Toulon - Perpignan

Toulon

Toulon

Essai(s)
17, 34 - ROONEY
Transformation(s) réussie(s)
18 - WILKINSON
Pénalité(s) réussie(s)
10, 31, 52, 58, 66 - WILKINSON
Drop(s) réussi(s)
49, 76 - WILKINSON

33-23

mi-temps : 18-13

Top 14, 25ème journée

samedi 17/04/10 - 16:25

Arbitre : Romain Poite (Midi-Pyrénées) - Jean-Claude Bès et Gines Cerezuela.

Essai(s)
24 - SID
72 - LE CORVEC
Transformation(s) réussie(s)
25, 73 - PORICAL
Pénalité(s) réussie(s)
13, 22, 55 - PORICAL
Drop(s) réussi(s)
Perpignan

Perpignan

C'est Toulon le patron !

C'est Toulon le patron !

le 17/04/2010 à 23:04

Dans un Vélodrome aux accents de phases finales, le RCT bat l'USAP 33 à 23 et s'empare de la 1ère place du Championnat !

Philippe Saint-André avait annoncé que le RCT serait prêt pour « faire la guerre » face à l’USAP.

Et force est de constater que l’engagement physique – notamment en 1ère période – fut particulièrement élevé. A tel point que 3 Joueurs durent quitter prématurément leurs partenaires : Candelon à la 20e (victime d’une fracture du bras), Guirado à la 29e (qui se tenait les côtes) et Mafi Kefu à la 30e (touché à l’épaule). On craint même un instant pour Jonny Wilkinson qui joua sur une jambe durant quelques minutes.

Face au vent en première mi-temps, les Toulonnais produisirent une belle prestation : dès la 4e, Clément Marienval tentait un drop qui ne trouvait pas le chemin des perches mais laissait présager des velléités varoises.

D’ailleurs, sur une faute catalane en mêlée, c’est Toulon qui ouvrait le score sur une pénalité de l’imparable Jonny W. à la 10e (3 – 0).

Porical ramènera les deux formations  à égalité à la 13e sur pénalité après une faute… en mêlée sifflée par M. Poite…

Mais Toulon multipliait les temps de jeu et se montrait le plus incisif, notamment en touche où l’alignement Rouge damait le pion aux Jaune. Et sur une pénalité vite jouée par Pierrot Mignoni, Sonny Bill Williams transperçait la défense adverse et servait Mafi Kefu qui retrouvait Luke Rooney à l'inétérieur . L'arrière australien pointait en coin (17e). Wilkinson transformait et le RCT menait 10 à 3.

L’USAP revenait dans la partie sur une 2nde pénalité à la 22e réussie par Porical.

Et puis les Arlequins venaient carrément cueillir le Muguet sur une attaque grand champ qui était conclue par Sid sur son aile (24e). Porical transformait et les Joueurs de Jacques Brunel prenaient les commandes, 13 à 10…

Comment revenir au score ? Faites appel au pied de Jonny Wilkinson… Avec une 2nde pénalité réussie à la 31e, Provençaux et Catalans étaient sur un pied d’égalité, 13 partout.

Côté Toulonnais, on craignait que « 13 reste raide » et Joe Van Niekerk nous gratifiait d’une énorme percée et c’est… Luke Rooney qui finissait dans l’en-but (34e). Wilko ne parvenait pas à transformer mais le RCT avait repris l’avantage 18 – 13.

Un score qui sera celui de la pause puisque tant Porical (38e) que Wilkinson (40+2e) ne pourront marquer sur pénalité.

Face au vent, les Varois auront été disciplinés, efficaces et réalistes.

Si l’on en croit PSA lui-même, la 2nde période sera moins engagée et les Toulonnais jouèrent comme « des petits épargnants » en passant des drops et des pénalités.

On préfèrera retenir l’analyse de Pierre Mignoni qui estimera que ses Partenaires ont essayé de mettre leurs adversaires du jour sous pression.

Ce qui fut plutôt réussi d’ailleurs : après une 1ère tentative jugée infructueuse par M. Poite à la 45e  (les images montrent que le ballon passait entre les perches…),  l’ouvreur Toulonnais passait un drop à la 49e (21 – 13) puis une pénalité à la 52e (24 – 13).

A la 55e, Porical réussissait une pénalité (24 – 16). Mais l’impeccable Wilkinson redonnait de l’air à sa formation sur une nouvelle pénalité réussie à la 58e (27 – 16).

Alors que nous rentrions dans le dernier quart d’heure, le 10 Toulonnais enquillait sa 5ème pénalité de l’après-midi (30 – 16). Le Président Boudjellal – peu enclin à l’optimisme – rappelait que la saison passée, Toulon avait eu une semblable avance avant de se faire dépasser en toute fin de partie.

On craint un instant que l’histoire ne bégaye lorsque Greg Le Corvec (ancien pensionnaire de Mayol, faut-il le rappeler ?) marquait un essai accordé par M. Poite après arbitrage vidéo à la 72e et qu’avec la transformation de Porical, les Usapistes ne reviennent à un 30 à 23 synonyme de final haletant.

C’est alors que tel un héro (Toulonnais) des terrains de Rugby, Sir Jonny planta un drop assassin de 50’’ à la 76e (33 – 23).

Le RCT tenait sa victoire et le Vélodrome était définitivement Toulonnais. Si Mayol est une forteresse, le Vélodrome est devenu une bien belle « résidence secondaire ».

Pierre Mignoni soulignait après match que les Toulonnais commençaient vraiment à jouer ensemble et à trouver leurs repères. Au bon moment. Et même si Jacques Brunel faisait du Club du Président Boudjellal un favori pour le titre, Philippe Saint André rappelait que Toulon n’avait rien gagné et que nous n’étions qu’un « petit outsider » et qu’il fallait garder les pieds sur terre.

Notamment pour penser déjà à Brive, Brive où Toulon jouera un match couperet : en gagnant, Toulon peut finir dans les 2 premiers et s’éviter un match qui permettra aux Joueurs de souffler un peu.

Le Président Boudjellal soulignait que ses Joueurs avaient au moins gagné le droit de faire rêver et de donner du bonheur. Et ce n’est déjà pas si mal…

JJG

les Vidéos de Toulon - Perpignan

Pierre Mignoni - Point presse d'après match Toulon-Perpignan du 17.04.10

Pierre Mignoni

Point presse d'après match Toulon-Perpignan du 17.04.10

Maxime Mermoz - Point presse d'après match Toulon-Perpignan du 17.04.10

Maxime Mermoz

Point presse d'après match Toulon-Perpignan du 17.04.10

Mourad Boudjellal - Point presse d'après match Toulon-Perpignan du 17.04.10

Mourad Boudjellal

Point presse d'après match Toulon-Perpignan du 17.04.10

Philippe Saint-Andre - Point presse d'avant match Toulon-Perpignan du 15.04.10

Philippe Saint-Andre

Point presse d'avant match Toulon-Perpignan du 15.04.10

les Photos de Toulon - Perpignan

Kris Chesney et Joe Van Niekerk. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Clément Marienval, Pierre Mignoni, Jonny Wilkinson et Sonny Bill Williams. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney et Mafileo Kefu. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Laurent Emmanuelli, Kris Chesney, Pierre Mignoni et Mafielo Kefu. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson, Laurent Emmanuelli et Jocelino Suta. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Sébastien Bruno, Jocelino Suta et Laurent Emmanuelli. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Sonny Bill Williams, Pierre Mignoni et Kris Chesney. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Pierre Mignoni. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Kris Chesney, Laurent Emmanuelli, Luke Rooney et Joe Van Niekerk. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Tana Umaga, Jocelino Suta et Sonny Bill Williams. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Luke Rooney. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Luke Rooney, Tana Umaga, Jonny Wilkinson et Philip Fitzgerald. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Jonny Wilkinson et Pierre Mignoni. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Mafileo Kefu et Joe El Abd. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta et Joe El Abd. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Davit Kubriashvili. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Pierre Mignoni. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Sébastien Bruno, Juan-Martin Fernandez-Lobbe et Davit Kubriashvili. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Sébastien Bruno, Joe Van Niekerk et Pierre Mignoni. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni, Joe Van Niekerk et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Tana Umaga et Luke Rooney. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Luke Rooney. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe El Abd et Joe Van Niekerk. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Juan-Martin Fernandez-Lobbe, Jocelino Suta et Davit Kubriashvili. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi, Clément Marienval et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Pierre Mignoni. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Clément Marienval et Laurent Emmanuelli. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Ross Skeate, Olivier Missoup et Sonny Bill Williams. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe Van Niekerk et Tana Umaga. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Joe El Abd, Luke Rooney, Ross Skeate et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
J.Wilkinson, M.A.Domergue, F.Auelua, J.Van Niekerk, M. Henjak, E. Lozada, G. Allou, P. Lambrechts - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Kubriashvili, Chesney, Suta, Fernandez-Lobbe, Van Niekerk, Missoup, Skeate et Rooney. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Jocelino Suta et Philip Fitzgerald. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus
Felipe Contepomi et Juan-Martin Fernandez-Lobbe. - Toulon-Perpignan -  © Aurélie Lantus

Rugbyrama

Première pour Toulon !

Le 17/04/2010

Au stade Vélodrome de Marseille, le RC Toulon s'est imposé face à Perpignan sur le score de 33 à 23 au terme de 80 minutes intenses et spectaculaires. Jonny Wilkinson, auteur d'un drop phénoménal dans les dernières minutes, permet au RCT de prendre la première place du Top 14.

Ce Top 14 2009-2010 est décidément incroyable. Aussi spectaculaire qu'indécis, il a encore offert ce qu'il fallait de suspense et de beau jeu ce week-end à l'occasion de l'avant-dernière journée. Le choc des titans entre Toulon et Perpignan a atteint des sommets. Dans un stade Vélodrome rempli jusqu'à la gueule, les deux poids lourds du championnat ont livré une lutte extraordinaire dans ce qui restera comme l'un des plus beaux matchs de la saison. Des plus fracassants aussi. A la demi-heure de jeu, pas moins de trois joueurs avaient dû quitter la bataille (Candelon, Guirado et Kefu), victimes de l'engagement extrême (et parfois illicite) mis par les deux équipes dans cette rencontre.

Il faut dire qu'il était question de suprématie. Le deuxième accueillait le premier en grande pompe sous le soleil marseillais. Et dans le rude combat qui s'engageait, c'était Toulon qui tirait le premier avec Luke Rooney (17e) après une pénalité jouée vite par Pierre Mignoni et un beau travail de Sonny Bill Williams. L'arrière australien signait même le doublé (34e), en se portant au soutien de Van Niekerk encore une fois excellent. Il répondait au Catalan Farid Sid (24e), qui avait temporairement redonné l'avantage aux siens peu avant la demi-heure de jeu.

Wilkinson, arme fatale

Mais à la mi-temps, c'était bien le RCT qui menait (18-13).Transcendés, les Varois ne laissaient aucune chance aux champions de France à l'entame du deuxième acte. C'était eux qui avançaient sur les impacts, eux qui faisaient le jeu, eux qui se montraient les plus réalistes. Ils poussaient leurs adversaires à la faute et la botte de Jonny Wilkinson (auteur de 18 points au total) leur offrait une confortable avance de quatorze points à un quart d'heure de la fin du match.

Les Catalans ne baissaient pas les armes pour autant. A la 71e, un ancien Toulonnais, Grégory Le Corvec, relançait le suspense en inscrivant le deuxième essai de l'Usap. Le score était alors de 30-23. Perpignan tenait un précieux point du bonus défensif, qui lui permettait de conserver sa première place. Mais l'arme fatale du RCT, son ouvreur Jonny Wilkinson, claquait le drop des cinquante mètres à la 75e. Le coup de grâce pour les troupes catalanes, qui perdaient le ballon sur leur dernière attaque dans les 40 mètres varois au lieu de tenter le drop. Perpignan s'inclinait 23-33 et laissait le trône à son dauphin. Pour la première fois depuis l'instauration de la poule unique, en 2001-2002, Toulon est leader du championnat. A quelques semaines des phases finales, le club de Mourad Boudjellal a frappé très, très fort.

Emilie DUDON

Midi Libre

L’Usap déraille au Vélodrome.

Le 17/04/2010

Battu par Toulon à Marseille, Perpignan perd son rang de leader.

« Un Mayol, en plus grand… » Il ne s’était pas trompé, Julien Candelon, avant ce Toulon - Usap que les Catalans allaient finalement perdre. Hier, le stade Vélodrome de Marseille avait réellement l’air (chaud) du chaudron toulonnais, mais en plus grand. Vraiment plus grand. Tout plus grand : le Hells Bells d’AC/DC plus fort dans les oreilles pour l’accueil des équipes sur le terrain. Et un Pilou Pilou, ce haka du RCT, ce chant de guerre des fêlés de la rade, hurlé par plus de quarante milles gorges !

Impressionnant. Mais bon, on croyait qu’il en fallait bien plus pour déstabiliser des Perpignanais en pleine confiance et soutenus par un petit millier de supporters catalans.
Et surtout sur la route d’une qualification directe pour les demi-finales. Peut-être un peu trop en confiance, finalement, les Catalans. Pris deux fois comme des bleus sur des erreurs d’inattention sur le doublé de l’arrière toulonnais Rooney, mais remis en selle par un essai de leur ailier Farid Sid, les "sang et or" allaient surtout cher payer une indiscipline idiote, en tombant dans le piège de la provocation toulonnaise. Et quand on a en face un buteur de la classe d’un certain Jonny Wilkinson, eh bien, ça fait mal…

Ça fait surtout courir après un score que l’ouvreur anglais n’arrêtait pas de faire grimper du bout de son soulier gauche. Et qui allait même priver, d’un drop énorme de 50 mètres, les Catalans d’un bonus défensif que Le Corvec, face à son club formateur, avait cru décrocher sur un essai rageur en fin de match. Et voilà. L’Usap n’a pas réussi son pari de venir chercher ici, en terre "varoise", une qualification directe pour les demi-finales. La prochaine et dernière journée sera donc capitale pour des champions de France qui recevront Albi. Mais attention, même si Clermont qui les menace jouera à Biarritz, et Castres s’en prendront à Toulouse, c’est peut-être Toulon, monté sur la plus haute marche hier, dans une hystérie populaire indescriptible, qui a désormais les cartes en main en se déplaçant en Corrèze.

Décidément, ce Top 14 est complètement fou. Et bien malin est celui qui peut, à une journée de la fin, sortir un pronostic. Hier, Perpignan n’a pas en tout cas simplifié les choses !

Jean-Loup ROBERTIER

La Dépêche du Midi

Toulon, ses muscles et ses jambes.

Le 18/04/2010

Rugby de très haut voltage au Vélodrome où Toulon, son jeu électrique et très physique, a fini par occire un ensemble catalan souvent à la hauteur du rythme, de l'engagement mais contré en mêlée et qui a mis du temps à trouver son second souffle en deuxième mi-temps. Cela lui a été fatal, Wilkinson rentabilisant au pied (23 pts) la domination toulonnaise. L'ouvreur-buteur varois a même subtilisé le bonus défensif aux visiteurs à quatre minutes de la fin d'un drop lumineux des 50mètres.

Auparavant, lors du premier acte, une passe litigieuse Mignoni-Williams avait permis de libérer Rooney (17e, 10-3) avant qu'une merveille d'offensive catalane, avec accélération à chaque prise de balle et fixation magistrale de Porical, ne libère Sid pour le seul avantage au score des Perpignanais (24e, 13-10). Dix minutes plus tard, Van Niekerk, après avoir effacé Tuilagi d'une feinte de passe, s'évadait en effet sur 25m derrière mêlée pour un doublé de Rooney (34e, 18-13)... L'USAP ne devait plus revoir son adversaire…

France 2.fr

Toulon et le Racing raflent la mise.

Le 18/04/2010

L'ancien pensionnaire de Pro D2 a ravi la première place à Perpignan à l'issue d'un match grandiose.

A trois points de Perpignan avant la match, Toulon a réussi son pari en s'imposant (33-23) devant l'USAP, au Vélodrome.

Toulon, la passe de 8

A Marseille, Toulon a obtenu une belle cerise sur son gâteau déjà énorme en venant à bout de Perpignan 33-23. D'ores et déjà qualifié au minimum pour les barrages, l'équipe varoise a réalisé un coup en trois bandes. D'abord battre le champion en titre également leader, lui subtiliser la 1ère place du classement et faire un grand pas vers la qualification directe en demi-finales en restant dans les deux premiers à la fin de la saison régulière. Toulon a réussi son pari, au terme d'un match disputé entre les deux formations en tête du championnat. Prenant, le meilleur départ, les Toulonnais viraient à la mi-temps en tête (18-13). L'équipe dirigée par Philippe Saint-André a fait la différence en seconde  période, grâce notamment à la botte de Jonny Wilkinson, auteur au total de 23  points dont un drop de 50 m en fin de rencontre qui crucifiait l'USAP revenu dans la course. Toulon signe donc un 8e succès consécutif acquis devant 57.000 spectateurs, qui lui permet de retrouver la tête du championnat pour la première fois depuis la 4e journée. En fin de match, Maxime Mermoz, le centre de Perpignan, avait la défaite amère : "On a un  peu joué à l'envers cet après-midi. C'est un coup d'arrêt en terme de résultats  mais il faut essayer de positiver. On reste en course pour les demi-finales, on  va dire que c'est un avertissement, il va falloir tirer des enseignements de  cette défaite."

Thierry TAZE-BERNARD

E-Bleu Marine

Le Rugby Club Toulonnais au sommet du Top 14.

Le 18/04/2010

Il y avait déjà plus de mordant, plus de gnaque chez les Rouge et Noir. Dès l’entame, les premiers contacts. Ce qui laissait augurer le meilleur. Le meilleur était en effet à venir à la grande joie des 50000 supporters varois présents. On assista d’abord à une rude empoignade en mêlée. Wilkinson et Porical concrétisèrent une pénalité de chaque côté. Toulon décida alors à déployer son jeu au plus grand bonheur de… Luke Rooney. En effet, l’arrière rouge et noir fut à la conclusion de deux beaux mouvements. Le premier initié par Mignoni qui joua rapidement une pénalité. Williams le relaya impeccablement. Puis Kefu retrouva son arrière à l’intérieur (17ème). Le second fut le fruit d’un superbe départ au ras de Van Niekerk. Le capitaine toulonnais n’eut plus qu’à fixer le dernier défenseur pour offrir le second essai à Rooney (34ème). Du travail propre et sans bavure.

Rooney à la finition, Wilkinson au pied

L’USAP resta toutefois dans le match grâce à la botte de Porical. Mais aussi grâce à un essai inscrit par Sid sur une attaque en première main avec Porical intercalé (24ème). Mais c’est en toute logique que Toulon, bien que face au vent, mena au score à la pause (18-13). Et c’est tout aussi logiquement que le RCT vint jouer dans le camp adverse au retour des citrons. L’occupation du terrain fut le maître mot. Wilkinson ne se fit pas prier pour enquiller un joli drop du droit (49ème). Puis une nouvelle pénalité en bonne position (52ème). Le rythme retomba quelque peu. Cette seconde période tourna au duel de buteurs. Et à ce jeu-là, Wilkinson se mit en évidence. L’USAP revint dans la partie en faisant parler la densité de ses « gros ». Leur pack s’essaya à plusieurs reprises sur groupé pénétrant. Et Le Corvec termina le travail derrière la ligne. Mais le dernier mot ne pouvait revenir qu’à Wilkinson, auteur d’un drop exceptionnel de 50 mètres ponctuant un match haut de gamme. L’affaire était pliée. L’USAP rentrait bredouille du Vélodrome. Toulon s’octroyant, avec la manière, la première place du Top 14.

Johan LIVERNETTE

Rugby365.fr

Parce que Toulon !

Le 17/04/2010

Toulon a pris la tête du Top 14 grâce à sa victoire face au champion de France en titre, Perpignan, samedi. Une première pour le RCT depuis l'instauration de la poule unique. Le stade vélodrome a vibré au son du pilou pilou : parce que Toulon !

Le jeu
Voilà Toulon premier ! Pour la première fois depuis l'instauration de la poule unique, le RCT prend les commandes du championnat. Face au champion de France en titre, les Toulonnais ont envoyé un nouveau signe fort à la concurrence en s'imposant avec autorité au terme d'un combat féroce. La rencontre au sommet fleurait bon le parfum des phases finales. Grâce à ce succès, les hommes de Philipe Saint-André devraient s'éviter un tour supplémentaire pour rejoindre les demi-finales. Les Toulonnais ont réalisé un début de match très conquérant bien portés par un stade vélodrome en fusion et un capitaine, Joe Van Niekerk, remonté. Les Varois ont profité des premières erreurs catalanes pour engranger les premiers points. Sur une inspiration de Pierre Mignoni, les Toulonnais ont trouvé le chemin de l'en-but adverse en premier. Peu décidés à se laisser marcher dessus, les Perpignanais ont vite réagi avec un essai de Sid en bout de ligne. Beaucoup mieux en place, les coéquipiers de Joe Van Nierkek ont repris la main sur le match sous l'impulsion du Sud-Africain, inspiré sur le deuxième essai de Rooney.

En tête à la pause, les Toulonnais ont accentué leur avance en grappillant des points sur des erreurs de discipline des Catalans. Jonny Wilkinson n'a pas laissé passer l'occasion de creuser l'écart avec les champions de France. Avec quatorze points d'avance, le club de Mourad Boudjellal pensait avoir fait le plus dur. Mais le champion n'a pas lâché le morceau et, en force, Grégory Le Corvec a permis de à l'USAP de revenir au contact. Et même de prendre le point de bonus défensif, suffisant pour conserver la première place. Mais un drop énorme de Jonny Wilkinson a offert la place de leader au RCT. Le Vélodrome a vrombi au coup de sifflet final. Le pilou pilou a résonné. Perpignan, qui reçoit Albi lors de la dernière journée, reste deuxième à un point du RCT.

Les Toulonnais
Les Toulonnais ont démarré la rencontre à fond. Joe VAN NIEKERK a communiqué toute sa fougue dans les contacts et les zones d'affrontement. Le capitaine toulonnais est à créditer d'une performance énorme comme en témoigne son inspiration sur le deuxième essai toulonnais. Jonny WILKINSON a été l'un des grands artisans de la victoire. Hormis quelques tirs manqués (un drop, une transformation et une pénalité), l'ouvreur anglais a offert la première place au RCT sur un drop de classe internationale. Luke ROONEY, auteur d'un doublé, a conclu avec brio. Sonny Bill WILLIAMS a aussi brillé. Le centre a beaucoup transpercé le rideau adverse et a souvent fait l'effort de rester debout au moment de transmettre le ballon. Tana UMAGA a fait valoir son expérience et sa vista. Très grosse performance aussi de FERNANDEZ-LOBBE. Pierre MIGNONI a assuré le tempo derrière la mêlée. Les avants EMMANUELLI-BRUNO-KUBRIASHVILI a provoqué de nombreuses erreurs chez les Catalans. Avant de subir en fin de match.

Les Perpignanais
Les Perpignanais ont répondu au combat en première mi-temps. A l'image d'Henry TUILAGI, auteur de deux plaquages sur Joe Van Niekerk. Jérôme PORICAL a assuré au pied. Farid SID a même permis à l'USAP de mener sur le premier essai. La paire de centres MARTY-MERMOZ n'a jamais eu l'occasion de transpercer le rideau toulonnais. Jean-Pierre PEREZ a été souvent sanctionné. Le troisième ligne catalan a pourtant assuré en touche sur des lancers de TINCU, qui a remplacé GUIRADO, blessé en première mi-temps. Nicolas MAS a trouvé du répondant en mêlée avant de rependre le dessus en fin de match. L'entrée de joueurs frais a fait du bien à l'USAP à l'instar de Grégory LE CORVEC auteur de l'essai de l'espoir en fin de match. Insuffisant toutefois pour conserver la tête.

Nicolas COUET

L'Equipe.fr

Toulon au sommet.

Le 17/04/2010

Au terme d'un match d'une folle intensité, Toulon a battu Perpignan (33-23) et s'empare de la tête du Top 14. Le Vélodrome a été témoin d'un superbe match de rugby.

Une image suffit à résumer cette rencontre et l'intensité incroyable avec laquelle elle a été disputée. Julien Candelon file le long de la ligne de touche balle en main. Mafileo Kefu se présente et réalise un plaquage parfait qui propulse au sol l'ailier catalan. Candelon quitte immédiatement le terrain en se tenant l'avant-bras. Le diagnostic est sans appel, fracture. Et que dire du carton de Hume sur Wilkinson au moment où il réceptionnait une chandelle. Tout ça pour dire qu'il ne fallait pas avoir peur du combat pour se trouver sur la pelouse du Vélodrome et que les Toulonnais ont surpris par leur domination physique. Il faut dire qu'il n'y avait rien de moins que la première place du Top 14 en jeu dans ce match.

Le combat aura donc été prépondérant dans cette rencontre. Mais les gabarits plus légers ont pu s'exprimer. Rooney réalisait un doublé qui mettait le RCT sur les bons rails et le lutin Farid Sid répondait pour les Catalans. Qui dit combat acharné dit également fautes. A ce jeu-là, l'USAP était plus souvent sanctionnée et Jonny Wilkinson se chargeait de punir les fautifs. Et tout doucement, Toulon s'envolait vers le plus beau des sommets.

C'était compter sans la fierté du champion de France. Sonnant le rappel des forces sauvages et de l'esprit catalan, l'USAP faisait charger ses avants. Et dans le pack, Le Corvec, l'enfant de la Rade jouant sous la maillot Sang et Or, inscrivait un essai qui replaçait Perpignan dans les rails d'un bonus défensif qui permettait au leader actuel de le rester une journée de plus. Jonny Wilkinson, pari réussi du président Boudjellal, redevenait alors cette implacable machine à gagner. Il claquait un drop magique qui offrait à Toulon la première place. Tout de Noir et Rouge coloré, le Vélodrome s'embrasait. Mourad Boudjellal avait prévenu que son équipe était prête pour le hold-up. Que l'on soit d'accord ou non avec la façon d'agir du président toulonnais, la victoire de son équipe était tout sauf volée.

Bertrand LAGACHERIE

L'Indépendant de Perpignan

L'USAP est avertie.

Le 18/04/2010

Battue par Toulon, hier à Marseille, l'USAP a perdu la tête du Top 14.

Evidemment, des affiches comme celle-là, dans la furia d'un stade Vélodrome en fusion, on en redemande. Surtout Toulon, impérial hier après-midi dans sa "résidence secondaire", qui s'est emparé des commandes du Top 14 en matant sans coup férir le champion (33-23). L'occasion pour son président Mourad Boudjellal de faire son show en conférence d'après-match, à coups de sentences définitives : "Toulon est de retour parmi les grands, on a donné du rêve aux gens, ça n'a pas de prix. Désormais, notre objectif a changé : on veut aller à Saint-Etienne et nous qualifier directement en demie." Ça chauffe en tête du Top 14, et le thermomètre n'est pas prêt de descendre avant la dernière journée, qui verra les Catalans recevoir Albi et les Varois se déplacer à Brive. Hier, l'USAP a perdu sa place de leader, pas encore son sceptre, mais le duel qui l'a opposé à son dauphin est de nature à lui donner du grain à moudre en prévision des phases finales.

Wilkinson décisif

Un peu désorientés, à l'image du président Paul Goze perdu dans les sous-sols du Vélodrome, les "sang et or" sont passés à côté de leur rendez-vous, même s'ils auraient pu grappiller le point de bonus défensif dans les dernières minutes, mais le drop de Hume n'est jamais venu. C'était un match pour les grands joueurs et il y en avait un paquet sur la pelouse. Le plus étincelant d'entre eux fut incontestablement l'ouvreur du RCT Jonny Wilkinson (23 points), même si l'âme de cette équipe était, comme toujours, incarnée par le capitaine Van Niekerk, véritable figure de proue d'un pack varois qui a mis à mal son homologue usapiste. L'entrée du Sud-Africain sur la pelouse, torse bombé et poing rageur haranguant la foule, donna le ton côté Toulon, surmotivé par l'événement. Il ne restait plus qu'à allumer le son et avoir la chair de poule en écoutant le pilou-pilou, l'hymne des "rouge et noir", braillé au coup d'envoi par 50 000 supporteurs dans tous leurs états. En face, les Catalans s'attendaient sans doute à sortir le casque à pointe et la culotte en zinc dans le premier quart d'heure. Ce fut le cas, avec l'inconvénient, déjà, de courir derrière le ballon. Ce n'est pas avec deux cartouches qu'on attrape dix sangliers. En panne de munitions, les chasseurs d'essais Mermoz, Marty et compagnie ont ainsi passé un sale après-midi. "On a subi et pris trop peu d'initiatives, c'est décevant", regrettait le manageur Jacques Brunel, ciblant la touche, qui "nous a coûté cher (4 ballons perdus) ". Ajoutés aux treize en-avants, aux renvois ratés, aux enchaînements de jeu à trois temps maximum et à la dizaine de pénalités concédées, l'USAP ne pouvait pas faire grand-chose face à l'agressivité toulonnaise. Résultat, elle encaissa un doublé de Rooney (17e , 34e) dans le premier acte et, si Sid (24e) avait ranimé l'espoir sur une belle attaque en première main derrière une mêlée, ce fut trop peu pour faire illusion. "On prend cette défaite comme un avertissement. Le contenu est décevant. On a fait trop de fautes et pas assez pris le jeu à notre compte, bref, on a joué à l'envers", déplorait un Mermoz transparent durant 80 minutes.

Brunel : "Toulon a repris la main"

Supérieur dans l'envie et les duels, Toulon a bien mérité les éloges hier, quand l'USAP, elle, pourra méditer son attentisme. Car, question réalisme, l'essai de Le Corvec (72e) et les 13 points de Porical témoignent d'une efficacité au rendez-vous. Mais c'était trop peu, pas assez en tout cas à ce niveau, alors que les gradins en délire entonnaient un pilou-pilou a capella pour saluer un drop de 50 mètres de la star Wilkinson. Paraphrasant le président Boudjellal, l'entraîneur toulonnais Philippe Saint-André donnait dans la formule : "Avant, on vouvoyait le haut niveau, aujourd'hui, on le tutoie." Malgré sa déception, Brunel tentait de son côté de s'en tirer par une pirouette : "Toulon a repris la main, maintenant, c'est lui le favori, ça nous arrange." Ces deux-là n'ont peut-être pas fini de se toiser...

Vincent COUTURE

La Provence

Grâce à Wilkinson, Toulon en tête du championnat.

Le 18/04/2010

Auteur de 20 points, l'Anglais a joué un rôle prépondérant dans le succès du RCT.

L'excitante et intense rencontre entre Toulon et Perpignan étire ses dernières minutes. Le RCT domine les champions de France en titre (30-23), mais reste encore à portée d'un essai transformé. Sur le bord de la pelouse, le banc varois contient son émotion, refuse d'envisager un scénario catastrophe.

Après avoir été en tête pendant la quasi-totalité du match, se faire rejoindre dans les ultimes instants serait vraiment trop dur. Après plusieurs temps de jeu des avants du RCT, le ballon sort enfin. Jonny Wilkinson est servi, pas vraiment sur un plateau.

L'ange blond du club varois a déjà pris sa décision. L'hésitation ne l'habite pas. D'une cinquantaine de mètres, il arme son pied gauche et claque un drop aussi monumental que chirurgical qui scelle le succès des siens de manière définitive. Le staff varois et le public du Vélodrome poussent un immense ouf de soulagement.

Le speaker n'y trompe pas lorsqu'il annonce l'identité du buteur : "Sir Jonny Wilkinson !", lance-t-il respectueusement dans un vacarme assourdissant. Une fois de plus et comme lors de la première levée au Vél'face à Toulouse où il a signé l'intégralité des points du RCT, l'ouvreur anglais a posé son empreinte sur un match.

Face à l'Usap, il a signé vingt nouveaux points avec un pourcentage de réussite affolant (8 coups de pied réussis sur 10 tentatives). Et encore, l'une des pénalités ratées a ricoché sur le poteau droit! "Il a été exceptionnel", savoure Philippe Saint-André.

Une réussite qui ne doit rien au hasard. Wilkinson est un bourreau de travail, un maniaque de la perfection, un obsessionnel du geste idoine. Botter, c'est sa vie. Fidèle à lui-même et à ses habitudes, l'ouvreur anglais a travaillé d'arrache-pied les jours précédant ce choc du Top 14.

Mercredi, alors que l'ensemble de l'effectif faisait relâche et goûtait un repos mérité, Wilkinson a fait ouvrir le stade Mayol. Le gardien en a désormais l'habitude. En compagnie de Clément Marienval, titularisé à l'aile hier, il a enquillé les coups de pied face aux perches, encore et toujours, des heures durant. Il a remis le couvert le lendemain, repoussant les rendez-vous prévus.

Une attitude qui agace parfois Saint-André. Le manager du RCT aimerait bien que son protégé relâche un peu ses efforts, de crainte de le voir rattrapé par les blessures qui, cette saison, lui fichent une paix royale. Vilipendé dans son pays natal après le dernier tournoi des Six nations, Wilko, enfin épargné par les pépins physiques, est en train de devenir un héros en Provence.

"Quand je décide de l'engager, je le rencontre au préalable, je discute avec lui, rappelle Mourad Boudjellal, l'homme qui a osé cet incroyable pari. Lors de notre entrevue, je vois qu'il se trouve à la fin d'un mauvais karma. Je risquais quoi en l'enrôlant ? Soit son mauvais karma le poursuivait et cela allait coûter cher à la sécurité sociale; soit il retrouvait son niveau et il ne serait pas cher."

La deuxième thèse prévaut. D'autant que Wilkinson ne s'est pas contenté de faire enfler le score contre les Catalans. Il a également participé activement au jeu, lançant plusieurs offensives, se faufilant dans les intervalles, allant au charbon sur des placages rugueux.

Après un tour d'honneur au petit pas où il a dégusté chaque instant le regard tourné vers les tribunes, il a quitté le stade Vélodrome en boitillant. Plus de peur que de mal. Que les fidèles du RCT se rassurent, le roi Wilko a encore de beaux jours devant lui. Le RCT aussi?.

Fabrice LAMPERTI

Libération

Toulon dans son jardin au Vélodrome.

Le 19/04/2010

Les rugbymen varois, encouragés par 60 000 supporteurs, ont battu samedi Perpignan (33-23) à Marseille. Ils prennent la tête du Top 14 et peuvent accéder directement aux demi-finales.

Samedi après-midi, le Stade-Vélodrome a changé de couleurs. Plus de 60 000 supporteurs du RC Toulon ont pris possession de la ville et des abords de l’avenue Michelet pour fêter la victoire (33-23) de leur équipe face à Perpignan, leader du Top 14 en arrivant à Marseille et reparti deuxième. Même un hélicoptère de la Marine nationale s’y est mis avant la rencontre, survolant un stade comble avec le drapeau rouge et noir frappé du brin de muguet. «Les Toulonnais nous ont abasourdis. On ne sait plus où on habite», reconnaissait un supporteur catalan perdu dans le trafic figé du rond-point du Prado. Une ambiance d’un tel feu que les Marseillais n’en revenaient pas. «C’est clair, quand on voit toute cette foule on ne peut que penser aux matchs de l’OM», s’exclame une vieille dame qui n’a aucunement peur de braver la foule pour rentrer chez elle.

Photo souvenir.

Devant le bar du stade, entre ballons et pintes de bière, on chante, on bloque encore un peu plus la circulation. Une voiture de police est prise à partie. Deux jeunes gars, le visage méconnaissable sous les couleurs de leur club, arrêtent le véhicule et se font prendre en photo devant. Derrière, on se passe le mot. Les supporteurs défilent pour la photo souvenir. Les deux agents patientent, sourient. Plus loin, un car de CRS passe devant un groupe catalan. Les vitres s’ouvrent. «On a joué à l’Usap nous aussi mais c’était il y a bien longtemps !» Les chants s’élèvent. C’est l’émeute lorsque passe le bus des joueurs. A entendre les uns et les autres, l’ambiance est bien plus intense que lors des deux dernières victoires au Vélodrome face à Toulouse (en avril et en septembre 2009).

Car c’est la troisième fois que le RCT quitte son fétiche stade Félix-Mayol. Toulon est invaincu au Vélodrome : «C’est une belle résidence secondaire», souligne le directeur sportif, Philippe Saint-André, dont les hommes viennent d’enchaîner une dixième victoire d’affilée. Alors les idées commencent à germer dans la tête des dirigeants et des joueurs. Dix-huit ans après son dernier sacre, le club du Var est enfin sorti de sa torpeur et se remet à faire rêver. Mourad Boudjellal, le richissime patron du club, peut être satisfait. Sa ville a retrouvé la place en ovalie qui était la sienne. «L’Arabe en Ferrari», comme on l’a surnommé à Toulon, est en train de gagner le pari qu’il s’était fixé lorsqu’il est arrivé à la tête du RCT en 2006 : redonner son identité rugby à une ville dont la réputation était plutôt assurée par son vote FN ces dernières années. «Je répète, je ne suis pas venu au rugby, précise encore le jeune éditeur de BD. Je suis venu au RCT.»

Comme des diables.

De retour du tour d’honneur avec ses joueurs, Mourad Boudjellal, costume gris Smalto (le contrat est tout juste signé), répète sa dernière formule : «Nous sommes entrés dans la banque et on attend la police. Mais si on peut réaliser le casse on ne se gênera pas.» Le RCT compte un point d’avance sur l’Usap avant de se rendre à Brive pour la dernière journée de championnat. Une victoire l’expédierait directement en demi-finales. «On commence vraiment à bien jouer ensemble», affirme Pierre Mignoni, le demi de mêlée du RCT. Les «Pilou Pilou» se sont battus comme des diables, en mêlée et surtout en touche. Ensuite la star anglaise Jonny Wilkinson a fait le reste du boulot, assénant tel un métronome ses coups à l’adversaire avec son pied gauche en or : 23 points à lui tout seul (dont un drop de 50 mètres qui assure la place de leader à Toulon).

Grise mine.

Côté Usap on fait grise mine. «On est venu pour en retirer quelque chose, tente de relativiser Jacques Brunel, l’entraîneur de Perpignan. Nous allons maintenant analyser ce match pour savoir dans quel secteur il faut s’améliorer.» L’Usap n’est que blessée et aura l’occasion de terminer en tête de la saison régulière, samedi prochain, contre Albi, la lanterne rouge. A Toulon, on savoure «le plus beau match du RCT». Boudjellal se présente tranquillement en salle d’interview. «A Toulon, les 18-20 ans n’ont jamais connu les phases finales. J’ai essayé de rattraper le retard. Le club a raté la marche au moment du professionnalisme. Notre ambition consistait à décrocher une place parmi les six premiers pour aller en H-Cup. Ensuite on a visé les quarts à Mayol. Maintenant l’objectif est de se rendre à Saint-Etienne (en demi) pour découvrir une ville qui symbolisait le football français des années 70.»

Et les joueurs y croient. «Le groupe est tout neuf, il n’a pas de limites», affirme Saint-André, certain que la performance des Toulonnais samedi leur a permis de gagner en confiance. Pour envisager fouler une autre pelouse plus prestigieuse encore, celle du Stade de France, qui accueillera la finale du championnat, le 29 mai.

Dino DIMEO

Var Matin

Toulon, seul leader comme un grand.

Le 18/04/2010

Le RCT en tête du championnat, vous en avez rêvé ? Les « Rouge et Noir » l'ont fait. Avec une magnifique victoire remportée sur le champion de France en titre, Toulon peut désormais avoir de sérieuses idées derrière la tête, en regardant devant.

Si ce n'était pas encore des phases finales entre Toulon et Perpignan, hier à Marseille, ça y ressemblait beaucoup. Par l'ambiance bien sûr - tout commença par une interminable « ola » - mais aussi par l'intensité. Le match se termina par une folle farandole emmenée par un groupe varois qui ne veut plus s'arrêter en si bon chemin.

Si Mayol est la résidence principale du RCT, le Vélodrome est bien mieux qu'un pied à terre, une grande résidence secondaire.

Dans l'enceinte de Michelet où le rouge et le noir étaient largement les couleurs dominantes, les Toulonnais après un tonitruant « Pilou- Pilou » repris par 58 000 poitrines allument les premières mèches. Marienval d'entrée sur son aile met les gaz mais son attaque fait long feu. Peu après, il tente un drop sans plus de réussite.

Du côté des mêlées fermées, on assiste à de curieuses tournantes sanctionnées de part et d'autre. Mais en conquête, notamment en touche, Toulon chipe quelques précieux ballons.

Sur les impacts, Catalans et Varois ne font pas de voyage à vide. Candelon pris de plein fouet par Kefu doit quitter le terrain, bras cassé. Son découpeur, touché à l'épaule, le suivra quelques minutes plus tard. Auparavant, il aura offert, sur un service royal de Williams consécutif à une pénalité rapidement jouée à la main par Mignoni, un essai à Rooney. Si SB Williams qui a fait de la boxe encaisse un coup pleine mâchoire sans broncher, l'Usap accuse le coup. Wilkinson malgré le vent est égal à lui-même. Impérial.

Des duels féroces

Dommage que sur une mésentente ou une glissade, Perpignan parvient à prendre à défaut la défense toulonnaise sur une relance rondement menée avec en bout de ligne un trois-quarts, Sid qui ne baille pas aux corneilles.

Perpignan mène de façon presque inopinée le bal mais pas pour longtemps. Peu avant la pause, Van Niekerk prend le trou et donne parfaitement dans le bon temps à son arrière qui, au Vélodrome est dans son jardin. A la corne de brume, le RCT malgré le vent est en tête au tableau d'affichage. Prémonitoire pour la suite au classement.

Le buteur anglais va signer un quasi sans-faute avec notamment deux drops, dont un des cinquante mètres assommoir pour des Catalans qui auront couru après le score. Ce second acte, les hommes de van Niekerk irréprochables dans l'engagement et l'envie le gèrent aussi tranquillement que le champion du monde anglais enfile ses pénalités. Certes, sur un groupé pénétrant, le RCT encaisse un essai collectif. Mais le dernier coup de pied de la fine lame - ce drop géant - enlève le point du bonus défensif aux partenaires de Le Corvec.

Le RCT prend la tête du championnat. Seul comme un grand !

Paul MASSABO