaque fois qu'il était mené, un jeu dont il n'était pas capable en menant au score.

Un essai de Sonny Bill Williams et cinq points au pied de « Wilko » remettaient les deux équipes à égalité au coup de sifflet final. Les deux publics jubilaient dans un Chaudron stéphanois bouillonnant de décibels.

Final haletant

C'est là que le Brock James des jours meilleurs reprenait les affaires en main, après la sortie de Parra. Après avoir inscrit une pénalité, il marquait un drop des 53 mètres en coin (22-28, 91e). Même s'il faut préciser que le terrain tracé à Geoffroy-Guichard était hier raccourci à 95 mètres, l'exploit était de taille. Et nécessaire, parce qu'à l'essai de Malzieu (22-35, 94e) répondait celui de Cibray (29-35, 97e).

Un final haletant, dans lequel il n'a pas manqué grand-chose au RCT pour se glisser en finale. Un peu de maîtrise, peut-être, un peu d'expérience, sans doute, ont permis aux Auvergnats de sortir vainqueur d'un match équilibré et engagé.

« Ils ont l'habitude des phases finales, ils sont intelligents, ils ont du vice », avançait le manager toulonnais Philippe Saint-André.

Revoilà donc Clermont en finale contre l'USAP, comme en 2009. Revoilà donc Clermont face à sa malédiction. L'an dernier, des supporters brivistes chambraient : « Les finales perdues, c'est comme les pizzas. Au bout de dix, la onzième est gratuite. »

Pierre Mignoni, qui a vécu les trois derniers échecs au Stade de France, encourage déjà ses anciens partenaires : « J'ai trop d'amis dans cette équipe. Je le dis sincèrement, je leur souhaite de gagner, cette fois. »

Nicolas ESPITALIER

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